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Un incendie dans la forêt amazonienne
© josemoraes vie GettyImages

Changement climatique : c’est encore pire que ce qu’on pensait

Le 17 juin 2020

Alerte ! De nouvelles études scientifiques revoient le réchauffement climatique à la hausse.

Malgré quelques baisses de pollution ponctuelles pendant le confinement, pour le climat c’était pas franchement la joie. Mauvaise nouvelle, ça pourrait être bien pire que ce qu’on pensait.

Des prévisions revues à la hausse

Le GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de l’ONU, travaille actuellement sur son sixième rapport d’évaluation. Ses membres compilent donc de nombreuses études menées à travers le monde afin d’en tirer des conclusions. Et ça ne s’annonce pas très positif. Dans plus de 20 institutions, des superordinateurs ont permis de mettre au point de nouvelles modélisations de data qui demandent de revoir à la hausse les pires prévisions climatiques.

Depuis le dernier rapport d’évaluation en 2014, 25% des modélisations indiquent une augmentation de 3 à 5 degrés Celsius de la sensibilité climatique. Pourquoi c’est grave ? Parce qu’en matière de modélisation climatique, la sensibilité climatique est le nerf de la guerre. Il s’agit d’une mesure utilisée par le GIEC pour prévoir les variations de température moyenne à la surface du globe à la suite d’un doublement de concentration d’équivalent CO2 dans l’atmosphère. C’est-à-dire la façon dont le climat réagit à l’activité humaine. La sensibilité climatique permet donc de fixer les limites d’émissions d’équivalent CO2 à ne pas dépasser pour éviter que la Terre ne se réchauffe trop. Mais d’après ces nouvelles modélisations, le climat serait plus sensible qu’on ne le pensait à notre activité. Et les nuages qui étaient jusqu’alors considérés comme neutres, auraient en fait un rôle (négatif) à jouer.

Des nouvelles données qui changent tout

Pour les climatologues, c’est un véritable cataclysme. « Les gens se sont tout de suite demandé s’il n’y avait pas un bug dans le code, » raconte le professeur en physique climatique à l’université d’Oxford, Timothy Palmer, au Guardian. Il faut dire que depuis 40 ans, la mesure de la sensibilité climatique n’a quasiment pas évolué et tournait autour de 3°C. Avec un quart des études qui placent désormais la fourchette haute à 5°C, ça change la donne.

Interrogé par le journaliste Jonathan Watts, le directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, Johan Rockström, explique qu’une sensibilité climatique de 5°C réduirait notre marge de manœuvre face à au réchauffement climatique. « Il nous serait alors impossible d’atteindre les 1,5°C [au-dessus du niveau préindustriel]. On ne pourra pas faire mieux que 2°C », poursuit-il. Et quand on se rappelle des dernières prévisions du GIEC dans l’hypothèse d’un réchauffement global de 1,5°C, notre éco-anxiété remonte en flèche.

Pour l’instant, d’autres études sont nécessaires pour confirmer ces données alarmantes. « Nous sommes toujours dans une phase d’évaluation afin de comprendre ces nouveaux résultats », explique prudemment Catherine Senior du Met Office’s Hadley Centre. Quoi qu’il en soit, à 3 ou 5 degrés Celsius de plus, on le sait il va falloir changer. Vraiment.

Alice Huot - Le 17 juin 2020
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