Capture écran de la série Netflix Emiliy in Paris

La Parisienne : cette figure que les réseaux adorent (et adorent détester)

© Emily in Paris via Netflix

À l'occasion de la sortie de la saison 2 d'Emily in Paris, on fait le point sur « la Parisienne. » Des marques aux réseaux en passant par les films et séries, la Parisienne en boyfriend jean et stilettos est partout, surtout sur Instagram. Mais aujourd'hui, elle est aussi parodiée sur TikTok...

Alors qui est la Parisienne, cette figure qui assure des vues sur les réseaux sociaux ? Indice : on la reconnaît à son goût pour les fleurs fraîches et les citations littéraires, à sa silhouette chic et ses cheveux ébouriffés (mais pas trop), et à ses sempiternelles promenades, croissant en main, dans Saint-Germain-des-Prés.

« La Parisienne », entre représentation sublimée et bon filon marketing

Dans sa vidéo très synthétique intitulée « L’épidémie de la "French Girl" : romantiser Paris pour des vues » , la youtubeuse de la chaîne Produit Internet résume avec finesse le problème autour de cette figure aspirationnelle et fantasmée.

Au fil des années, celle qui s'est imposée comme archétype à succès, hantant les réseaux sociaux et récoltant les likes à la pelle, a romantisé à l'excès un Paris de fiction et commodifié la culture à son avantage. Et surtout, elle a consolidé un cahier des charges bien précis, pas vraiment inclusif...

Portrait robot de La Parisienne

La parisienne est en général une femme jeune au look naturel et « effortless » . Elle mixe les pièces « classiques » et « intemporelles » dont s'inspire la mouvance #lookingexpensive (avoir l'air riche). Pour laisser transparaitre la fraicheur de sa peau parfaite, elle porte peu de maquillage, et comme le rappelle Produit Internet, « se revendique écolo, romantique et spontanée. »

Entre deux expos et excursions sur une Riviera très cottage core, elle garde la ligne en cavalant toute la journée dans un Paris transformé en musée. Invariablement issue d'un milieu bourgeois, elle se veut artiste et intello, embrassant une carrière de mannequin et / ou de photographe. (Point bonus si elle a déjà défilé pour son ami Jacquemus.) Sa photo fétiche sur Insta : un expresso, un croissant et la première édition d'un roman aux pages jaunies et écornées, savamment disposés à la table d'un bistrot, le tout accompagné d'une citation tirée d'un film de la Nouvelle Vague. Avec son « je ne sais quoi », souligne la youtubeuse, elle est « reconnue à l’international comme la quintessence de l'esprit parisien. » (Pensez it girls, pensez Jeanne Damas, Sabina Socol ou Camille Razat, la nouvelle génération des icônes sixties).

Les internets se rebiffent

La formule n'est pas nouvelle. En 2014, L'Obs décortiquait déjà la recette et quelques années plus tard Slate titrait avec fracas Il est temps d'en finir avec le mythe de la Parisienne. « Mon Paris à moi, celui que je côtoie depuis 28 ans, c’est aussi le Paris de femmes pluriethniques, de femmes trop maquillées, de femmes qui portent encore des épaulettes, de femmes qui puent Angel de Thierry Mugler, de femmes avec des permanentes ratées, de femmes qui ne sont pas forcément jolies et minces et de femmes qui se foutent d’avoir du Chanel dans leur placard. Bref, des femmes qui ne rentrent pas dans les cases étroites d’un stéréotype vendeur », écrivait alors Nathalie Dépret.

Bref, tout le monde sature de la figure. Et pendant ce temps-là sur TikTok, des vidéos satiriques dévoilent l'autre visage de la capitale et parodient joyeusement la Parisienne.

La Parisienne se porte bien, merci pour elle

Malgré tout, la Parisienne continue de faire vendre. Des dizaines d'influenceuses se lancent sur le créneau et les marques exploitent plus que jamais l'esthétique.

Conspuée par la terre entière, la série Emily in Paris sort tout de même une deuxième saison qui se déroulera entre le sud de la France et la capitale, tout comme la quatrième saison de You. (Dans le dernier épisode de la saison 3, le personnage principal déambule dans la rue d'un Montmartre très 1950 d'où on aperçoit aussi un bout de tour Eiffel...)

Et sur TikTok, on ne se cantonne pas qu'aux moqueries. Sous le #messyfrenchgirl (29,3 millions de vues) ou #paris (21 milliards de vues), les vidéos exultant l'esthétique de la Parisienne, entre miroirs dorés, moues boudeuses et dentelles fines, attirent toujours autant le chaland...

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