Sur fond gris, plein d'hommes et de femmes en train de regarder leur téléphone

Addiction(s) : pourra-t-on échapper au mal de la décennie ?

© Cottonbro via Pexels

Alerte rouge : notre interminable année sous confinement a eu pour conséquence une nette explosion des pratiques addictives en France. Comment peut-on sortir de là ? Par Philippe Nassif.

C’est que du shopping online aux paris sportifs, de l’alcool au cannabis, des jeux vidéo aux sites porno, et du « workaholisme » à la boulimie, les occasions ne manquent pas de s’intoxiquer pour éponger son mal-être. Comment en est-on arrivés là ? Et surtout : y a-t-il une issue à la société addictogène ?

#1 Mental lockdown

Vous ne trouvez pas que vous avez tendance à débloquer un peu ces derniers temps ? Je veux parler de ce deuxième, voire troisième, verre de whisky que vous avez pris chaque soir l’habitude de vous servir pour embrumer vos pensées, ou de cette frénésie de fashion shopping en ligne qui se solde systématiquement par un léger écœurement quand vient le moment de l’unboxing, de ces interminables recherches sur le Web destinées à « débunker » le complot Pfizer / Macron, de votre addiction sans limites aux shoots de vidéos TikTok, de cette obsession des paris sportifs qui vous a déjà coûté un salaire, ou bien de ce gros joint d’herbe qui vous appelle dès 17 heures et que vous têterez voracement à peine retrouvé votre sofa, ou alors de ces 12 kilos que vous avez pris depuis mars 2020, oui mais c’est tellement bon de manger y a que ça qui vous calme, de ces trois heures non-stop de jeux vidéo parce que vous n’avez envie de rien faire d’autre, ou encore de ces amis que vous ne voyez plus depuis que vous enchaînez deux heures quotidiennes de sport, de ces soirées et weekends que vous avez abolis au profit de votre seul job, de ce Tinder que vous « checkez » nerveusement toutes les cinq minutes, ou, bien sûr, de ces épisodes de séries que vous « bingez » jusqu’à ce que sommeil sans rêve s’en suive et dont vous avez du mal à vous rappeler le surlendemain. Cela vous revient maintenant ?

À l’évidence, vous n’êtes pas seul. Les médecins, les associations, les travailleurs sociaux, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies sont unanimes : les addictions ont explosé en France depuis le premier confinement, et elles prennent toutes sortes de formes, de couleurs et d’intensité. Pour beaucoup, les plaisirs que l’on s’autorisait épisodiquement sont devenus une obsession quotidienne qui creuse comme un trou opaque dans leur emploi du temps. Un ami, ainsi, me confiait : « Avant la crise du Covid, je croyais que je buvais parce que j’aimais sortir, mais aujourd’hui je me rends compte que je sors pour pouvoir boire. »

L’épisode du never-ending lockdown a fait tomber pas mal d’illusions : on se voyait comme un player plutôt sain au grand jeu de la compétition néolibérale, et on se retrouve à éponger son stress par des comportements addictifs qui tendent à remplacer la vie avec les autres par… eh bien pas grand-chose, en fait. Juste un petit vide qui se creuse en nous – et autour de nous – au profit de notre came favorite. Alors, affligés par notre sentiment de vacuité, nous revient le glaçant constat formulé par le junky repenti, et génial écrivain américain, William Burroughs. Constat que vous feriez mieux de relire quand vous prend l’envie d’aller zoner sur la page d’accueil de Netflix, en quête d’un nouveau shoot de narration speedée trop sympa mais un peu bidon quand même : « La came est le produit idéal, la marchandise par excellence... Nul besoin de boniment pour séduire l’acheteur ; il est prêt à traverser un égout en rampant sur les genoux pour mendier la possibilité d’en acheter. Le trafiquant ne vend pas son produit au consommateur, il vend le consommateur à son produit. Il n’essaie pas d’améliorer ou de simplifier sa marchandise : il amoindrit et simplifie le client. »  Ça vous parle ? C’est qu’ici comme ailleurs, la crise du Covid n’a rien inventé. Elle a juste intensifié, démocratisé une tendance qui rongeait déjà l’esprit du temps : bienvenue dans « la société addictogène » – l’expression est du psychologue clinicien Jean-Pierre Couteron. Et la question qui suit est alors : Comment en sommes-nous arrivés là ?

