Le mariage, non merci

Mariage et génération Z : non merci, c'est trop cher

© Muneer ahmed

On avait accusé les millennials de détruire l'industrie du mariage en renonçant aux célébrations fastueuses. Et bien la génération Z est encore moins encline que la précédente à se passer la bague au doigt. À ses yeux, brûler toutes ses économies en une journée n'aurait plus aucun sens.

Pourquoi la génération Z n'a plus envie de se marier ? Plusieurs explications, dont la peur d'un futur incertain et l'envie d'allouer son argent à d'autres dépenses. Au hasard : louer un deux pièces, partir en voyage.

Le mariage, ce reliquat du passé

D'après les données du centre Pew Research, l'importance donnée au mariage dans la société américaine n'a cessé de décliner depuis 1960. De l'autre côté de l'Atlantique, les millennials sont 10 à 20 % moins susceptibles de s'être mariés dans la vingtaine que leurs parents, et l'âge médian du premier mariage est désormais le plus élevé jamais enregistré : 29 ans pour les hommes, 27 ans pour les femmes. Et la tendance ne ferait que s’accélérer... En France, l'Insee notait en 2019 que le taux de mariage était « historiquement faible. » En Chine également, l’officialisation des unions chez les plus jeunes connaît selon The Guardian un net recul, au grand dam des familles circonspectes et d'autorités inquiètes quant au ralentissement de la croissance démographique.

Échaudés par la crise sanitaire et les difficultés économiques qu'ils voient venir grosses comme des camions, les Z renoncent à passer devant le maire. Pour Julie Arbit, interrogée par la BBC, le phénomène serait notamment imputable au fait que les Z sont moins enclins que les générations précédentes à chercher le bonheur « en dehors d'eux-mêmes. » Pour Stewart Chau, co-auteur de La Fracture, il faut aussi compter avec « une incertitude et un doute quant à la capacité de l'État-Providence à protéger les plus vulnérables », incertitude qui refroidirait les ardeurs financières des plus téméraires.

Au grand mariage boho-chic mis en scène sur Instagram par quelques millennials parisiens en chino et nœuds papillon, les Z privilégient la stabilité financière, un horizon qui leur semble inatteignable, entre chômage structurel et stagnation des salaires. Plutôt que dans la dentelle et le champagne, c'est donc dans leur livret A que les Z seraient tentés d'investir.

Dire non, le slogan de 2022 ?

Pas étonnant que le mariage soit en berne. Cette institution qui vous invite à dire « oui » n'est pas dans l'air du temps. Si en 2021 on avait appris du bout des lèvres à dire non, en 2022, on en ferait carrément son slogan.

C'est en tout cas ce qu'avance Screenshot, pour qui faire de soi sa priorité serait l'aboutissement de l'année. À quoi dit-on « non », alors ? Au mariage donc, sauf peut-être si c'est avec son meilleur pote. À l'alcool apparemment, car en 2022, on date à sec. Au sexe aussi : les Z ont la flemme, et privilégieraient la qualité à la quantité, à tel point que l'on parle dorénavant de sex recession.

Mais surtout, on dit non au travail. Sur reddit, on veut l'abolir, au même titre que le capitalisme. Sur TikTok, on le moque sous le #corporatetiktok. Sur YouTube, on le questionne, affirmant tranquillement que non, on a pas de « dream job ».

Vivre mieux avec moins de ressources semble être une formule qui séduit de plus en plus. Alors ne pas se marier pour ne plus travailler ? Peut-être bien.

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