3 looks de la rentrée

Ugly girl, ketamine chic, christiancore : top des tendances mode du moment

Dadcore, cozy boy fall... Ces styles à l'honneur qui mélangent tout et son contraire en disent long sur nos états d'âme. On fait le point.

Après le grandpacore et le 2014 soft grunge, le Twilightcore ou le style Coconut, classement de quelques tendances mode repérées sur les réseaux, de la plus sage à la plus dingo.

Cozy fall boy, indice de déglingue : 0/10

Le feral girl summer (l'été de la fille sauvage) est fini, place au cozy fall boy (l'automne du garçon). Bye bye les soirées déjantées, les nuits blanches et les petits-déjeuners Fanta-pizza. Alors que les arbres virent au roux, on cherche à émuler la figure d'un homme serein et rassurant en pull épais. Il faut bien se remettre des frasques de l'été. Comment reconnaître un cozy fall boy ? Rien de plus aisé : il porte généralement la barbe (parfois la moustache), des tons minéraux et de la laine de mérinos. Quand il ne bouquine pas à la fenêtre en regardant les feuilles tomber, il sirote une IPA en méditant devant le poêle tandis que les sanglots longs des violons de l'automne blessent son cœur d'une langueur monotone.

Clean girl, indice de déglingue : 2/10

Plus qu'un look, un style de vie. La clean girl, c'est la version 2022 de that girl, supposément débarrassée de sa dimension toxique. Comme explique Grazia US : « Sa manucure est toujours fraîche, sa peau est radieuse et elle n'a jamais de cheveux mi-longs à sa place, mais son esthétique comprend également le maintien d'un espace de vie propre qui sent le linge frais, une activité physique quotidienne et une alimentation saine. Elle ressemble à that girl, mais sans la hustle culture de la girl boss ». Ses vêtements sont sobres, clairs, bien coupés, son look savamment effortless (sans effort), mais vivre sa vie semble toujours aussi épuisant.

@whitneyhanslow

‘clean girl’ grwm 👜 happy Saturday bbys #cleangirl #grwm #ootd #aesthetic

♬ smile - record audios.

Dadcore, indice de déglingue : 3/10

En quelques mois, le look est devenu incontournable. La faute à Internet qui s'est pris de passion pour le slogan favori des papas (dads) ringards dans les années 2000 : Women Want Me, Fish Fear Me (Les femmes me veulent, les poissons ont peur de moi.) Où pouvait-on lire ce mantra ? Des casquettes aux t-shirts en passant par les autocollants affichés sur SUV ou boite à hameçons. Car le style dadcore est celui d'un passionné de pêche (couleurs kaki et marron sont donc de rigueur) bourru mais bienveillant. Si l'engouement des réseaux avait débuté sur un ton ironique, le second degré n'a aujourd'hui plus vraiment sa place car l'adhésion est complète. Comme l'explique Input : « La casquette de pêche évoque un papa asexué : un patriarche distant et imperturbable qui s'intéresse plus à ce qui est pratique qu'à la mode ; qui est fier de tondre la pelouse ; qui mange le quignon du pain ; qui ne veut pas se séparer de son ancien short en jean taché d'herbe et qui pense que la pêche est la meilleure chose au monde. C'est simple. Il est macho. Il est irrésistible. » Pour adopter le style dadcore, pas besoin d'être un cinquantenaire bedonnant, il suffit d'arborer la casquette siglée et de tailler des haies en grommelant que tout était mieux avant.

Christiancore ou conventcore, indice de déglingue : 6/10

Comme dit l'américaine @virginmartyr : « Si je ne suis pas habillée comme Grace Kelly lors de son voyage au Vatican, à quoi bon ? » Voilà l'idée qui régit le style dit Christinacore ou conventcore (convent signifiant couvant en anglais). Dans ses vidéos ayant déjà cumulé plus de 80 millions de vues, la TikTokeuse juxtapose les tenues évoquant tour à tour la nonne mélancolique ou la gouvernante anglaise sévère. « L'iconographie chrétienne a inspiré la mode pendant des siècles. En Amérique nous en sommes inondés – comment pourrions-nous ne pas être affectés ? Ils peuvent être en colère que nous utilisions la religion comme référence, mais ils ont essayé de nous endoctriner pendant la majeure partie de notre vie », a-t-elle expliqué à Highsnobiety qui a récemment interrogé la jeune femme au sujet de polémiques causées par la tendance, pourtant pas toute nouvelle. En 2021, i-D se penchait déjà sur la récente influence du catholicisme sur la mode. La raison avancée : les symboles du catholicisme auraient été adoptés par la sous-culture « signaux traditionnels » réconfortants dans un monde de plus en plus chaotique... Les haters diront que la tendance est trop niche, les autres préféreront applaudir les références à la littérature anglaise du 19ème siècle.

@virginmartyr

If you’re not dressing like Grace Kelly on her trip to the Vatican, what’s the point? #convent #heavenlybodies #audreyhepburn #nun #nunfashion #darkaesthetic #ethereal #joanofarc #gracekelly #metgala

♬ Spooky piano horror scary - Sound Production Gin

Ketamine chic, indice de déglingue : 8/10

Les années 90 avaient le style héroine chic (pensez jeune femme à l'allure de junkie vêtue de noire et de débardeur baillant), les années 2000 ont le ketamine chic. Comme dit Dazed, « c'est cool de s'habiller comme un Minion semblant émerger d'une décharge de pop culture, qui babille et déblatère à tout va. » Cela peut se traduire par l'agrégation (sur une seule et même personne) d'immenses lunettes de soleil, bob en pilou pilou, pulls peints à l'aérographe, minijupe camouflage, t-shirts Bob l'éponge et regard éthéré (la nuit a été longue). En gros, cela vient de Londres et on n’y comprend pas grand-chose. « Mon style est méta ironique, ketamine chic, ambiance Pinterest. Vraiment, je ne réfléchis pas beaucoup mais j'ai l'impression qu'il s'agit de rendre attrayant ce qui est traditionnellement considéré comme moche », souligne @oatmilkandcodeine, l'une des icônes de la tendance.

@lukeblovad

#lukeblovad #celebrity

♬ original sound - Luke Blovad

Weird girl ou ugly girl, indice de déglingue : 10/10

Littéralement : la fille bizarre ou fille moche. Il s'agit de superposer ici absolument tout et n'importe quoi, du moment que c'est coloré et texturé. La mouvance aurait pu être jugée pour laide pour avoir le droit d'exister, mais c'eut été sans compter sur la mannequin Bella Hadid, photographiée à plusieurs reprises dans des tenues mixant maximalisme et pièces Y2K des années 2000. Finalement, le look de la weird girl (l'anti clean girl) n'est rien d’autre qu'une version édulcorée du style Harajuku. Baptisé d'après le quartier japonais du même nom, temple de la mode pour la jeunesse tokyoïte, le style loufoque y serait né dans les années 90. Sorte de mélange entre le clowncore et maximalisme, le style d'origine nippon implique la combinaison de couleurs excentriques et la superposition de motifs et accessoires uniques. Un look qui n'est pas sans rappeler le style dystopiacore, sans l'ambiance sinistre de fin du monde. Merci bien.

@tinyjewishgirl

Its made by @Shop Rogue with Emma! And @cydn3yyyy and i am quite in love

♬ smile - record audios.

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