Sandrine Brochon, Conseillère « Politiques Prioritaires du Gouvernement » de la Direction interministérielle de la transformation publique

    Sandrine Brochon

    Sandrine Brochon est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    S.B. : La curiosité est probablement le fil rouge de mon parcours. Curiosité pour les organisations, pour les transformations qu'elles traversent, mais surtout pour les personnes qu'elles servent.
    Elle m'a conduite à explorer des métiers très différents, du développement commercial à l'action publique en passant par le marketing, la stratégie et l'innovation.
    Ce qui m'anime reste le même moteur : comprendre les transformations en cours, relier des mondes qui se côtoient peu : l'économique et le social, le terrain et la stratégie, l'innovation et l'intérêt général ; et contribuer à des projets utiles, qu'ils soient au service des clients, des citoyens ou de la société dans son ensemble.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    S.B. : Ce qui m'anime au quotidien, c'est la perspective d'apprendre quelque chose de nouveau. Cela peut venir d'un échange avec un collègue, d'une rencontre inattendue, d'un livre, d'un podcast, d'un article ou d'une exposition. J'aime être confrontée à des points de vue différents et faire des liens entre des univers qui ne se croisent pas forcément. Cette curiosité nourrit à la fois mon travail et mes engagements personnels.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    S.B. : Je n'identifie pas un moment unique qui aurait changé ma vision du monde. Ce sont plutôt une multitude de rencontres, d'expériences et de changements de contexte qui ont progressivement façonné mon regard. Passer du terrain à la stratégie, du secteur privé à l'action publique, échanger avec des profils très différents m'a appris qu'il existe rarement une seule bonne réponse à une question. Cela m'a surtout donné le goût de la nuance et de l'ouverture à d'autres points de vue.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné·e ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    S.B. : J'aime les œuvres qui bousculent le regard. Parmi celles que je recommande volontiers, il y a L'Écume des jours de Boris Vian, pour sa poésie et sa liberté d'imagination, et Maus d'Art Spiegelman, dont la puissance narrative et mémorielle reste intacte. Cette année, j'ai redécouvert Metropolis de Fritz Lang : un film centenaire mais d'une étonnante force prospective sur la place de la technologie, du travail et des fractures sociales. Enfin, l'exposition consacrée à Lee Miller m'a beaucoup marquée, autant pour son œuvre que pour la détermination et la liberté de son parcours.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    S.B. : Paradoxalement, alors que nous disposons d'outils toujours plus puissants pour accéder à la connaissance, je pense que l'enjeu majeur est de continuer à exercer notre propre jugement. Le risque n'est pas la technologie en elle-même, mais la tentation de lui déléguer progressivement notre réflexion. Préserver la curiosité, le doute, l'esprit critique et la capacité à se forger une opinion me semble être un défi central pour les années à venir.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier·e ?

    S.B. : Je suis particulièrement fière d’avoir accompagné, pendant plus de vingt-cinq ans, les transformations d’un grand groupe français comme La Poste. Au-delà des projets eux-mêmes, ce qui compte pour moi, c’est d’avoir pu contribuer à faire évoluer les façons de penser et de travailler, à différents niveaux de l’organisation, du terrain jusqu’à la stratégie.
    J’ai toujours essayé d’incarner une manière de diriger ouverte sur la société, attentive aux usages, aux attentes des clients et des citoyens, et connectée aux mutations du monde extérieur. Voir une organisation évoluer, gagner en transversalité et en capacité d’innovation collective reste pour moi une source de grande satisfaction.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    S.B. : J’essaie de multiplier les rencontres et les échanges avec des personnes aux profils et aux parcours très différents, car c’est souvent dans ces croisements inattendus que naissent les idées nouvelles. Et je n’ai jamais cessé de me former.
    Je cultive aussi cette curiosité en dehors du cadre professionnel, en lisant des sujets qui ne sont pas directement dans mon champ d’expertise, et en m’exposant régulièrement à des expériences culturelles, notamment les expositions et les musées. Cela me permet de décaler mon regard, de prendre du recul et de nourrir autrement ma réflexion.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    S.B. : Ce qui influence profondément ma manière de voir le monde du travail, c’est la conviction que le travail doit être au service du bien commun. Je crois à la création de valeur lorsqu’elle a du sens, lorsqu’elle contribue à quelque chose de plus large que la seule performance économique.
    Pour moi, le travail doit permettre à chacun de bien vivre, de se sentir utile et fier de ce qu’il accomplit. C’est cette recherche de sens, de contribution et d’utilité collective qui guide ma vision des organisations et du management.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    S.B. : Grâce à L’ADN Le Shift, je continue à nourrir ma curiosité par la rencontre des profils très différents du mien, par la découverte de points de vue qui bousculent mes certitudes et m’obligent à déplacer mon regard.
    J’y contribue en apportant ce qui fait mon parcours : une expérience à l’interface entre secteur public et secteur privé, entre stratégie, transformation et mise en œuvre opérationnelle. Avec, toujours, une approche fondée sur le questionnement et la recherche de sens dans les transformations à l’œuvre.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    S.B. : Mon ambition est de continuer à explorer de nouveaux territoires professionnels et à enrichir mes compétences, notamment à travers ma formation en finance et pilotage de la performance à Dauphine. Plus largement, je souhaite contribuer à une vision de la performance plus globale, qui relie efficacité, sens et impact collectif.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    S.B. : Rester en mouvement, croiser les regards et transformer les idées en impact.

     

     

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