Concept de vaisseau pour s'installer sur Mars, par SpaceX

Crypto-citoyen ou écolo-libertarien : quelle ville de milliardaire êtes-vous ?

© Space X

C'est LA nouvelle lubie chez les milliardaires de la Silicon Valley : inventer des nations ! Utopies futuristes ou rêves de grandeur pour mégalos, à vous de voir ! Petite visite pour faire le point.

Dans l’espace, au milieu du désert ou dans la mer, les magnats de la Silicon Valley imaginent des villes technologiques gouvernées selon leurs propres règles. Rêves démiurgiques pour entrepreneurs démesurés, la plupart de ces projets sont encore sur papier glacé. Et si vous deviez choisir votre camp ? Plutôt crypto-citoyen ou écolo-libertarien ? Faites le test.

1 - Telosa, la ville égalitaire made in Walmart

  •  : Telosa, « quelque part dans l’Ouest américain »
  • La ville : Annoncée en septembre dernier, la cité sera fondée par l’ancien dirigeant de Walmart, le milliardaire Marc Lore. Il imagine sa ville comme la plus « ouverte, juste et inclusive au monde » . Dans un « capitalisme réformé » qu’il appelle « l’équitisme » , les services sociaux sont financés par l’impôt foncier. L’Américain a recruté l’architecte star Bjarke Ingels danois, dont le cabinet a imaginé les sièges sociaux de Google à Londres et le campus Googleplex à Mountain View, Californie. Au menu de la ville du futur : agriculture hors-sol, voitures autonomes, architecture écologique et transports en commun efficaces.
  • Quand : Dès 2030, Telosa pourrait accueillir ses premiers habitants.
  • Population : De 50 000 Telosiens en 2030, Lore espère convaincre 5 millions d’habitants d’ici 2050.
  • À quel prix : Près de 400 milliards de dollars, selon les estimations de Lore.
© Telosa

2 - « Le bac à sable » pour crypto-enthousiastes

  •  : 27 000 hectares dans le désert du Nevada.
  • La ville : Jeffrey Berns, propriétaire du terrain via son entreprise Blockchains L.L.C, imagine une crypto-ville, la « smart city la plus innovante au monde » dont l’objectif serait « d’améliorer la condition humaine » . L’habitat, l’énergie, les transports, seront régis par la blockchain et Berns prévoit de construire le centre de recherche et développement « le plus avancé au monde » .
  • Quand : Les travaux pourraient commencer dès 2022.
  • Population : Le millionnaire souhaite construire 15 000 maisons et 3 millions de mètres carrés d’espaces commerciaux et industriels en 75 ans.
  • À quel prix : Berns a déjà dépensé 300 millions de dollars dans ce projet.
© EYRC

3 - La ville industrielle de Bill Gates

  •  : Plus de 9700 hectares à 45 minutes de Phoenix, Arizona.
  • La ville : Une « communauté visionnaire » et des « technologies de pointe » . Selon Belmont Partners, l’entreprise immobilière partenaire de Bill Gates dans ce projet, la ville sera construite autour de « réseaux numériques à haute vitesse, de data centers, de nouvelles technologies de production et de nouveaux modèles de distribution, de véhicules autonomes et de hubs logistiques autonomes » . Les partenaires ont également acheté du terrain près de Buckeye, toujours dans la banlieue de Phoenix. Gates possède également près de 98 000 hectares de terres agricoles dans tout le pays – faisant de lui le plus grand propriétaire agricole des États-Unis.
  • Population : 2600 permis pour des maisons familiales ont été délivrés en 2019 et l’entreprise en espérait 3000 pour 2020.
  • Quand : Selon GlobeSt, les travaux auraient commencé.
  • À quel prix : Gates a investi 80 millions de dollars dans l’achat du terrain.
© GlobeSt

