Beyoncé et ses trophées musicaux entre les mains

Étudier Beyoncé ? C'est possible à l'École Normale Supérieure

Sciences humaines et sociales, droit, économie... Trop classique pour vous ? L’École Normale Supérieure (ENS) organise un séminaire étudiant sur l'icône pop féministe Beyoncé.

Baptisé « Beyoncé : nuances d'une icône culturelle », le séminaire qui a pour ambition de réfléchir aux notions de culture et de représentativité se déroulera du 24 novembre au 9 février 2022. Au programme, une demi-douzaine de cours sur l'œuvre de Queen B.

Beyoncé Studies : « Who run the world ? Girls !  »

Le site de la prestigieuse École Normale Supérieure explique que ce séminaire « se propose d'appréhender dans un ancrage pluridisciplinaire les problématiques que soulève l'orientation artistique de Beyoncé, aussi bien par l'histoire de l'art, les littératures contemporaines, l'histoire ou la philosophie. » Et il y a de la matière, au vu de la diversité de l'œuvre de celle qui cumule les casquettes de chanteuse, compositrice, danseuse, productrice et actrice. Avec la sortie de son dernier album Renaissance (juillet 2022), Queen B s’est offert le meilleur démarrage de l’année pour une artiste féminine. Elle est ainsi devenue la première artiste féminine à classer sept albums consécutifs au sommet du classement des meilleures ventes d’albums.

Beyoncé, phénomène et symbole d’un monde complexe

Désignée tour à tour « artiste de la décennie » (The Guardian en 2009) et « musicienne la plus populaire, la plus importante et la plus influente de ce début de XXIe siècle » (New Yorker en 2013), celle qui figure dans la liste des « stars les plus puissantes » du magazine Forbes a commencé sa carrière avec les Destiny’s Child avant de se lancer dans une carrière solo.

Artiste féminine la plus récompensée aux Grammy Awards (28 récompenses), elle est choisie en 2013 pour interpréter l’hymne américain lors de la seconde investiture d’Obama. Si la business woman est aujourd'hui à la tête d'un empire estimé à 400 millions de dollars, elle n'en demeure pas moins engagée. Ouvertement féministe (Run the World), elle dénonce également les violences policières contre la communauté noire et apporte son soutien au mouvement Black Lives Matter. En 2018, lors du Festival Coachella, elle entonne Lift Every Voice and Sing, considéré comme l’hymne national des Afro-Américains. Beyoncé soutient également la cause LGBT+, et a créé avec son ami Kelly Rowland des Destiny’s Child la fondation Survivor pour venir en aide aux victimes de l’ouragan Katrina de 2005. Elle a également participé à l'écriture de Stand Up For Love, un hymne pour la journée mondiale des enfants et s'est récemment associée aux équipes de « Show Your Helping Hand » qui lutte contre la faim en Amérique.

Beyoncé, un miroir de notre temps ?

Pour ses nombreux engagements, la diva est aussi adulée que critiquée, accusée de récupération, de spoliation ou encore d’opportunisme cynique... Pour les organisateurs du séminaire, questionner l'œuvre et la personnalité de Beyoncé est l'occasion de s'interroger plus largement sur la scission entre « une culture dite légitime et savante et une culture populaire "stigmatisée". Étudier ses productions, ses discours ainsi que leurs répercussions permet un rapport au réel, une porte d'entrée vers la compréhension de notre temps. »

Permettre aux étudiants d'analyser le monde dans lequel ils vivent

Ce n'est pas la première fois que le parcours d'une star est enseigné en grande école. En 2016, l’université du Texas avait proposé une série de cours sur Beyoncé intitulé « Black Women, Beyoncé and Popular Culture ». En février 2022, le « Clive Davis Institute » (Université de New York) a présenté son tout premier cours sur Taylor Swift. Un cursus évoquant la trajectoire de la star et ce qu'elle raconte du « contexte culturel » américain. En 2023, c'est Harry Styles (ex-membre des One direction) qui fera l'objet d’un enseignement spécifique à l’Université du Texas. Son intitulé ? « Harry Styles et le culte de la célébrité : identité, l’internet et la pop culture européenne ». L’établissement a indiqué que ce cours permettra d’aborder « les questions de genre et de sexualité, de race, de classe, de nation, de mondialisme, de médias, de mode, de culture de fans et d’Internet ». Vaste programme.

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