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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 17 avr. 2020
Maxime de Rostolan
© Gweltaz Rollando

Portrait de Maxime de Rostolan, fondateur du lobby citoyen La Bascule

Ingénieur en environnement, pédagogue de la gestion de l'eau et créateur d'une ferme expérimentale pour démontrer les bienfaits de l'agroécologie, Maxime de Rostolan a lancé la Bascule, un lobby citoyen qui s'est fixé pour but d’accélérer le changement en s'appuyant sur la gouvernance participative. Pour cet écologiste engagé, repenser la démocratie est une condition essentielle pour inventer le monde de demain.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale et confinés chez nous, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

En quoi consiste la Bascule ?

Maxime de Rostolan : C'est un mouvement qui est né en 2019 et qui réunit majoritairement des étudiants et de jeunes actifs qui ne voient pas le sens de la société qu'on leur propose. Dans un cadre de gouvernance partagée et d'intelligence collective, ils ont décidé d'unir leurs forces pour créer les conditions favorables à l'émergence d'un nouveau monde. Ils habitent ensemble dans des "quartiers de bascule" ou ils essayent d'inventer collectivement un autre fonctionnement. Ils s'organisent autour de plusieurs groupes de travail pour faire du lobbying, que ce soit en menant des actions lors des municipales, en participant à la Convention Citoyenne pour le Climat, ou en soutenant des associations comme Tous Élus ou Démocratie Ouverte. Ils accompagnent les manifestations, les marches, les grèves étudiantes... 

 

Quel est le but de ce projet ?

M.d.R. : Les membres de la Bascule veulent se réapproprier la démocratie. Ils veulent accélérer toutes les transitions - écologiques, démocratiques, économiques et sociales - en partant de la base et en inventant un nouveau fonctionnement réellement citoyen, à la fois collectif, égalitaire, horizontal et ouvert. Outre la mobilisation en interne, ils ont créé un service de la transition qui accueille, dans les quartiers de Bascule, toutes les personnes qui souhaitent se rendre utiles et qui ont du temps à offrir. Dans la même logique, ils organisent des cursus de transition pour mettre en oeuvre une pédagogie du changement. Ils participent à l'Université du Nous qui propose à tous ceux et celles qui le souhaitent d'être et de faire ensemble en co-apprenant et en co-créant.

 

Comment les élus réagissent à votre proposition ?

M.d.R. : Il y a beaucoup d'élus qui sont passés nous voir à la Bascule, la maire de Pontivy - la commune ou nous sommes installés - Nicolas Hulot, François Ruffin, Delphine Batho, ou encore Noël Mamère... Ça les intéresse de voir ce que les étudiants ont en tête. Certains vont nous regarder comme de doux rêveurs, mais d'autres nous voient comme des soutiens à leur démarche. Nous ne sommes pas dans le dégagisme. Nous sommes dans la coopération.  Les élus ont besoin d'avoir un terreau compatible avec leurs aspirations de changement, et c'est ce que nous leur fournissons.

 

Faut-il nécessairement tout changer pour transformer la société ?

M.d.R. : Il y a traditionnellement deux postures, la révolutionnaire et la réformiste, celle qui essaye de tout changer et celle qui essaye de rendre vertueux le modèle actuel. Pour nous, il ne s'agit pas de choisir entre l'une ou l'autre. Nous avons toujours besoin de certains outils produits par le capitalisme, que ce soit l'argent ou la technologie. Il faut trouver un juste milieu. Il y a cependant aujourd'hui plus de choses à réinventer que d'adaptations à faire. Nous sommes en train de vivre un changement de paradigme.

 

Est ce que la crise sanitaire actuelle peut accélérer le changement ?

M.d.R. : Cette crise montre que rien n'est immuable. Elle met en lumière l'impermanence des choses et des croyances. Elle permet de prouver que ce qu'on nous a vendu comme impossible pendant très longtemps est en réalité tout à fait possible. A ce titre, il faudrait mettre le changement climatique à la même enseigne que le coronavirus. Cette crise permet en outre à beaucoup de gens de questionner leur utilité et leur engagement dans la société. Elle montre aussi qu'il y a beaucoup d'argent. Si il est possible d'en trouver pour sauver les entreprises, il faut le faire également pour l'environnement. Je pense que c'est une très bonne nouvelle. Une fois que la crise sera passée, il y a une grosse ouverture pour faire un plan de relance au service du bon sens et du bien commun. 

 

Quels sont les projets de la Bascule ?

M.d.R. : Les « basculeurs » travaillent actuellement à la réhabilitation énergétique et à la mise en résilience alimentaire de leurs lieux, tout en se mobilisant sur des campagnes de lutte comme la Convention Citoyenne pour le Climat et de lobbying pour l'instauration d'un revenu de base universel, ainsi que sur des événements qui favorisent les prises de consciences à destination des entreprises, des familles, des élus. Ils travaillent également à la construction de parcours immersifs et pédagogiques pour se transformer et trouver sa voie d'engagement... Enfin, un projet visant à essaimer sur d’autres territoires l’expérience de La Bascule verra le jour à partir de septembre 2020 afin qu’un maximum de personnes bénéficient de ce cadre pour se construire et agir.

 

Maxime de Rostolan est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 17 avr. 2020
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