Tirelire rose qui explose

Étude : 1 employé sur 2 déclare que son salaire ne lui permet plus de faire face au coût de la vie

© Dovis

Les factures d'énergie augmentent, les caddies de course se vident, les pleins d'essence se font rares. Et les salaires ? Ils chutent...

Selon l'OIT (Organisation internationale du Travail), la crise inflationniste combinée au ralentissement de la croissance économique entraînerait une chute notable des salaires réels. Une situation qui affecte directement les ménages Français. Dans ce contexte, une nouvelle étude de Glassdoor*, révèle qu’un salarié français sur deux n’arrive plus à faire face au coût de la vie et requiert davantage de soutien de la part de son employeur.

Une situation anxiogène pour de nombreux salariés

Selon les derniers chiffres de l’Insee, les Français subissent une inflation estimée en octobre à +6,2% sur un an. Sans surprise, la crise affecte directement leur portefeuille et leur moral. Ainsi, 54 % des salariés interrogés déclarent que leur salaire actuel ne leur permet plus de faire face à la hausse du coût de la vie et 76 % disent se préoccuper davantage qu’il a six mois de pouvoir faire face au coût de la vie. Pour 37 % d'entre eux, les craintes vis-à-vis de l’inflation ont un impact sur leur productivité au travail.

De nouvelles attentes à l’égard de leur employeur

Une inquiétude qui impacte directement le niveau d’engagement et les attentes vis-à-vis des employeurs. L'étude relève ainsi que 77 % des salariés souhaiteraient que leur employeur les aide à faire face à la hausse du coût de la vie, et 68 % seraient davantage enclins à rester chez leur employeur si ce dernier prenait des initiatives. Plus inquiétant, 43 % envisagent de chercher un second emploi pour augmenter leurs revenus pour maintenir leur niveau de vie. Une situation qui rebat les cartes tant pour les employés que pour les employeurs : « D’une part, les salariés ressentent la pression de rechercher un poste plus rémunérateur ou, lorsque cela est possible, de demander des compensations à leur employeur pour pallier l’écart de dépenses. D’autre part, les employeurs sont appelés à fournir davantage d’incentives financières pour garder leurs employés en poste. Néanmoins, toutes les entreprises ne sont pas en mesure de revaloriser les salaires, ce qui continuera certainement à créer des tensions sur un marché du travail déjà en forte mutation depuis la pandémie », déclare Lauren Thomas, économiste France chez Glassdoor.

Les aides les plus plébiscitées par les employés

Interrogés sur les différentes initiatives espérées, 88 % des employés seraient favorables à une augmentation permanente de leur salaire, et 81 % à recevoir des tickets-restaurants ou les voir augmenter s’ils en bénéficient déjà. En outre, 82 % apprécieraient de recevoir une prime exceptionnelle pour couvrir les dépenses supplémentaires.

L'étude révèle également que plus de trois quart des salariés (77 %) sont favorables à une prise en charge de certains frais par leur employeur (téléphone, wifi, indemnités kilométriques...) mais aussi à la prise en charge de leurs frais médicaux ou à une part plus importante de leur mutuelle d’entreprise (75 %). Enfin, 60 % apprécieraient de recevoir des chèques CESU, qui aident notamment à payer les charges liées au ménage, soutien scolaire ou à la garde d’enfant.

À noter : 58 % des sondés déclarent qu’ils apprécieraient une plus grande transparence des salaires dans l’entreprise où ils travaillent.

Les initiatives déjà prises par certains employeurs

Interrogés sur les initiatives prises par leur employeur pour pallier la hausse du coût de la vie, 26 % indiquent avoir perçu une prime ponctuelle et 22 % bénéficié d’une augmentation de salaire. Néanmoins, 41 % des sondés déclarent qu’aucune forme de compensation ne leur a été offerte. En outre, 15 % se sont vus proposer des avantages en nature tels que des chèques-restaurants ou chèques cadeaux.

Mais à qui incombe la responsabilité principale d’apporter une solution à la hausse du coût de la vie ? Pour 65 % des Français interrogés elle revient au gouvernement, pour 26 % à l’employeur. Seuls 4 % estiment que cette responsabilité revient à l’employé.


*Enquête auprès de 1000 adultes français âgés de 18 ans et plus occupant un emploi à temps plein entre le 3 et le 11 novembre 2022

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