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boule-Designer au futur : voilà quelques objets que vous pourriez utiliser demain...
© Another Generosity, Lunden Architecture Co

Architecture, mode, militantisme... ces designers imaginent nos usages du futur

Le 31 janv. 2020

Elles sont déjà commercialisées ou relèvent encore de la spéculation : au Philadelphia Museum of Art, une exposition présente des créations de designers qui répondent à nos besoins futurs et/ou hypothétiques.

À l’heure où les designers sont de plus en plus amenés à élaborer des scénarios spéculatifs, l’exposition Designs For Different Futures leur donne carte blanche pour imaginer nos usages futurs. Architecture, innovations textiles, militantisme, reconnexion à la nature…Onze sections thématiques explorent leurs propositions plus ou moins réalistes. En voici un aperçu.

Un futur sans pollution textile

Deuxième industrie la plus polluante après le pétrole, le secteur de la mode tente de se réinventer grâce à une poignée de créateurs.

On découvre, dans le cadre de l’exposition, un aperçu des créations chatoyantes d’Iris Van Herpen, à la croisée entre matières organiques et biologie synthétique ou celles de la Française Violaine Buet qui transforme des algues brutes en vêtements dont la texture rappelle celle du cuir.

Photo : Juan Arce

Autre innovation, celle de la marque Petit Pli qui fabrique des habits étirables pour les enfants en pleine croissance. Il n’y a plus besoin d’en racheter tous les 6 mois, les vêtements s’adaptent naturellement à leur morphologie. Une initiative aussi économique et qu’écologique.

Sensualité et reconnexion à la nature

Notre rapport au monde change à mesure que les consciences environnementales s’éveillent. Moins anthropocentrées, nos constructions reflètent cette évolution et intègrent davantage le vivant.

C’est le cas de l’expérience spatiale Another Generosity du cabinet d’architectes Lundén, laquelle reconnecte la nature aux espaces bâtis à l’aide de membranes gorgées d’air et d’eau. Une fois gonflées, les structures assurent la médiation entre l’environnement naturel et la construction.

Plus poétique, la performance Resurrecting the Sublime se propose de raviver les odeurs de plantes ayant disparu de la surface de la Terre à cause des activités humaines. Une sorte de mémoire écologique qui se transmet par les sens, plutôt que par l’esprit.

Militantisme augmenté

C’est peut-être l’un des axes d’innovation majeurs de notre époque : comment se protéger de la surveillance de masse ? Fin 2019, après que le gouvernement chinois a interdit aux manifestants hongkongais de porter un masque, une curieuse vidéo avait déjà fait son apparition sur la toile : il s’agissait d’un faux bandeau-projecteur permettant de se protéger de la reconnaissance faciale en superposant un visage virtuel sur le sien.

À Philadelphie, des créateurs explorent cette même idée et cherchent à hacker les outils conçus pour nous traquer. Avec sa série Camouflage, l’artiste Adam Harvey se sert de coiffures et de maquillages futuristes pour casser la cohérence d’un visage et bloquer la détection des technologies de reconnaissance faciale.

Luttant contre la censure, l’artiste Sang Mun a, quant à lui, inventé une police de caractère illisible par les logiciels de numérisation de texte (qu’ils soient utilisés par une agence gouvernementale ou par un pirate). Selon l’artiste, la police peut être appliquée à de larges quantités de données comme à des correspondances personnelles.

Margaux Dussert - Le 31 janv. 2020
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