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Un homme les bras ouverts devant une tour
© Razvan Chisu via Unsplash

Les ONG épinglent les entreprises qui pensent verser des dividendes à leurs actionnaires

Le 30 mars 2020

Dans une lettre ouverte à Bruno Le Maire, plusieurs ONG demandent au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour empêcher les entreprises de verser des dividendes en 2020.

« Alors qu’une partie des salariés touchent aujourd’hui seulement 84% de leurs salaires dans le cadre [du dispositif de chômage partiel], il serait incompréhensible que les entreprises qui en bénéficient continuent de verser des dividendes à leurs actionnaires. » C’est par ces mots que Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, interpelle le ministre de l’économie et des finances dans une lettre ouverte parue dans L’Obs.

Stop aux « recommandations » et autres « invitations »

L’association, qui se bat contre les inégalités, exhorte le gouvernement à plus de fermeté envers les entreprises. Aux côtés de l’Union syndicale Solidaires, Sherpa, les Amis de la Terre France, Greenpeace France, la CGT, Reclaim Finance, la Fédération syndicale unitaire et Attac France, les équipes soulignent des incitations trop timides envers les entreprises en cette période de crise. « Vous avez invité les entreprises à faire preuve de civisme et de modération quant aux versements de leurs dividendes. Dans cette crise sans précédent, où tout le monde est contraint à de grands sacrifices, est-ce vraiment juste, et surtout suffisant ? »

Pour les signataires, la réponse est claire : non, ce n’est pas suffisant – et c’est loin de l’être. « Nous attendons du gouvernement qu’au-delà des "recommandations" et autres "invitations", il prenne des décisions efficaces », réclament les signataires.

Les entreprises pas toutes solidaires

Pour les différentes ONG, toutes les entreprises ne sont pas aussi responsables les unes que les autres. « Certaines grandes entreprises ont d’ores et déjà pris les devants en annonçant qu’elles ne verseraient pas de dividendes en 2020. Mais certains grands groupes hésitent encore, voire ont annoncé qu’ils seraient maintenus. »

Les signataires estiment qu’en ces temps exceptionnels, l’État pourrait agir en prenant une ordonnance, autorisée dans le cadre de la loi Urgence Sanitaire – à l’instar de la Norvège et la Suède envers le secteur bancaire.

L’ambition de cette lettre ouverte est, en encadrant le montant des dividendes, d’affecter les moyens restants à la transition sociale et écologique.

« C’est une condition sine qua non pour permettre à  nos entreprises de résister aux prochaines crises et pour répondre aux deux grands défis qui sont déjà devant nous : celui des inégalités et celui du climat. »

 

Reste à voir si l’appel sera entendu.

Mélanie Roosen - Le 30 mars 2020
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