#2 L’irrésistible ascension de la dopamine

Impossible désormais, lorsqu’il s’agit d’examiner les raisons de l’addiction, de faire l’impasse sur la star de nos neurotransmetteurs : la dopamine. Elle est connue pour activer dans notre cerveau le « circuit de la récompense » : la dopamine jaillit de l'aire tegmentale ventrale pour atterrir dans notre noyau accumbens qu’elle irise d’un splash d’euphorie. En 1952, des rats, à qui les chercheurs Olds et Milner avaient planté des électrodes dans le crâne, préféraient se laisser mourir de faim pour une décharge de plus de dopamine à l’état brut. La dopamine est ambivalente, bien sûr. Parce qu’elle vous promet le plaisir, elle est à la fois la molécule responsable de la motivation et de l’addiction. Elle nous jette au-dehors : favorise la coopération, stimule notre désir d’exploration, nous permet d’apprendre de nos expériences et de nous habituer à la nouveauté. Et sans doute notre histoire est-elle celle d’une irrésistible ascension de la dopamine dans notre cerveau – comme le défend le psychologue américain Fred H. Previc dans son passionnant The Dopaminergic Mind in Human Evolution and History. Parce que la dopamine pousse à la conquête, à la prise de risque et à la domination, ceux qui parmi nos ancêtres en étaient bien dotés ont bénéficié d’un net avantage évolutif. Et parce qu’elle est une réponse aux situations de stress, lorsqu’il s’agit de s’adapter au désordre ambiant, elle a été crescendo dans l’esprit des hommes depuis l’invention des premières villes en 6000 avant notre ère, jusqu’aux crises financières, sanitaires ou écologiques globales qui nous percutent aujourd’hui. 

De fait, un comportement addictif – c’est-à-dire hyperdopaminergique – commence comme une expérience réussie de protection face au chaos anxiogène qui envahit l’existence : qu’il s’agisse d’un joint, d’un achat compulsif ou d’un jeu vidéo, on est dans le flow, on se coupe d’une réalité insupportable, on prend soin de son mal. La came est diabolique en ce qu’elle commence par vous faire du bien avant, une fois l’habitude installée, de se mettre à vous ronger : à vous élaguer de parties de vous-même, comme le remarque Burroughs.

Plus gênantes encore sont les observations cliniques et neuroscientifiques qui tendent à montrer que le système limbique – où se trouve l’étape finale du circuit de la récompense – joue un rôle majeur dans la formation des liens entre la mère, l’enfant et la famille élargie. Les enfants qui souffrent d’un manque d’attention répondent par un détachement émotionnel et une libération accrue de dopamine. Ils ont tendance à moins réagir aux sollicitations d’adultes inconnus qu’aux stimuli venus de leurs nouveaux jouets. Les circuits neuronaux se réorganisent pour devenir plus réactifs à la source de la récompense, et ils élaguent les synapses liées à l’attention élargie. Ainsi, la mécanique dopaminergique qui répond à l’absence de lien social « se révèle très adaptative et nous permet de vivre des périodes d’instabilité anxiogène », écrivent les auteurs du chapitre « La désintoxication planétaire » de l’indispensable ouvrage Bifurquer dirigé par le philosophe Bernard Stiegler. Mais elle est également liée « à une sensibilité accrue aux psychostimulants tels que la cocaïne, et peut entraîner une vulnérabilité accrue à la toxicomanie. »

Et sans doute est-ce une version soft de ce pervers processus d’adaptation que nous avons vécue lors de nos sessions de confinement : un sentiment trop aigu de séparation par lequel nous avons régressé au stade infantile. Là où l’absence flippante de point d’ancrage familial provoque la création d’habitudes neuro excitantes. Quitte à ce que nos seuils dopaminergiques de base se trouvent inconfortablement relevés une fois la vie normale reprise.

