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© Tim Mossholder via Unsplash

Comment faire de la RSE en pleine crise sanitaire ?

Le 15 avr. 2020

La RSE, tout le monde en parlait. Mais ça c’était avant. Avant la crise, avant les inquiétudes, et avant les doutes des entreprises. Les initiatives des sociétés sauront-elles résister ?

À l’heure de la crise du Covid-19, les entreprises se posent de nombreuses questions – leur trésorerie est-elle suffisante ? Doivent-elles mettre leurs équipes au chômage ? Faut-il communiquer ? L’urgence entraîne des réactions rapides – voire, dans certains cas, précipitées. Or les actions RSE des boîtes se pensent sur le long terme. Ces deux temporalités sont-elles conciliables ?

Pendant la crise, les entreprises sociales s’en sortent mieux

Interrogé par Novethic, le directeur associé en charge de la Sustainability au Boston Consulting Group Francesco Bellino estime qu’au niveau opérationnel, « les entreprises qui portaient une forte attention au social (…) ont pu agir rapidement »… et surtout, faire les choses dans l’ordre.

Hiérarchiser les priorités

En termes de RSE pendant la crise, Novethic estime que le premier engagement à respecter de la part des entreprises se situe envers leurs équipes. Les sociétés qui auront privilégié les opportunités économiques au bien-être et à la protection des travailleurs et travailleuses subiront un retour de bâton. En tête de liste des mauvais élèves, on retrouve Amazon. Le géant du e-commerce a fait fi de la sécurité des personnes travaillant sur ses différents sites. Résultat : la firme vient de se faire épingler par la justice française.

Le second engagement est celui des marques envers la société au sens large. Il est ici fait référence à toutes les organisations qui ont mis leur force de production à disposition des produits et services nécessaires pour contrer les conséquences négatives de la crise. Production de gel hydroalcoolique pour les alcooliers, collaboration avec les hôpitaux pour Decathlon… les initiatives sont aussi nombreuses que les acteurs concernés sont variés.

Enfin, le troisième engagement repose sur le partage de la valeur. Certaines sociétés ont  choisi de maintenir le versement de dividendes à leurs actionnaires ou de ne pas payer leurs prestataires ; d’autres ont fait tout l’inverse et sont allées jusqu’à réduire les salaires des dirigeants. On peut aussi citer l’exemple de C’est qui le Patron ?! qui a choisi de partager ses gains avec les plus petites entreprises.

Et après ?

Pour la RSE comme pour le reste, les entreprises ne doivent pas ignorer « l’après-crise ». Comme le précisait un sondage Elan-Edelman sur les attentes des consommateurs et consommatrices en France, les marques construisent aujourd’hui ce qu’elles seront demain. « Dans le redémarrage, les questions sociales et de gouvernance seront tout aussi cruciales », note encore Francesco Bellino. « Ni l’urgence environnementale, ni les tendances de consommation durable, ni les pressions sociales et politiques ne disparaîtront. Plus encore que la performance, c’est la notion de résilience qui sera clé. »

Réagir dans l’urgence et préserver son économie, donc… tout en composant avec les ressources – humaines et naturelles – pour les préserver. Une équation à l’équilibre difficile que la crise permettra, peut-être, enfin, de résoudre.

Mélanie Roosen - Le 15 avr. 2020
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