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Une femme avec un foulard et des lunettes qui tient un Tour Eiffel dans sa main
© Massonstock via GettyImages

La Fashion Week consomme autant d’énergie que 3 000 ans d'éclairage de la Tour Eiffel

Le 21 févr. 2020

Derrière les paillettes et le glamour, la réalité environnementale de la Fashion Week est toute autre. Et on a enfin les chiffres.

Après New York et Milan, c’est au tour de Paris d’accueillir une nouvelle édition de la Fashion Week. Ce n’est un secret pour personne : la mode pollue. Beaucoup. L’industrie serait responsable de 10% des émissions de CO2 dans le monde. Et la Fashion Week, ses shows monumentaux, ses mannequins stars et ses after shows branchés ont leur part de responsabilité dans ce mauvais bilan carbone.

Lors de la dernière Fashion Week, on a donc vu des initiatives pour réduire l’empreinte environnementale de ces grands-messes de la mode. Pas de sèche-cheveux en coulisses, des produits locaux pour le cocktail, compensation carbone... Il y a de quoi faire.

241 000 tonnes de CO2 pour un an de Fashion Week

Le problème c’est qu’on ne sait pas vraiment quantifier les émissions produites par les défilés. Grâce au rapport Zero To Market, réalisé par Carbon Trust et ordre.com, on commence à avoir une idée un peu plus précise. L’étude s’intéresse uniquement à l’impact des déplacements générés par la Fashion Week. Sont compris : les voyages pour se rendre dans la ville en question, les trajets de la ville d’un show à l’autre, les logements et les transports des vêtements d’une métropole à l’autre. Et c’est déjà suffisant pour se rendre compte que c’est clairement moins glamour que les podiums.

L’étude a mesuré sur 12 mois les émissions de transport engendrées par les 4 principales Fashion Weeks : Londres, Paris, Milan et New-York. Au total, les différents défilés génèrent 241 000 de tonnes d’équivalent CO2. Un chiffre comparable aux émissions annuelles de  51 000 voitures, de la consommation de 27 millions de gallons de pétrole ou l’éclairage de la Tour Eiffel pendant 3 060 années. Et le pire, c’est que le site ordre.com précise que les résultats sont probablement en deçà de la réalité – le rapport n’incluant pas, par exemple, l’impact des influenceurs et des médias qui assistent aux défilés.

New York, la pire des Fashion Weeks pour la planète

Selon leur popularité et leur prestige, toutes les Fashion Weeks ne sont pas aussi polluantes. La pire : celle de la Grosse Pomme qui concentre 37% des émissions. Malgré un plus grand nombre d’acheteurs et de designers qui font le déplacement, Paris arrive deuxième avec 28% des émissions. Suivi de Londres et Milan, presque à égalité.

Alors, on fait quoi ?

Les chiffres issus du rapport Zero To Market ne prennent en comptent que les 4 principales Fashion Weeks mais ces événements ont lieu dans bien d’autres villes à travers le monde. Ce qui alourdit encore un peu plus le bilan du secteur de la mode.

Pour essayer de résoudre le gros problème environnemental de l’industrie textile, on a bien le Fashion Pact instigué par Kering. Mais non contraignant, celui-ci ressemble au mieux à un coup d’épée dans l’eau. Alors de plus petits designers s’attèlent à la tâche et tente de réinventer le modèle. À Londres, le designer Patrick McDowell a préféré troquer un catwalk contre un pop-up pour échanger les vêtements. Plutôt que de présenter son savoir-faire à travers une nouvelle collection, le créateur met en avant ses talents d’upcycling à base de cristaux Swarovski. Et montre qu’on peut aussi faire du luxe avec du vieux.

Alice Huot - Le 21 févr. 2020
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