#3 Natural born junky 

La dopamine joue donc un rôle étonnamment duplice : elle permet à la fois l’amour des autres et l’addiction aux substances. Nous prenons alors conscience d’une vérité troublante et que nous préférerions ignorer : l’être humain est un natural born junky. À la différence des autres animaux, l’homme est un « néant », disait Jean-Paul Sartre. Ou pourrions-nous dire plus sobrement « un animal à moitié vide » qui doit toujours trouver à se compléter. Un être qui, parce qu’il est frappé par un défaut d’origine, est toujours en évolution, réinvention, bifurcation. Et qui ne vit qu’à absorber des fragments du monde extérieur pour transformer son monde intérieur. Ou plus simplement dit : qui ne vit qu’à s’intoxiquer.

Car ce lien par lequel nous absorbons et nous transformons est précisément une relation d’addiction. Nous sommes dépendants des êtres et des choses que nous aimons, ils nous obsèdent, c’est joie de les retrouver et peine de s’en séparer. Avant d’être accro à l’héroïne, Keith Richards était addict à sa guitare. Il ne pouvait s’en passer. Et à force de fréquentation ardente, de répétition laborieuse, il est parvenu à jouer avec elle de manière virtuose et singulière : comme un prolongement naturel de lui-même. Et cela marche aussi bien pour le comptable qui connaît et affectionne toutes les subtilités du double bilan, pour l’étudiant en philosophie passionné par un grand penseur et qui saoule un peu ses amis à ne parler que de lui, ou pour le jardinier qui veille méticuleusement sur les roses qu’il vient de bouturer. Tous transforment et sont transformés par l’objet de leur addiction. Ainsi, « l’amour est la forme la plus élevée de l’addiction », écrivait Bernard Stiegler. Et il disait parfois : « Je suis addict à la femme que j’aime. Je suis en manque quand nous sommes trop longtemps séparés. » Manière de dire que, parce qu’il l’avait « dans la peau », elle faisait de lui un homme meilleur.

Rien de plus inhumain, donc, que quelqu’un qui ne s’intoxiquerait à rien. Claquemuré dans les limites de sa petite raison, rigide, ennui mortel. Il a oublié que la vie ne gagne en saveur qu'en sachant choisir ses bonnes cames. Qu’il y a la dopamine qui vous encage en vous-même – comfortably numb, disait Pink Floyd. Mais aussi la dopamine qui vous projette vers les choses belles que le monde a à nous offrir.

Et là est le grand souci : la frontière est parfois floue entre l’addiction par laquelle votre être mûrit et l’addiction qui vous pourrit la vie. Entre les bonnes pratiques et les mauvaises habitudes. Entre ce qui nous relie aux autres et ce qui nous fixe sur une substance. 

Pensons au workaholic que le travail ne comble plus mais dévore. Ou au mari jadis aimant qui, devenu maladivement jaloux, tyrannise sa femme. Où passe la frontière ? Disons : une bonne addiction, parce qu’elle cultive le désir, prend soin de son objet. Une mauvaise addiction, parce qu’elle libère la pulsion, détruit son objet. Il y a le gourmet qui cuisine, partage et savoure. Et le glouton qui « ubereats », s’isole et dévore. Là est le grand critère : est-ce que mon addiction me soigne, me socialise et me pousse à sublimer ? Ou bien est-ce que je m’y abîme jusqu’à mettre en danger les gens que j’aime, le travail que j’exerce et l’estime que j’ai de moi-même ? Le capitalisme numérique a visiblement une idée bien arrêtée à ce sujet.

