Les membres du groupe TLC sur fond bleu

Le look cyberghetto, coqueluche des réseaux

© TLC et Renell Medrano via Twitter

Pantalons baggy, couleurs saturées et surfaces réfléchissantes... ce style en vogue de la fin des années 90 à la moitié des années 2010 dans les communautés afro-américaines redevient tendance.

Raillé pour son côté cheap et mauvais goût, le grand revival des années 2000 remet l'esthétique cyberghetto au goût du jour. Au détriment des Afro-Américains à l'origine de la tendance ? La polémique gronde sur les réseaux.

C'est quoi le look cyberghetto ?

Le néologisme combine les termes « cyber », qui évoque internet et le cyber espace, et « ghetto » pour désigner les espaces de vie urbains séparés des communautés afro-américaines. Selon le Urban Dictionnary, l'appellation aurait été forgée par Lewina, une adolescente noire sur Tumblr. (Aujourd'hui, la plateforme quelque peu désertée compte toujours plus de 6 000 abonnés au #cyberghetto.)

À l'approche du nouveau millénaire, et à mi-chemin entre les styles hip-hop et cyberpunk, le look cyberghetto mettait à l'honneur le noir, l'orange fluo, l'argenté et le bleu, les semelles compensées, les clous et les lignes futuristes, le tout dans une ambiance streetwear un peu dark. Pour Aesthetics Wiki, l'encyclopédie des esthétiques Internet, l'esthétique cyberghetto pouvait souvent évoquer « des sujets plutôt sombres comme la toxicomanie, la solitude, le chagrin et la pauvreté. »

Sur Instagram, on compte actuellement quelques 30 847 publications sous l'étendard #cyberghetto. Parmi les hashtags associés : #y2kstyle #cyberwhore #y2kfashion #y2kdripp #00saesthetic #streetwear #y2k #cyberpunk #cybercore #cyberpunkart #cyberghetto #2000s #cybery2kfits et #cybergoth

Sur TikTok, le #cyberghetto cumule plus de 7 millions de vues : ici, les vidéos montages mettant principalement en scène des femmes en crop top, casquette baggy et lunettes teintées s’enchaînent à un rythme effréné au son d'une musique très y2K.

Aujourd'hui, la vibe cyberghetto opère un grand retour. En témoigne la sublime reprise du morceau No Scrubs de TLC par la chanteuse britannique Jorja Smith en 2018 (plus de 7,5 millions de vues sur YouTube.) Oui mais, cela ne va pas sans faire jaser...

Cyberghetto, ou le dernier objet de l’appropriation culturelle

Comme l'indique le média stayhipp : « Depuis peu, il y a beaucoup de controverses autour du terme cyberghetto et de son utilisation (...). Beaucoup ont souligné le problème lié au fait que l'esthétique soit attribuée aux peoples des années 2000 comme Paris Hilton, tout en négligeant la forte influence des chanteurs hip-hop et R&B de cette époque, à l'instar de TLC, Blaque, Lil Kim, Aaliyah, Destiny's Child et d'autres. »

Sur TikTok et Twitter, on grince des dents. Pour certains, le look y2K emprunté aux Afro-Américains n'aurait été popularisé auprès du grand public que parce-qu’édulcoré et passé à la moulinette rose et pailletée de l'héritière de la fortune Hilton. (Comme le durag ou les tresses cornrows l'ont été avec Kylie Jenner.) Pour d'autres, le terme même de cyberghetto est offensant car estimé trop communautaire.

Quoiqu'il en soit, le terme demeure teinté d'une certaine aura revendicatrice et contestataire, loin des clichés policés de l'esthétique Y2K qui deux décennies plus tard séduit le grand public.

@kitchendiseasee

It was ghetto and ratchet until ppl like Paris Hilton took it, changed it, and popularized it. #y2k#cyberghetto#y2kfashion#y2kaesthetic#y2koutfits#fyp

♬ dead man walking - favsoundds

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.