Trois grosses bouches avec rouge à lèvres

Rentrée : les 8 tendances à connaître pour briller à la machine à café

© Clem Onojeghuo

Si vous n'avez rien à raconter à votre retour de vacances, vous pouvez toujours parler de lunchflation, de spine breakers ou de memoon.

Tedcore, pretty privilege, vegan bros... Ces néologismes qui racontent les tendances du moment.

Pretty privilege

Comme le privilège blanc, le pretty privilege (ou le privilège de la beauté) donne accès à « un coupe-file des normes sociales », selon l'expression d'Amélie Debaye, responsable secteurs beauté et luxe chez Kantar. Le principe ? Un physique jugé avantageux et correspondant aux standards du moment ouvre beaucoup de portes. En général, les personnes qui en bénéficient sont (surprise, surprise) : jeunes, blanches et minces. Qui l'eût cru ?

Vegan bros

Non, le veganisme n'est pas un régime de filles. Les vegan bros sont des hommes vegan qui affichent sans complexe leur amour des carottes crues et des courgettes sautées. Mieux encore : leur régime alimentaire est à leur yeux un atout pour entretenir leur forme physique et leur plastique minutieusement sculptée de longues heures passées à soulever des poids. Moins branchés biceps, les hegans (he + vegan) n'hésitent pas, quant à eux, à adopter un mode de vie plus relax que les vegan bros et à rappeler que, s'ils sont végétaliens, c'est aussi pour sauver les animaux et la planète.

Lunchflation

Le coût de préparation ou le prix à l'achat de nos lunch boxes, pauses café et autres poke bowls s'envolent aussi... Avec l'inflation, profiter de sa pause déjeuner est une activité de plus en onéreuse. En effet, les prix à la consommation ont augmenté de 5,2% au mois de mai dernier d'après l'Insee, et selon l'étude du cabinet NielsenIQ publiée dans 60 millions de consommateurs, les produits de grande consommation pourraient augmenter de 7% cet été... Bon appétit !

Memoon

Plutôt que d'attendre de passer devant le maire pour s'offrir deux semaines de vacances dans un cadre idyllique, certains célibataires décident dorénavant de profiter d'une lune de miel (honey moon) en tête à tête... avec eux-mêmes. C'est le cas de l'influenceuse Brittany Allyn qui a récemment démocratisé l'expression. Depuis une terrasse gorgée de soleil dans le sud de la France, elle explique à propos de sa memoon (me + moon) : « J’en ai eu assez d’attendre pour m’offrir le voyage de noces de mes rêves, alors j’ai décidé de partir en lune de miel en solo. J’attendais l’homme parfait pour aller dans des endroits de rêve, mais je veux vivre ma vie à mon rythme. » À une époque où de moins en moins de Z sont intéressés par le mariage, la memoon a certainement de beaux jours devant elle.

Spine Breakers

L'expression se traduit littéralement par « casseurs de colonne vertébrale ». Elle désigne ces enfants et adolescents qui pressurisent leurs parents pour se faire acheter vêtements, accessoires et gadgets à la mode, et ce alors qu'ils n'en ont pas les moyens. En Corée du Sud, une société gangrénée par le matérialisme, cela conduirait certains parents à se « casser le dos » et à s'épuiser au travail pour satisfaire une progéniture soucieuse de maintenir un statut social construit sur leur consommation. Popularisée par une chanson de 2014 du groupe de K-pop BTS, l'expression a fait son entrée dans le Urban Dictionary en 2017. Aujourd'hui, elle se fraye un chemin sur les réseaux sociaux où les spine breakers sont de plus en plus pointés du doigt.

Tedcore

Renoncer aux croyances limitantes, reprendre le contrôle sur votre narration, se libérer du passé pour se libérer de la peur... Si vous êtes adeptes d'ouvrages comme Atomic Habits ou Les quatre accords toltèques, ces formulations vous sont sans doute familières. Pour Steven Phillips-Horst du Guardian, ce type d'ouvrage de développement personnel « combine le vocabulaire réconfortant mais impénétrable de la thérapie moderne avec les grandes théories pseudoscientifiques sur le comportement humain. » Pour le journaliste, ces pseudo « philosophies feel good » ne servent qu'à « faire de nos anxiétés nos identités. » À tel point que ce genre de livres aurait réussi à changer la manière dont nous vivons, parlons et réfléchissons. Bienvenue dans un monde Tedcore, où le développement personnel incite à se tourner vers soi avant de se tourner vers les autres.

Well working

Comme on ne supporte plus l'open space (trop bruyant, trop bondé) ni le télétravail (qui nous enferme dans la solitude), de nouveaux espaces haut de gamme fleurissent dans les grandes villes, mais plutôt dans le 8ème arrondissement de Paris. Au programme : cours de yoga aérien, salles de réunions cossues, déjeuners concoctés par une cheffe branchée, le tout dans un décor digne d'un hôtel de luxe au design soigneusement étudié. Dans le sillon de la Grande Démission, rien n'est trop beau pour essayer de remettre les employés au travail.

Text neck

Peau qui devient flasque, double menton disgracieux, rides qui s'accentue au niveau du cou... Il n'y a pas que le temps et la gravité qui sont à blâmer. Les quelques 3h30 passés en moyenne par jour sur nos téléphones, tête inclinée et menton rentré sont aussi en cause, comme l'explique dans L'Officiel la facialiste Jeanne Casimir : « Continuellement incliner la tête vers le bas provoque une réaction en chaîne. Toute la structure du cou se modifie : le platysma [ muscle peaucier du cou ] se stratifie, créant ces lignes horizontales sur le devant du cou ». Le text neck (littéralement le « cou du texto » ), encore une bonne raison d'enclencher notre digital detox.

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