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Affaire Molly Russel : Instagram et Pinterest jugés responsables du suicide de l’adolescente

© Captures écran de pins "déprime" sur Pinterest

Une première dans l’histoire de la justice. L’enquête consacrée au suicide d’une adolescente britannique pointe du doigt les effets néfastes des réseaux sociaux sur sa santé mentale. 

Images glorifiant la dépression au point de la rendre esthétique, conseils pour se tuer efficacement ou s’infliger des scarifications… Ce type de contenus a largement défilé dans le fil d’actualité Instagram (déjà mis en cause dans ce genre d'histoires) et Pinterest de la petite britannique Molly Russel. Souffrant de dépression, l’adolescente s’est nourrie de ces messages l’incitant à rester isolée ou à se faire du mal jusqu’à son suicide en novembre 2017. Cinq ans plus tard, l’enquête censée déterminer les causes de la mort de la jeune fille pointe du doigt les algorithmes d’Instagram et de Pinterest. Plutôt que de qualifier sa mort de suicide, le coroner en charge de l’enquête a préféré inscrire  « acte de mutilation » lié à « une dépression et des effets négatifs de contenus vus sur Internet »  ; une première dans l’histoire de la justice.

Une bulle de mal-être

Six mois avant son décès, Molly Russel, jeune britannique de 14 ans a pu visionner, sauvegarder et partager plus de 2 000 textes, images et vidéos au sujet de la dépression sur un total de 16 300 posts. D’après le coroner, les contenus qui défilaient sur l’écran de Molly n'auraient « jamais dû être accessibles à une enfant » . Pourtant, cette dernière recevait même des mails l’incitant à aller voir « 10 posts que tu pourrais aimer » l’amenant vers des contenus toujours plus perturbants. Interrogée sous serment durant le compte rendu de l’investigation, Elizabeth Lagone, responsable des sujets santé et bien-être chez Meta, a déclaré que ce type de contenus lui paraissaient « safe » pour des enfants, dans la mesure où son entreprise devait assurer à ses utilisateurs la possibilité de s’exprimer librement.

« Les 5 meilleures façons de se suicider »

Malgré les excuses ou les promesses d’améliorations, les réseaux sociaux sont toujours en retard dans la lutte contre les contenus faisant promotion de la dépression et du suicide. Sur TikTok, par exemple, le Labello challenge avait fait couler beaucoup d’encre en mai dernier. Dans ces vidéos, les adolescentes étaient encouragées à appliquer sur leurs lèvres l’intégralité d’un stick Labello avant de mettre fin à leurs jours. Il existe aussi pléthore de vidéos expliquant comment s’autodiagnostiquer une dépression en énumérant des signes relativement vagues comme la perte d’énergie ou le fait de regarder son portable dès le lever. Si certains contenus sont là pour encourager à chercher de l’aide (on en trouve beaucoup quand on tape les mots-clés « suic*de » par exemple), la plupart n’ont pour objectif que d’inciter au « follow », et à engranger du clic sans apporter de solutions ou de réponses concrètes.

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