#4 Tous addicts au capitalisme

Nous sommes des natural born junkies, mais nous évoluons dans une atmosphère culturelle, sociale, technologique qui nous pousse à nous droguer mal. À en croire notre situation post-confinement, nous sommes sous l’emprise de trafiquants qui ne vendent pas leurs produits aux consommateurs, mais les consommateurs à leurs produits. Je veux parler des plateformes numériques. De la même façon que l’herbe que l’on consomme aujourd’hui est 10 fois plus dosée en THC que celle que fumait Bob Marley, et que l’industrie agroalimentaire à partir des années 1980 a surdosé nos aliments en sucre pour qu’on y revienne plus souvent, le capitalisme numérique a fait passer la prise de possession des esprits à son next level. La grinçante et hilarante série web documentaire Dopamine d’Arte le montre remarquablement bien : les réseaux dits « sociaux » prétendent nous mettre en relation les uns avec les autres, mais, nous emberlificotant dans leurs algorithmes, c’est pour mieux nous rendre addicts à leurs applis mêmes – leurs swipes, leurs likes, leurs ranking – et renforcer par là notre propre solitude.

Prenons un peu de hauteur : constater que le capitalisme court-circuite la pulsion, en détournant notre désir, en hackant le système dopaminergique, en fixant nos addictions sur des fétiches marchands dont nous ne pouvons prendre soin, c’est éclairer les raisons de notre torpeur face aux immenses enjeux écologiques. Nous sommes accros aux promesses, pourtant si fragiles, de bonheur par la consommation. Si, comme le remarque Slavoj Žižek, il est pour la plupart d’entre nous plus facile d’envisager la fin du monde que d’imaginer la fin du capitalisme, c’est que nous sommes littéralement addicts aux produits du capitalisme contemporain, à ses shoots marchands chamarrés et toujours recommencés. Et c’est un problème majeur que nous aurons à affronter. Pour le dire avec le célèbre inventeur de l’hypothèse Gaïa, le chimiste et climatologue James Lovelock, « en tant que civilisation, nous ressemblons trop à un toxicomane addict à une drogue qui le tuera s’il continue et qui le tuera si elle lui est soudainement retirée ». Quel dispositif d’existence serons-nous capables d’inventer pour entrer en « réhab » de masse ?

#5 Pour une écologie de l’esprit 

Notre organisation capitaliste use d’une stratégie retorse. D’un côté, elle tend à fixer notre attention sur les électriques promesses de la marchandise au détriment des patientes sublimations de la culture. Mais de l’autre, elle escamote les critiques contre cette mécanique générale en favorisant le discours libéral de la force infinie de la volonté : « Si tu veux, tu peux. » L’addiction, entend-on, n’a rien à voir avec l’environnement – ces brutales publicités pour les nouveaux paris en ligne, par exemple –, mais trahit seulement un manque de volonté personnelle. Alors, il est sûr que l’effort, la discipline, l’attention à soi peuvent beaucoup. Mais il est également évident qu’ils ne peuvent pas tout. Pour une raison simple : la mauvaise addiction est rétive au discours de la volonté. 

D’abord, parce que la drogue rabote l’estime de soi. La force de votre motivation à agir contre elle en est affaiblie. Ensuite, parce que la came est une protection contre le stress – par exemple l’insécurité psychologique d’un marché du travail en disruption permanente. Elle se rappelle donc à vous d’une manière à laquelle il s’avère difficile de résister. Enfin parce que, comme aurait pu le dire Spinoza, une addiction ne peut être réprimée par un appel à la raison, mais seulement par une addiction contraire, et plus forte.

Comment passe-t-on alors de l’addiction qui nous empoisonne à une addiction qui nous soigne ?

