Chanteuse avatar d'Alter Ego, émission Fox TV

Alter Ego : on a regardé ce nouveau télé-crochet où les chanteurs sont des avatars numériques

Depuis le 22 septembre 2021, Fox diffuse « Alter Ego » , un télé-crochet où les candidats sont des avatars. On vous raconte à quoi ressemble ce « The Voice » du futur.

Pour une fois, on avait une bonne raison de regarder un télé-crochet ! Alter Ego, le nouveau show américain de télé-crochet musical avait tout pour plaire. Pour la première fois de l’histoire de la télé occidentale (les chinois nous ont précédés avec un concept similaire lancé en décembre dernier), les candidats allaient s’affronter en mode hologrammes. Même le jury était intéressant car ouvertement branché nouvelles techno : Grimes, la pop star au look inspiration sci-fi qui aime à discuter sur TikTok de l’IA pour la libération des masses, will.i.am, qui dès 2012, streamait ses morceaux sur Mars via la NASA. Bon, pour ce qui est d’Alanis Morissette et du boys band Nick Lachey, on ne sait pas trop ce qu’ils viennent faire dans cette galère vue qu’en matière de tech, ils ne peuvent se féliciter que d’avoir un compte Insta.

L'Alter Ego comme une « seconde chance »

Le pitch d’Alter Ego ça donne quoi ? C’est simple, les candidats vont devoir se défendre en format avatar ! Grâce à des combinaisons bardées de capteurs, ils dansent et chantent en coulisses pour animer en temps réel leur avatar qui fait le show sur scène. Le ciel pour seule limite ? Peut-être un télé-crochet pour trouver la prochaine Hatsune Miku, la pop star japonaise en 2D créée en 2007 ! En revanche, Alter Ego n’a pas l’ambition de nous faire expérimenter des imaginaires nouveaux. La trame colle au contraire au réel. « Que fais-tu dans la vie quand tu n’es pas un avatar » , attaque d’entrée de jeu Alanis Morissette. La réponse d’une candidate hologrammique à la peau violette et la combinaison disco reste sur Terre :   « Je suis mère » . Tombée enceinte très jeune, elle considère Alter Ego comme « une seconde chance » . 

Car toute l’émission est placée sous le signe de la seconde chance. Un candidat atteint de la maladie de Crohn est heureux de pouvoir incarner un être sans limitations physiques, tous les autres confient un manque de confiance en eux, puisque trop gros, trop jeunes, la voix trop grave, trop aigüe. Car avatar ou pas, Alter Ego n’a pas renoncé à ajouter une grosse louche de pathos censé ne pas nuire au spectacle.

Costumes fantaisie, coloris néon et émojis

Si les candidats rêvent de se réinventer en créant leurs avatars, c’est un peu loupé. Ils semblent découvrir leurs alter ego une fois finis et ne peuvent procéder, devant la caméra, qu’à des changements mineurs comme choisir leur costume. Tous sont des humanoïdes et répondent à des critères bien connus : plutôt très grands et très élancés, des visages très Disney-Barbie avec grands yeux, petits nez et larges sourires. Seule fantaisie, la couleur des peaux, bleues, roses ou violettes, mais guère plus. 

Côté effets spéciaux, l’approche reste timide : Kingston Sol, pasteur à la vie, envoie des cœurs de sa poitrine tandis que le costume de Night Journey, incarnée par une jeune femme portant un hijab, s’allume dans le noir.

Pour le jury et la présentatrice, pas une once de technologie. La production a bien essayé, au tout début du premier épisode, d’accoler deux émojis à côté de will.i.am ; tentative vaine et un peu gênante. À l’heure des filtres Snapchat et plus de 30 ans après Qui veut la peau de Roger Rabbit, on s’attendait à mieux.

Rappelons qu’à ce stade, Alter Ego n’en est qu’à sa phase de casting et il est possible que les candidats qui poursuivent l’aventure auront plus de temps pour peaufiner leurs avatars. Il sera intéressant de voir évoluer la relation du public avec ces êtres virtuels et d’observer s’ils s’attachent davantage à l’humain derrière les pixels qu’au personnage qui porte le show.

Pour nous convaincre, il faudra débrider l’imaginaire qui règne sur ce plateau. Que l’on nous donne des corps qui changent de couleur au gré des octaves, des effets spéciaux qui se déclenchent au rythme cardiaque, des avatars de trois mètres aux membres élastiques, des décors de voyages intergalactiques et pourquoi pas un chanteur non-humanoïde ?

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