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Twilightcore, Coconut Girl, Clowncore... sur TikTok, la mode s'éclate en micro-tendances

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Balletcore, Twee, Russian bimbo core... Vous ne connaissez pas forcément tous ces styles vestimentaires, mais il y en a forcément un pour vous.

« Fashion is just TikTok now » (la mode, c'est juste TikTok maintenant), titrait début février le média américain Vox. Ultra fertile, le réseau social préféré de la génération Z foisonne de créativité, donne le ton, et fait la mode plus vite que les podiums. Ici, les tendances les plus disparates apparaissent aussi vite qu'elles disparaissent... Et il y en a pour tous les goûts, que l'on soit plutôt Dystopiacore et fin du monde, Royalcore à base de crinoline, sceptre et diadème, ou du genre à déambuler en stilettos et boyfriend jean comme La Parisienne. Évidemment, certaines tendances sont plus inévitables que d'autres (le retour sur les réseaux de la Tumblr girl de 2014 version indie sleaze a fait couler beaucoup d'encre ces dernières semaines...) mais d'autres micro-tendances – qu'elles soient récentes ou en phase de come-back – demeurent plus confidentielles.

Classement de quelques tendances mode repérées sur les réseaux, du look le plus sage au plus dingo.

Twilightcore, indice de déglingue : 1/10

La tendance nous vient de la fin des années 2000. Il s'agit de reproduire les looks de deux personnages, Elena Gilbert de la série The Vampire Diaries et Bella Swan de la trilogie Twilight... Le film connaît sur les réseaux un regain de popularité, donnant même lieu à l'expression « Twilight Renaissance. » La sortie de la franchise sur Netflix aurait d'ailleurs causé une hausse des recherches Google pour les articles portés par le personnage joué par Kristen Stewart. De quel look parle-t-on exactement ? Déjà à l'époque, « ce n'était rien de spécial », une sorte de look de rentrée automnale, à base de jeans taille basse, Converse, hauts moulants monochromes et tons neutres, soit l'apothéose du average (moyen) et de la girl next door (la fille d'à côté).

Coconut girl, indice de déglingue : 2/10

Apparue sur TikTok sous la forme de moodboard au début de l'été 2021, la Coconut girl est avant tout méga détente et peu apprêtée. Pensez cheveux ondulés et éclaircis par le soleil, couleurs pétantes, débardeurs en crochets et tatouages éphémères. À son cou, des colliers de coquillages. À ses pieds, des claquettes Havaianas. (Enfin, quand la Coconut girl ne se balade pas tout simplement pieds nus.) Derrière son oreille, une fleur d'hibiscus rouge. Quand elle n'est pas en train de prendre des photos polaroïd, elle mange des fruits frais sur la plage et se roule dans le sable. Pour retrouver la Coconut dans la pop culture, il faudra revoir de vieux épisodes de la série télé australienne H20 ou des films comme Blue Crush (oui, tout ceci nous vient bien du tout début des années 2000...). Pour Carrera Kurnik de Fashion Snoops, la Coconut girl serait « le produit de fantasme post-Covid et d’optimisme estival ».

Balletcore, indice de déglingue : 3/10

La tendance Balletcore pourrait être la fille adoptive de la mouvance Dark Academia, ce courant très populaire depuis 2020 qui célèbre le monde des universités anglaises et l'excellence académique. Mais cette fois, on délaisse kilts écossais, lourds grimoires et gros pulls en laine au profit de tutus, chaussons et justaucorps aux teintes pastel. La figure de proue de l'esthétique : Natalie Portman en ballerine dans Black Swan. Récemment, cette sous-culture s'est attiré de nombreuses critiques pour avoir fait l'apologie de l'extrême maigreur et mis en scène de jeunes filles éthérées façon sylphides.

Le Twee, indice de déglingue : 5/10

Refinery29 définit l'Indie Sleaze (sous-catégorie de la Tumblr girl) de la sorte : « Grâce à MySpace et Tumblr, l'Indie Sleaze a embrassé simultanément nos vies sociales et les réseaux sociaux à la fin des années 2000 et au début des années 2010. Caractérisé par son mélange d'influences grunge, années 80 et 90, le mouvement était tapageur, sans complexe, et animé par l'hédonisme. » Eh bien le Twee, c'est l'antithèse de l'Indie Sleaze. Pensez Zooey Deschanel dans la série New Girl : une frange, de grosses lunettes, des robes de poupées avec des pois et des volants. Et bien sûr des nœuds dans les cheveux. Parmi les passe-temps Twee : jouer du ukulélé, confectionner des cupcakes et tricoter. Sa cour de récré : le dernier quartier branché de Brooklyn.

Soft Russian bimbo core, indice de déglingue : 7/10

La palette de couleur est restreinte : du blanc et des nuances de rose délicat, ou parfois du rouge et du noir lorsque le look Russian bimbo se déploie dans sa version plus femme fatale ou bling bling. (On parlera alors plutôt de Russian bimbo core.) Ici, on affectionne les fourrures épaisses, les photos prises dans la neige de la toundra où galopent des chevaux (blancs) devant des lacs où s'ébattent des cygnes. En option : des bouteilles de vodka et des intérieurs chargés d'églises orthodoxes russes.

Clowncore, indice de déglingue : 10/10

C'est une manière de dire non à la morosité ambiante qui s'inscrit dans la veine du dopamine dressing, ces looks ultra-colorés, gais et fantaisistes qui ont fait vibrer la Fashion Week new-yorkaise. Sauf que là, le Clowncore pousse les choses encore plus loin : visage peinturluré, perruques arc-en-ciel, paillettes, motifs improbables et losanges pétants, voilà les leitmotivs de la tendance. Rechercher les coupes élégantes et le minimalisme ? Ce n'est pas du tout le but : les traits sont lourds, hypertrophiés et outranciers comme chez Harley Quinn. La tendance Clowncore, c'est un peu la dernière née de notre passion du moche, plus vivante que jamais, qui entend passer à la moulinette notre conception du beau et du supposé bon goût...

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