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Cosmonaute devant la TV sur la lune
© ALLVISIONN - Getty Images

Course à l'espace : la Russie annonce le tournage du premier film en orbite

Le 1 juin 2021

Qui des États-Unis ou de la Russie parviendra à tourner le premier film dans l’espace ? Comme dans les années 60, deux rivaux de longue date s’engagent dans un conflit d’influence aux allures de revanche.

C'est officiel depuis le 13 mai 2021. La station spatiale internationale accueillera le réalisateur russe Klim Chipenko et l'actrice Loulia Peressild pour le tournage du premier film dans l'espace le 5 octobre prochain. L'agence spatiale Roscosmos, équivalente russe de la NASA, semble bien décidée à devancer les Américains qui annonçaient l'élaboration d'un projet similaire en mai 2020.

Mai 2021 : Hollywood est devancé

Roscosmos ne plaisante pas. Le film devrait être tourné en 10 jours, et ce, avant la fin de l’année. L’actrice et le réalisateur russe ont rendez-vous au cosmodrome de Baïkonour pour embarquer direction l'ISS. Dès le mois de juin, l’équipage devra suivre une formation intensive pour assurer le bon déroulement des opérations. Vols en apesanteur, centrifugation, parachutisme… Tous ces entraînements devraient être diffusés sur Pervi Kanal (première chaîne de télévision russe) pour stimuler l'engouement du public.

Sans même s’étendre sur le scénario du film, la Russie accomplit ici un coup de com’ exceptionnel. En effet, la date du lancement du projet russe a été donnée juste après l'annonce du tournage d'une scène du prochain film de Tom Cruise, en partenariat avec SpaceX. Mais l’équipe américaine n’empêchera pas le tournage russe d’avoir lieu avant le leur.

Opération soft power de grande ampleur

Cette annonce intervient à peine un an après la perte du monopole des vols habités de la Terre à l'ISS, remporté par Elon Musk. Il n'en fallait pas plus pour que les Russes rappellent leurs ambitions au milieu d'un ciel convoité. Sans surprise, le film sera porteur d'une dimension politique. D'ailleurs, Loulia Perresild est méconnue en Europe, mais l'actrice a popularisé son nom en Russie au fil de films de guerre à succès, aux contours explicitement patriotiques. Elle s'élève comme le fer de lance symbolique d'une opération « soft-power » de grande ampleur : la Russie souhaite débuter la promotion du tourisme spatial avant le lancement de sa propre station orbitale d'ici 2025.

On est loin des ambitions de Pornhub qui voulait financer un film porno tourné en orbite.

Les nouveaux enjeux de l'Eldorado spatial : un espace ouvert aux civils ?

Ces projets de films témoignent d'une forme d'ouverture sur l'espace au plus grand nombre. À l'heure où les institutions privées comme SpaceX ou Blue Origin concurrencent les structures publiques traditionnelles, l'espace ouvre ses horizons à d'autres domaines que la science. Même si ces projets cinématographiques gardent une dimension politique traditionnelle, ils participent au développement d'un business d'ouverture spatiale. En 2019, la NASA se déclarait ouverte aux opportunités business, afin de générer des fonds pour les projets scientifiques. Aujourd'hui, les potentialités du tourisme spatial font clairement partie des préoccupations d'organismes privés.

Marin Tézenas - Le 1 juin 2021
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