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© David Cassolato

Le Chili prépare une loi pour protéger les cerveaux humains de la technologie

Le 30 avr. 2021

C’est en passe d’être le premier pays au monde à instaurer des « neurodroits » pour protéger l’identité des individus, leur conscience et leur libre-arbitre face aux avancées des neurotechnologies. 

Elon Musk potasse ses implants cérébraux Neuralink, Facebook dévoile un prototype de bracelet pour contrôler un clavier par la pensée... Et le Chili ne compte pas rester les bras ballants face au développement de ces interfaces cerveaux-machines. Le pays est sur le point d’inscrire dans sa constitution un droit des cerveaux ou « neurodroit »  et de légiférer sur les neurotechnologies. Le 22 avril, le Sénat a approuvé à l’unanimité le projet de réforme constitutionnelle. Il doit maintenant être approuvé par la Chambre des députés. 

L’idée de cette initiative, portée par le sénateur Guido Girardi, est de préserver l'« intégrité physique et psychologique » des individus, et de faire en sorte qu’il ne soit pas possible d’« augmenter, diminuer ou perturber cette intégrité individuelle sans le consentement approprié ». 

L’une des avancées qui inquiète particulièrement les législateurs chiliens est la possibilité de lire des pensées, voire de modifier et d’« écrire » des pensées et souvenirs. La chose a déjà été réalisée en laboratoire sur des souris, affirme Rafael Yuste, neurobiologiste américain proche du sénateur Guido Girardi, à l’AFP. Le chercheur ne nie pas pour autant l’espoir que représentent ces technologies pour traiter des maladies comme Parkinson et la schizophrénie

Les législateurs tiennent par ailleurs à ce que les neurotechnologies se développent de manière égalitaire, de sorte à ne pas créer une double société avec d’un côté des humains augmentés et de l’autre ceux qui n’auront pas accès à ces nouvelles capacités.

La loi en retard sur les données personnelles, peut-être pas sur les données cérébrales

L’objectif est aussi de ne pas laisser la technologie aller plus vite que la loi, comme c’est souvent le cas. « Nous avons raté le train de la protection des données personnelles sur Internet et celui des données cérébrales est sur le point de quitter la gare », expliquait Rafael Yuste à Ouest France en décembre 2020. Le Chili apparaît comme un pionnier, explique le journal La Tercera. La communauté internationale, et notamment la France, l’Espagne et les États-Unis, pourraient suivre son exemple. 

Marine Protais - Le 30 avr. 2021
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