Portrait de Romain Prudent, Directeur de la Communication en France chez Veolia

Romain Prudent

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. Un portrait, une rencontre.

 

Qui êtes-vous ? Quelques mots sur votre parcours

Romain Prudent : Né à Nancy dans les années 80, de grands parents agriculteurs et vanniers, d’un père électricien cheminot et d’une mère assistante maternelle, j’ai passé toute mon enfance en centre-ville la semaine, à la campagne et en famille chaque week-end, entre les Vosges et la Haute-Marne. Diplômé d’HEC après des stages en développement durable et à l’Inspection générale des finances, j’ai été bénévole puis secrétaire général du think tank Terra Nova à sa création, puis conseiller et directeur de cabinet de deux porte-parole du gouvernement. Je suis aujourd’hui directeur de la communication de Veolia en France.

 

3 dates qui ont provoqué votre déclic climatique ?

R.P. : -2006 : de nouvelles poubelles de tri sélectif sont suspendues dans l’accueil du bâtiment des études par des camarades potaches d’HEC, pour dénoncer leur arrivée dans les chambres du campus. Il y a encore du chemin à faire, et depuis - heureusement - on en a fait !

-2007 : je suis frappé par l’essai « Le plan B » de Lester R Brown, qui expose avec chiffres et exemples à la clé comment tous les enjeux écologiques sont liés, et déterminants pour l’avenir de l’humanité.

-2020 : faute d’eau été après été, mes parents ont renoncé à planter des choux dans leur potager.

 

Les 3 romans, essais, bd, film, série, documentaires… qui vous ont retourné ?

R.P. : -La supplication, de Svetlana Alexievitch - pour mesurer la capacité de déni sidérante de l’espèce humaine face à la catastrophe écologique (ici celle de Tchernobyl).

-Les vestiges du jour, de Kasuo Ishiguro - où l’on comprend que le sens du devoir ne doit occulter ni les sentiments, ni le respect que nous devons à nous-mêmes. Au risque sinon de se perdre.

-La biographie de Charles Quint, par Philippe Erlanger - Le grand malheur de sa vie est d’être né en ayant tout, ce qui était beaucoup trop.

 

L'engagement que vous avez réussi à tenir ?

R.P. : Accepter de faire bon usage de la confrontation. La recherche d'harmonie, qui m'est chère, peut parfois conduire à trop de compromis. A l'inverse, la confrontation n'est pas forcément une démonstration d'ego ou une opposition stérile : c'est aussi le courage d'assumer ses choix et de fixer des lignes rouges, une acceptation de l'altérité, la volonté d'apporter quelque chose de différent à la communauté.

 

La résolution que vous avez du mal à mettre en place (mais vous ne désespérez pas) ?

R.P. : De temps en temps, prendre du temps.

 

Vos 3 secrets pour soigner votre solastalgie ?

R.P. : -Participer à un collectif de travail engagé.

-M’informer (frénétiquement …) sur les solutions qui émergent, les arbitrages à faire, leur capacité à faire la différence.

-Profiter en famille ou entre amis de la nature au présent, et me réjouir de ce qu’elle est.

La solution ou la personnalité qui vous a le plus inspirée…

R.P. : Elzéard Bouffier, l’homme qui plantait des arbres inventé par Jean Giono, et que l’on cru d’abord être réel. Patient et obstiné dans la générosité, il transforme le sud de la Drôme et y fait renaître la vie. « Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. »

 

Vos raisons d'espérer ?

R.P. : J’en citerais 3 :

-Nos sociétés ont été capables de relever des défis politiques considérables, et en particulier depuis le début de l’ère moderne.

-Aujourd’hui nous sommes passés de la prise de conscience à l’expérience du dérèglement climatique. Ça peut être l’occasion d’un déclic, et on le mesure dans des pays plus exposés que la France.

-Enfin l’allégorie de la grenouille est fausse : dans une casserole où l’eau chauffe progressivement jusqu’à bouillir, la grenouille ne reste pas insensible jusqu’à en mourir, mais saute et survit.

 

Vos projets pour ces prochaines années ?

R.P. : Agir. Vivre. Apprendre. Et commencer à transmettre.

 

Si vous deviez résumer votre raison d’être ?

R.P. : Protéger et projeter.

 

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