Belle femme brune triste dans son bain

L'inflation impacte la santé physique et mentale des Français

© Naomi August

Anxiété, dépression, réduction du budget alimentation… La crise du pouvoir d’achat impacte physiquement et mentalement.

À l’occasion de l’application de la disposition de la loi « pouvoir d’achat » , loi visant à limiter l'impact de l'inflation sur le budget des ménages, une enquête de l’IFOP révèle que l’anxiété financière des Français, fruit de la dégradation de leur pouvoir d’achat, impacte fortement leur santé physique et mentale.

56 % des Français rencontrent des difficultés financières

Plus d’un Français sur deux admet rencontrer actuellement des difficultés à vivre avec les revenus de son foyer, une hausse significative par rapport à janvier 2023 (+ 7 %). Une proportion qui grimpe à 65 % chez les Français gagnants (individuellement) moins de 2 000 euros nets par mois, soit le seuil de revenu fixé pour toucher l’indemnité inflation jusqu’en février 2022. Des difficultés qui obligent la majorité des Français à se serrer la ceinture. Au cours des 12 derniers mois, 58 % d'entre eux ont réduit leurs dépenses alimentaires et 51 % sautent régulièrement ou occasionnellement des repas (+ 7 points depuis juin 2022). Des difficultés financières qui transparaissent également dans le nombre croissant de Français n'arrivant pas à payer les charges liées à leur logement. Ainsi, 34 % des Français interrogés ont indiqué ne pas pouvoir payer à temps loyer ou factures (électricité, gaz, eau…), soit une proportion en hausse de 5 points en dix-huit mois (29 % en octobre 2021). Au 10 du mois, après le prélèvement de la plupart de ces dépenses incompressibles sur les comptes bancaires, 31 % des Français déclarent conserver généralement moins de 100 euros, et 10 % indiquent être à découvert.

La crise du pouvoir d’achat altère la santé mentale

Après l'alimentation, ce sont les dépenses relatives au bien-être et à l'apparence physique qui sont rognées en priorité. Ainsi, le type de contrat que les Français résilieraient en premier s’ils le pouvaient serait leur abonnement à une salle de sport (40 %). De même, une proportion croissante de Français admet avoir renoncé à aller chez le coiffeur (69 %, + 3 points depuis juin 2022) ou à certains soins médicaux (50%, + 6 points depuis juin 2022) par manque d’argent. Enfin, le nombre de Français ayant reporté certaines dépenses de santé ces 12 derniers mois est certes minoritaire, mais presque deux fois plus élevé aujourd’hui (41 %) qu’il y a une quinzaine d’années (25 % en 2007).

Plus inquiétant, l'enquête établit un lien entre insécurité financière et détresse psychologique. Les Français disposant de moins de 100 euros le 10 du mois sont les plus concernés : 47 % d'entre eux déclarent avoir des pensées suicidaires. « Il est évident que les restrictions de niveau de vie imposées par cette crise du pouvoir d’achat agissent fortement sur la santé mentale des plus vulnérables, sans doute parce que l’incapacité à accéder à certains standards de consommation génère un sentiment de déclassement qui contribue à dégrader l’image que les personnes se font d’elles-mêmes. Certes, ces troubles psychologiques sont souvent d’origine multifactorielle mais on ne peut que constater que les plus fragiles financièrement affichent des niveaux de détresse largement supérieurs à la moyenne. Confirmant la "forte différenciation sociale du risque suicidaire" observée dans le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide, les résultats de cette enquête ont donc le mérite de mettre en exergue le lien entre précarité et détresse psychologique (ex : troubles du sommeil, anxiété, dépression…) dans un contexte où l’inflation oblige de plus en plus de monde à se serrer la ceinture au sens propre comme au sens figuré », explique François Kraus, Directeur du pôle Politique/Actualite de l’FOP.

L’action du gouvernement jugée sévèrement

Dans ce contexte, 73 % des Français interrogés estiment que le gouvernement Borne n’en fait pas assez pour lutter contre la hausse des prix. En outre, l'enquête montre que son action n’est pas toujours bien identifiée. Ainsi, la loi « résiliation en 3 clics » (qui va obliger les entreprises à faciliter la résiliation d’un abonnement à un service) est connue par moins d’un Français sur deux (43 %). Parmi ceux qui connaissent la mesure, 37 % envisagent de résilier l'un de leurs abonnements dès son entrée en application en juin 2023.

Méthodologie : étude Ifop pour MonPetitForfait réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 5 au 9 mai 2023 auprès d’un échantillon de 1 525 personnes.

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Peggy Baron

Chaque jour je m'installe à la terrasse de l'actu et je regarde le monde en effervescence. J'écris aussi bien sur les cafards cyborg que sur le monde du travail, sans oublier les tendances conso.
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