Portrait de Zoé Vayssières Candelon, Artiste et auteur

Zoe Candelon (1)

Zoé Vayssières-Candelon est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du media L'ADN, son prolongement humain.

L'ADN Le Shift est né de la volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média.

 

Qui êtes-vous ? Quelques mots sur votre parcours

Zoé Vayssières-Candelon : Je suis artiste et travaille sur la mémoire. Après 15 ans de direction artistique dans le monde de l’art et de la mode, je pars vivre à Shanghai. En Chine, je développe un travail de sculptures et m’initie aux techniques du bronze. Mon travail sur la mémoire de cette ville éveille la curiosité des autorités et je reçois une première commande, publique et monumentale, pour un Sculpture Park au cœur de la ville. À mon retour en France, j’expose temporairement quai Malaquais une sculpture sur les plis de la mémoire, aujourd’hui installée au Domaine de Chaumont. En 2022, j’ai eu la chance d’être invitée par le Palazzo Contarini Polignac, à Venise, pour une exposition personnelle qui s’est enchainée avec des sculptures visibles durant la Biennale de Venise.

Formée en art et typographie à l’ENSAD, je m’intéresse aux mots, citations et noms oubliés, que je grave dans le bronze. Cette association textes et objets questionne notre mémoire collective : son tri et ses déformations.

 

3 dates qui ont provoqué votre déclic climatique  ?

Z.V-C. : Je dirais une en particulier : un jour d’automne de 2013 à Shanghai, le PM2.5 (particules fines) est monté à 500. (En France, les max sont à 80/100). Même dans la maison tout était brumeux, ambiance le Londres de Jack l'Éventreur. L’air irrespirable avait un goût de métal. J’ai, ce jour-là, éprouvé ce qu’était la pollution. Pendant mes 6 années à Shanghai, je vivais dans le futur : chaque matin, au lieu de regarder la météo, nous regardions notre application AirQuality, afin d’adapter notre journée, sport pour les enfants ? Vélo ou métro pour moi ? Néanmoins les progrès furent considérables ! Pour exemple, en 3 mois tous les deux roues sont devenus électriques. Néanmoins ma perception a totalement changé, ce que nous faisions à notre planète était palpable au quotidien.

 

Les 3 romans, essais, bd, film, série, documentaires… qui vous ont retourné ?

Z.V-C. : Sur 3 thèmes complètement d’actualité à mes yeux : océans, place des femmes et mémoire

- Le documentaire « Océans, le mystère plastique » (une coproduction Tara Expédition/Arte).

- L’essai de Joan Kelly « Women, History and theory », une tentative de réécriture de l’Histoire vue à travers les modèles féminins de changement politique, économique et social.

- « Histoire des théories de la mémoire » d’Henri Bergson, éclairant sur les mécanismes et fonctionnements de notre mémoire.

 

L’engagement que vous avez réussi à tenir ?

Z.V-C. : De tous petits gestes du quotidien, j’avoue stimulée par mes fils : acheter au fil des jours, hors supermarchés et leurs sur-emballages, ne plus boire d’eau en bouteille, manger moins de viande (habitude prise en Chine, les chinois le font historiquement pour leur santé) et ne plus jamais prendre de sac dans les magasins qu’ils soient alimentaires ou vestimentaires.

 

La résolution que vous avez du mal à mettre en place (mais vous ne désespérez pas) ?

Z.V-C. : Moins prendre l’avion, mon travail m’y oblige ☹

 

Vos 3 secrets pour soigner votre solastalgie ?  

Z.V-C. : Je repense à mon enfance où l’on rapportait la bouteille de lait en verre et notre boite d’œufs à la crémerie pour les remplir. Je repense à ma grand-mère qui naturellement faisait du compost. Et je me dis que ces bonnes habitudes ont existé, qu’il faut s’en souvenir et les reprendre.

 

La solution ou la personnalité qui vous a le plus inspirée… 

Z.V-C. : Une femme, maitre Qi Gong, vivant à Taiwan. Installée sur les hauteurs de Taipei, elle vit en harmonie avec la nature, son corps et les saisons. L’Asie en général est inspirante pour sa façon d’envisager l’homme comme partie du tout. Même dans les représentations picturales l’homme est toujours petit, perdu parmi les éléments, rarement dominant.

 

Vos raisons d’espérer ?  

Z.V-C. : Elles sont faibles, j’avoue. Aujourd’hui l’écologie est assimilée au ralentissement économique. Sans être économiste, cela me semble faisable pour nous, pays consommateurs et développés, néanmoins pourquoi refuser aux pays pauvres et chauds (comme l’Inde ou la Chine) leur développement quand les ménages américains surconsomment et vivent dans la clim à 19 degrés. Tant que la politique américaine ne fera rien, nous pourrons nous évertuer, cependant peu espérer.

 

Vos projets pour ces prochaines années ?

Z.V-C. : Lire, lire et encore lire, le savoir est notre richesse, notre mémoire ce que nous avons de plus précieux. Comme le dit Henri Bergson : « …aller de l’antécédent au conséquent, ce n’est pas faire de l’histoire, c’est faire de la vie, de l’action… ».

Je commence une recherche avec l’université de Harvard et leur plus gros institut en IA, afin de faire resurgir les mots qui font la mémoire sensible des lieux. Écrire au sol, faire remonter à la surface, les sédiments historiques que notre mémoire collective à tendance à oublier.

 

Si vous deviez résumer votre raison d’être… 

Z.V-C. : Poser de la mémoire dans l’espace public afin que les générations futures n’oublient pas ce qui me semble essentiel. Les infos des réseaux sociaux ont leur valeur, néanmoins jusqu’à présent le plus horrible est le plus viral.

 

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