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Statue rose avec afro, lunettes et casque roses
© Lambada via Getty Images

La musique doit-elle être instagrammable pour fonctionner ?

Le 7 juill. 2021

Sur les réseaux, les artistes placent beaucoup d’énergie dans la création de contenus courts, dans le but d’élargir efficacement leur audience. 

Mise en scène de soi, communication… L’auto promotion sur Instagram ou TikTok a largement fait ses preuves, permettant aux artistes de réunir du monde autour de leur production. Pour attirer l’oreille, les musiciens s’adonnent volontiers à la création de « looping snippets », des extraits de musique consolidés en boucles de 15 secondes, conçues pour être virales. 

S’adapter aux mécanismes de la viralité

Pour se frayer une place dans les onglets Discover des réseaux sociaux, les artistes doivent jouer des coudes avec les autres créateurs. Beaucoup de musiciens misent alors sur des contenus excessivement courts, afin de saisir rapidement l’attention de l’auditeur. Le résultat prend la forme d’une boucle efficace caractérisée par un visuel travaillé, accompagné d’un son visiblement conçu en studio. Et tout cela en 20 secondes, grand maximum. Tout cela peut sembler anecdotique, mais la pratique est révélatrice d’une tendance surprenante ! Ces contenus courts ont parfois plus d’écho qu’un morceau travaillé en bonne et due forme et distribué sur les plateformes. Savoir optimiser sa production pour plaire à l’algorithme, publier ces contenus courts aux bonnes heures… Tout cela permet aux artistes d’acquérir une visibilité autrement que par les labels. Alors, certains musiciens s’entraident et posent parfois un après-midi en studio pour créer ce type de contenus courts. 

Une ère d’hyper-productivité musicale

L’omniprésence de ces formats courts sur les réseaux témoigne d’un nouveau rapport au partage musical. Le système de boucle sur lequel misent les artistes a des vertus brillantes d'un point de vue algorithmique, ce que certains artistes ont parfaitement saisi. En effet, pour que les plateformes mettent vos publications en avant, il faut qu'elles soient le lieu d'un nombre de vues conséquent. Or, la boucle invite naturellement au replay et il arrive qu'un utilisateur regarde la même boucle 4 ou 5 fois d'affilée.

Les résultats sont parfois probants et les contenus font effet, mais de nombreux artistes déplorent les conséquences de ce type de publication à une échelle plus personnelle. Beaucoup doivent gérer un équilibre périlleux, en partageant régulièrement du contenu sans fatiguer leur audience par un rythme de publication trop important. De plus, pour gagner en visibilité plus rapidement, les créateurs cherchent parfois à adapter leur travail à ce qui fonctionne le mieux plutôt que de produire des contenus qui leur ressemblent.

Ce qu'il faut retenir de la pratique, c'est surtout la singularité du processus créatif. Les artistes peuvent consacrer une demi-journée pour créer une boucle parfaite, au succès conséquent mais éphémère.

Quoiqu'il en soit, il est certain qu'à l'échelle d'artistes pas ou peu connus, comprendre les nouveaux mécanismes de viralité sur les réseaux semble essentiel pour s'y frayer une place, même si cela peut s'avouer particulièrement chronophage.

Marin Tézenas - Le 7 juill. 2021
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  • Vraiment pas ça ressemble à de l'amateurisme pour bien des cas et quand ça ne l'est pas c'est formatée comme de la varietoche pour la génération z. La musique n'a rien à voir avec la télé-réalité et son jumeau du net les réseaux sociaux. Certes si Myspace n'existe plus, il y a encore Soundcloud par exemple pour faire émerger de nouveaux talents. Sinon, à la télévision, il n'existe pas vraiment d'émissions consacrée aux jeunes talents même si on peut en voir certains sur le service public, nous sommes loin du compte.