Deux femmes habillées de couleurs vives entourées de photos de pièces surchargées

Maximalisme : le mouvement anti-minimalisme revient à la mode

© captures TikTok

Tiroirs débordant de bibelots, enchevêtrement de vêtements multicolores, murs recouverts de cadres rococos... Sur les réseaux, ils affichent leur amour des excès et de l'outrance.

« I’m exposing myself in order to share the secret lol » (je me dévoile pour partager le secret), écrit la tiktokeuse lilgunky. Le « secret » , c'est le maximalisme, cette « esthétique de l'excès » qui revient en force, des magazines de décoration aux réseaux sociaux. À contre-courant du minimalisme qui plébiscitait le sobre et l’épuré, le maximalisme adoube les espaces surchargés et la boulimie d'objets en tout genre, des vêtements colorés façon dopamine dressing aux diadèmes, trônes et sceptres ambiance Royalcore. Bienvenue dans un univers où règne le fouillis et la superposition. Mais pas forcément l'ultra-consommation...

Vous reprendriez bien un peu de maximalisme ?

Si la tendance revient en puissance, elle est loin d'être récente. « Au fil de l'Histoire, les riches ont déjà pratiqué des formes de maximalisme afin de mettre en valeur leur fortune » , souligne Alessandra Wood, experte en design d’intérieur chez Modsy, dans The Spruce. L'exemple qui fait mouche : les cabinets de curiosités, dont l'origine remonte au 16ème siècle. « Les cabinets de curiosités étaient comme de petits musées privés bourrés de trésors de fond en comble. Chaque surface recouverte de quelque chose. » Après une courte disparition, c'est à l'époque victorienne (1832-1901) que le maximalisme repointe le bout de son nez.

« Les Victoriens aimaient le monde matériel et ils vivaient à une époque où les biens de consommation devenaient beaucoup plus accessibles et abordables. Chaque centimètre carré de leurs maisons était couvert d'éléments décoratifs allant du papier peint aux tapis en passant par les tentures et les accessoires décoratifs. Culturellement, ils ont investi dans l'idée que chaque personne avait sa propre personnalité et que les éléments maximalistes de leurs maisons reflétaient une tentative de mettre en avant leur moi privé aux visiteurs. »

Si des décennies plus tard la crise de 2008 et du climat imposent le minimalisme comme le chic ultime, la relance économique remet le maximalisme à la mode. Adieu étagères vides, micro garde-robe et meubles scandinaves. Au programme : plantes dans tous les recoins, figurines issues de la pop culture et saturation de couleurs et de textures.

Le maximalisme version 2022 ne rime pas (que) avec surconsommation

Sur TikTok, le #maximalism cumule près de 200 millions de vues, encore loin derrière les 320 millions du #minimalism. Bien souvent, il s'accompagne du #cluttercore (clutter signifiant désordre en anglais), qui frôle de son côté les 40 millions de vues. Le cluttercore, c'est donc l’antithèse parfaite du mantra de la japonaise Marie Kondō, spécialiste du rangement, qui nous invite à declutter (désencombrer) nos maisons de tout ce qui ne nous apporte pas de joie.

Attention toutefois, l'accumulation de bibelots et babioles prônée par le #maximalisme ne rime pas forcément avec surconsommation. Plutôt qu'un grand déballage de vêtements d'ultra fast fashion à la Shein exhibés dans des hauls survitaminés, il s'agit de donner une seconde vie à des objets amoureusement chinés en brocante ou à des vêtements dénichés en friperie. Ce n'est pas une coïncidence si le #maximalism est bien souvent secondé par le #thrift (friperie), qui avoisine sur TikTok les 5 milliards de vues...

Comme le déclare @lilgunky, pas besoin de dépenser des sommes folles dans du neuf pour faire honneur au maximalisme : « je n'ai pas de tête de lit, c'est juste un éventail miteux à 1 dollar trouvé dans une friperie que je fais tenir avec des toiles. »

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