La première étape a déjà commencé : il s’agit d’en parler. De fait, il suffit de tendre l’oreille pour constater que la pop culture désormais ne parle que de ça – avec, dans le rôle des junkies, les zombies. C’est ce que nous montre l’admirable essai du jeune psychiatre Jean-Victor Blanc : Addicts. Pédagogique, pop érudit et cliniquement informé, ce manuel de survie au temps de la société addictogène, est rythmé par une profusion d’exemples tirés de séries, de chansons, de confidences de célébrités. Qui « adressent » (oui, j’ai le droit, je le trouve pratique, joli et très légitime, ce nouvel import américain), qui adressent, donc, l’entier spectre des addictions contemporaines : l’alcoolisme mondain selon Emily in Paris, le mésusage des écrans selon une Paris Hilton repentie, la dialectique de la boulimie et de l’anorexie selon Kate Moss ou Janet Jackson… On comprend en le lisant que la question de l’addiction ne va pas tarder à percuter la conversation mainstream.

L’étape d’après, ça devient autrement plus compliqué. Disons que les solutions seront inspirées, de près ou de loin, par les dispositifs thérapeutiques « designés » par les Alcooliques Anonymes : des drogués qui s’entraînent à se désintoxiquer les uns les autres par les vertus du cercle amical. La parole, l’attention et les rituels partagés. Le « parrain » qui vous soutient. Car c’est bien sûr par la relation authentique à l’autre que l’on soutient son effort pour réorienter son désir vers de « bonnes addictions » : l’amour des belles choses que le monde a à nous offrir.

Dans l’avant-dernier épisode de The Wire – que ceux qui savent tiennent pour la meilleure série du xxie siècle, so far –, le personnage dénommé Bubble, qui a passé cinq saisons à tenter de se sevrer du crack, parvient enfin à s’en libérer définitivement. Debout face au cercle des Narcotiques Anonymes, il confesse cette vérité conquise de haute lutte : « On peut vivre dans la peine… si on laisse de la place pour autre chose. » Il formule ainsi la pointe incandescente d’une éthique pour le temps présent : nous devrions toujours veiller à dégager une ouverture au cœur de notre douleur d’exister. Nous devrions toujours nous souvenir que s’il y a un vide en nous, ce n’est pas pour le boucher avec des substances, mais pour nous transformer au contact des bonnes résonances. À l’échelle de la société, ou, plus modestement, de nos territoires de vie, cela veut dire expérimenter de nouvelles techniques amicales – après tout, nos pulsions addictogènes sont le revers de nos solitudes contemporaines. Encourager de nouveaux dispositifs de soin de l’âme – à commencer par ceux qui nous éloignent des machines pour nous mêler à l’ici & maintenant. Une micropolitique de la désintoxication, en somme : une écologie de l’esprit.

Cette tribune de Philippe Nassif est parue dans le numéro 29 de la revue de L'ADN – à se procurer ici.

Pour aller plus loin :

Bernard Stiegler (dirigé par), Bifurquer, Éditions Les Liens Qui Libèrent, 2020

Jean-Victor Blanc, Addicts, Éditions Arkhê, 2021

Dopamine, Arte, 2019, web documentaire en sept mini-épisodes

L’Usage des drogues, France Culture, 2019, podcast en quatre épisodes

commentaires

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  1. camille dit :

    Très bon article, très bien documenté et intéressant, merci 🙂

  2. Angèle Roussouliere dit :

    Brillant ! Merci pour cette belle lecture.

  3. Anksunamoun dit :

    Un Excellent article ,un plaisir à lire et à relire

  4. Jérôme Cohen dit :

    Très juste, merci Philippe, cela me rassure...très bien retranscrit hélas.

  5. A. dit :

    Toujours extrêmement intéressant de vous lire , la mise en évidence de nos ambivalences , et l'équilibre dynamique qui en découle, donc toujours au coeur d'une attention vigilante ...

  6. Aymeric dit :

    Merci Philippe, Ici et maintenant et au delà …Bon voyage;

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