4 - La banlieue lunaire de Jeff Bezos

  •  : Assez proche de la Terre pour que les habitants spatiaux puissent y travailler, étudier, s’y balader.
  • La ville : Les colonies spatiales seront installées dans les célèbres cylindres O’Neill, habitat spatial proposé par Gerard O'Neill (qui fut le professeur de Bezos) dans les années 70 et dont la rotation crée une gravité artificielle. Ces vaisseaux de plusieurs kilomètres de long abritent des reproductions de villes comme Singapour, Florence ou Seattle. Un monde « sans pluie, sans orage, sans tremblement de terre. Les gens voudront vivre ici » , prédit le milliardaire.
  • Population : Des milliers de milliards d’habitants, projette Bezos. Une « civilisation incroyable » , imagine-t-il, dans laquelle on trouvera « mille Mozart, mille Einstein, mille de Vinci » .
  • Quand : Pas tout de suite. Il faut d’abord construire les infrastructures, prévoit le fondateur d’Amazon.

5 - L’ultime colonie martienne d'Elon Musk

  •  : Mars, à quelques 78 millions de kilomètres de la Terre, soit environ 9 mois de voyage.
  • La ville : Dans un premier temps, les colonies martiennes seront abritées sous des dômes en verre avant, espère l’extravagant entrepreneur sud-africain, de terra-former la planète rouge pour créer des conditions favorables à la vie similaires à celles de la Terre.
  • Population : Musk vise plus d’un million de personnes à l’horizon 2060.
  • Quand : Il espère envoyer les premiers aventuriers sur Mars dès « 2026, voire 2024 » , déclarait-il en décembre 2020. « Des personnes mourront probablement » durant le voyage, prévient-il.
  • À quel prix : Implanter une civilisation sur Mars coûterait, selon les estimations d'Elon Musk, entre 100 milliards de dollars et 10 000 milliards de dollars.
© Elon Musk/Twitter

6 - L’île flottante de Peter Thiel

  •  : Au large des territoires côtiers, dans des zones économiques spéciales. Les premières îles flottantes devaient être installées au large de la Polynésie française mais le projet a été abandonné.
  • La ville : Des îles flottantes avec une gouvernance autonome. l’Institut Seasteading (que l’on pourrait traduire par pied-à-mer) a été fondé en 2008 par l’entrepreneur milliardaire controversé Peter Thiel et Patri Friedman, activiste libertarien et petit-fils de l’économiste libéral Milton Friedman. Le projet inclut des « impératifs moraux » comme « enrichir les pauvres, soigner les malades et nourrir les affamés » .
  • Population : Une fois les technologies développées, les fondateurs de Seasteading Institute espèrent voir éclore « des milliers de sociétés startup flottantes » .
  • Quand : Pour l’instant, les tentatives sont tombées… à l’eau. En 2019, deux seasteaders pionniers se sont installés dans un prototype de « seapod » , un habitat sur un pilotis unique, avant d’être arrêtés par les autorités thaïlandaises. En 2020, trois seasteaders ont acheté un yacht de 245 mètres de long comme base de leur nouvelle société marine – avant de le revendre trois mois plus tard.
  • À quel prix : Peter Thiel a investi une somme de départ de 500 000 dollars pour lancer le Seasteading Institute.

7 - Próspera, la ville test libertarienne

  •  : 23,5 hectares sur l’île de Roatán, au Honduras.
  • La ville : une ville à charte, c’est-à-dire dont la gouvernance est définie par la charte de la ville, financée par des investisseurs de la Silicon Valley, dont le co-fondateur de Seasteading Institute Patri Friedman. Une semi-autonomie rendue possible grâce au statut de zone de développement économique et d’emploi (ZEDE) mis au point par le gouvernement hondurien. Les résidences sont imaginées par le cabinet d’architecture Zaha Hadid.
  • Quand : La ville est en construction, malgré l’opposition des résidents. Vous pouvez également déjà obtenir la résidence numérique.
  • Population : Ses créateurs espèrent créer un « hub de développement » pour connecter plusieurs zones semi-autonomes au Honduras.
  • À quel prix : Non communiqué.
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