Visage d'une femme endormie éclairée par des bougies

Sondage : 28% des Français en faveur de mesures contraignantes pour favoriser la sobriété énergétique

© людмила шалимов

Début octobre, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, déclarait : « Il y a urgence à agir, le combat ne s'arrêtera pas à l'hiver 2022-2023 ». Les Français sont-ils prêts ? Selon un sondage, la réponse est oui.

Alors que le gouvernement vient de présenter son plan de sobriété, un sondage OpinionWay* analyse la perception qu’ont les Français de la sobriété énergétique. Résultat : la majorité des Français la considère comme une nécessité.

Sobriété énergétique : un impératif pour la majorité des Français

En effet, la sobriété énergétique est un impératif pour 88 % d’entre eux. En cause ? Le changement climatique, pour 73 %. Alors qu'on les présente souvent comme réticents au changement et à l'idée de renoncer à leur « petit confort » , ils sont 79 % à estimer que la transition vers une société plus sobre énergiquement est compatible avec l’idée qu’ils se font du bien-être.

« Je baisse, j’éteins, je décale », les Français le font déjà !

En tête des actions à mener pour diminuer la consommation de chacun, on retrouve : réparer les appareils (86 %), réduire la consommation d'eau (84 %) et réduire la consommation d’énergie (82 %) en baissant le chauffage où éteignant les lumières. Rien d'étonnant selon Pierre-Pascal Boulanger, Président du Printemps de l’économie : « Déjà acquis à la sobriété domestique par effet prix ou conscience des gaspillages dénoncés par de nombreuses campagnes de sensibilisation, on est surpris du manque d’ambition des annonces du gouvernement, qui enfoncent des portes ouvertes. »

Les Français ne sont pas prêts à renoncer à la viande

Bien que la production industrielle de viande soit connue pour être un poste de pollution important, 74 % des Français estiment que privilégier le train à la voiture ou à l’avion a un impact plus positif que de diminuer sa consommation de viande (58 %). Une posture qui s'explique principalement par deux facteurs selon Pierre-Pascal Boulanger : « La question de la viande laisse supposer qu’on se heurte à deux freins, la méconnaissance de la complexité de l’industrie des protéines animales et également le fait "culturel" et social, manger de la viande est un marqueur social auquel les Français les plus fragiles ne voudraient pas devoir renoncer. »

Entreprises et sobriété, quel rôle pour les entreprises ?

Alors que 87 % des sondés jugent la transition vers une société plus sobre comme une nécessité, les salariés estiment que plusieurs actions efficaces pourraient être mises en place dans leur entreprise. Parmi celles-ci, trois actions arrivent en tête : privilégier les fournisseurs locaux (85 %), relocaliser la production en France ou en Union Européenne (84 %) et limiter les déplacements des dirigeants (81 %). En revanche, bien qu'elles soient considérées comme efficace par plus de deux tiers des actifs (69 %), la baisse du chauffage ou la limitation des fournitures de bureau sont les actions qui convainquent le moins.

Dis-moi combien tu gagnes, je te dirai quelle sobriété tu veux

Le sondage révèle que la vision des actions à mener pour plus de sobriété diffère selon la catégorie socioprofessionnelle. Si l’ensemble des CSP montre un niveau de conscience très élevé face à l'impact environnemental des modes de vie, des différences s'esquissent en fonction du niveau de vie. Les CSP+ sont davantage convaincues qu'il faut réduire la consommation d'énergie, les biens importés ou l'utilisation de véhicules thermiques individuels. À l’inverse, 83 % des CSP- considèrent qu'il faut privilégier la consommation d'objets de seconde main, soit 9 points de mieux que les CSP+, qui ont probablement moins recours à ce type d'offre.

Les femmes et les hommes ne sont pas égaux dans la sobriété

Une femme sur cinq a déclaré faire des efforts de sobriété conséquents contre un homme sur huit. Le sondage révèle que les femmes accordent plus d'importance aux gestes du quotidien (réduire les emballages, diminuer la consommation de viande...) et croient moins aux actions à grande échelle (énergie nucléaire ou le fret ferroviaire...) que les hommes. Elles déclarent aussi consentir à plus d'efforts pour réduire la consommation d'eau et privilégier la seconde main, que le sexe opposé.

Côté sphère professionnelle, elles sont également plus nombreuses (84 % contre 69 %) à penser qu'une meilleure organisation au travail a des vertus sur la sobriété. Enfin, les femmes se distinguent par leur plus forte demande d'exemplarité des dirigeants.

Sobriété : les attentes des Français envers l’État

Pour 42 % des Français, la rénovation énergétique des « passoires thermiques » (logements mal isolés) est la politique publique prioritaire à mettre en place. Suivent le développement des énergies renouvelables (33 %) et la lutte contre l’obsolescence programmée (33 %). Ces priorités sont en cohérence avec les mesures citées spontanément par les Français qui privilégient des mesures allant vers une meilleure gestion de la consommation d’énergie (31%).

Un deuxième groupe de mesures citées par environ un quart des interviewés se distingue : réduire les emballages (29 %), privilégier le fret ferroviaire au transport routier (26 %) et développer l’énergie nucléaire (25 %). Autre débat de la rentrée : l’instauration d’une taxe sur les superprofits des entreprises est plébiscitée par 22 % des sondés.

Les mesures les moins prioritaires concernent la voiture, sujet particulièrement sensible comme l’avait montré le mouvement des Gilets jaunes hostile à une taxe carbone. L’interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs avant 2035 et la réduction de la vitesse maximale sur l’autoroute ne sont citées que par 6 % des interviewés.

La sobriété, une question d'incitation ou de sanction ?

Si pour 38 % des Français il est préférable d'inciter via des taxes ou des subventions, 31 % estiment qu'il serait préférable de laisser les acteurs modifier eux-mêmes leur comportement. Notons que 28 % des personnes interrogées estiment que face à l'urgence climatique il serait nécessaire de prendre des mesures contraignantes quitte à restreindre certaines libertés.

Dans le détail, le sondage révèle que les positions divergent en fonction des opinions politiques : les mesures incitatives sont privilégiées par 53 % de sympathisants de la France insoumise et 47 % des sympathisants de Renaissance. En revanche, l’approche libérale laissant la liberté à tous les acteurs de modifier leurs comportements convainc davantage les personnes proches de l’extrême droite (41 %).


*Méthodologie : l’étude « Les Français et la sobriété énergétique » pour Le Printemps de l’économie et OMNES Éducation a été réalisée en ligne du 20 au 21 septembre 2022 auprès d’un échantillon de 1039 personnes, échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.

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