Deux filles en maillot de bain sur la plage

Feral Girl Summer : TikTok prédit un été de la fille sauvage

© Hermione Bosseboeuf

À défaut d'être chaud, l'été sera-t-il sauvage ? C'est la promesse de TikTok. À moins qu'on ait la flemme.

En mai dernier les réseaux remontés à bloc étaient catégoriques : une fois débarrassés de la menace Covid s'en suivrait une grande débauche d'échanges alcoolisés et débridés, l'été serait torride et orgiaque. Il n'en fut rien : les gens avaient la flemme de tout, surtout de faire des rencontres. Mais aujourd'hui, on retente le coup, et l'été sera feral (sauvage). C'est TikTok qui le dit.

C'est quoi le Feral Girl Summer ?

Encore une prédiction hasardeuse de la part des internautes ? Peut-être. La revendication a néanmoins le mérite de traduire l'inclination du moment des influenceuses TikTok. Et leur ambition est clairement énoncée, elles convoitent et prédisent un Feral Girl Summer. Littéralement, « un été de la fille sauvage » . C'est-à-dire ? Le média américain Mel a son idée sur la question : « Elles réclament l'institution d'un pur chaos animal et l’injection dans nos actions d'une certaine dose de barbarie. Plus précisément, l'été 2022 consistera à crapahuter partout comme un petit rat. Il s'agira de déchirer des choses avec vos griffes et de ronger de la viande crue, des brindilles dans vos cheveux. Le principe sera de devenir absolument sauvage. En théorie, en tout cas. »

Alors que l'expression vient tout juste de naître, le #feralgirlsummer cumule déjà quelque 4 millions de vues sur TikTok, associées également aux mots clés #clubbing, #edm (pour electronic dance music), ou encore à l'expression plus timide de #uncivilisedsummer. Il s'agit de faire la bringue, et de la faire bien, dans une aura vaguement grunge et décomplexée. On remplace donc les boissons vertes de that girl par du Coca, le minimalisme épuré et les capsule wardrobes par le maximalisme, et la retenue contrôlée par un hédonisme bling-bling.

@__mull

lemme put you on… FERAL SPRING/ SUMMER 🐀‼️‼️‼️ #ratproverbs #goingout #clubbing #edm #fyp

♬ How We Do - CID & Joshwa

Concrètement, rien de dingo. Pas question ici de bouleverser le système ou de se transformer soudainement black bloc. L'idée est plutôt d'aller au lit sans ôter son fond de teint, d'écumer les boîtes de nuit et de faire du combo Fanta-pizza son petit-déjeuner. En d'autres termes, on rejette encore une fois un modèle de vie trop discipliné et policé, épuisé par les contraintes du travail et les injonctions hygiénistes.

Pourquoi on n'y croit pas vraiment

L'intention est louable, toutefois, on ne peut s'empêcher d'être sceptique. Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, les voix rebelles divisent déjà les rangs des influenceuses. En effet, certaines internautes sont déjà fatiguées par le projet. C'est le cas de lulu_belle88, qui a récemment commenté : « J'ai l'impression qu'un été de feral girl summer, c'est trop de pression. On peut pas plutôt passer 'un été de la fille qui a envie de somnoler' ? Avec des pique-niques et des siestes dans le parc ?  »

En outre, Z et millennials seraient actuellement plus enclins à s'adonner au birding, l'observation des oiseaux OKLM en pleine nature, qu'aux folles nuits en discothèques. Un sondage révèle même que 66,9 % des britanniques entre 14 et 23 ans regrettent l'époque du confinement. Visiblement, le règne du plaid n'est pas tout à fait près de s'effondrer.

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