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Meta démantèle deux réseaux de désinformation menés par la Russie et la Chine

Meta annonce avoir neutralisé deux vastes « opérations de désinformation » menées par la Russie et la Chine. Leur objectif ? Influencer l'opinion sur la guerre en Ukraine et les élections américaines.

« Préférez-vous vivre confortablement avec Nord Stream et du gaz russe ou souffrir des sanctions et payer plus cher vos factures d'électricité ?  », interrogeait un sondage du quotidien allemand Bild. « En Russie, il fait beau et les gens sont heureux », avançait un reportage au sujet d'une famille allemande partie vivre en Sibérie pour cause de « ras-le-bol » de la propagande pro ukrainienne. Voici quelques-uns seulement des contenus diffusés par la Russie au cours d'une vaste opération de désinformation lancée en Europe. Aujourd'hui neutralisée par Meta, l'opération a toutefois eu l’opportunité de diffuser de nombreuses fake news.

Un réseau de désinformations russe tentaculaire

En août dernier, le think tank DFRLab (Laboratoire de recherche judiciaire numérique du Conseil de l'Atlantique) a découvert un petit réseau qui achetait des espaces publicitaires sur Facebook. Le but de ce réseau : promouvoir des publications sur la crise énergétique imminente en Allemagne et appeler à lever les sanctions sur les importations de gaz russe. Alertée par le groupe, Meta a démantelé dans la foulée un réseau de propagande qualifié de « tentaculaire ».

Composé de 29 comptes Instagram, 60 clones de sites de presse, et de 1 633 comptes, 703 pages et 1 groupe Facebook, le réseau russe ciblait principalement l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Ukraine et le Royaume-Uni. « Cela présentait une combinaison inhabituelle de sophistication et de force brute. Les sites Web usurpés et l'utilisation de nombreuses langues ont exigé des investissements à la fois techniques et linguistiques. L'amplification sur les réseaux sociaux, en revanche, reposait principalement sur des publicités brutes et de faux comptes », ont déclaré Ben Nimmo et David Agranovich de Meta.

© www.disinfo.eu

Le procédé était simple : un réseau de faux sites web (comprenant des clones du Guardian, Der Spiegel et Bild, de l'agence italienne ANSA, ou encore du site français 20 Minutes) publiait des articles dépeignant l'Ukraine comme un État corrompu, dirigé par des nazis. Les contenus critiquaient les sanctions contre la Russie et promouvaient les récits du Kremlin sur la guerre en Ukraine. Les articles étaient ensuite relayés via les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter) et des sites de pétitions comme Change.org ou Avaaz.com.

© https://medium.com/dfrlab

Selon Meta, les faussaires auraient dépensé plus de 100 000 dollars en publicité sur Facebook et Instagram, principalement en dollars américains et en euros. De son côté le DFRLab a également identifié des publicités achetées avec des forints hongrois.

© https://medium.com/dfrlab

Le géant des réseaux sociaux a indiqué que certains contenus avaient été amplifiés par les pages Facebook des ambassadeurs russes en Europe et en Asie à plusieurs reprises.

Le réseau de désinformation chinois fait flop

Qualifiée de « petit réseau » par Meta, une opération d'influence chinoise s'est aussi déroulée sur plusieurs plateformes sociales. Au travers de faux comptes conservateurs et libéraux, l'opération ciblait la politique intérieure américaine et les élections de mi-mandat de novembre 2022. Les faux comptes conservateurs abordaient des sujets tels que les armes à feu ou l’avortement, tandis que des comptes clones de membres politiques libéraux dénigraient les positions du parti républicain et certains politiciens. Une autre opération menée par le réseau chinois ciblait la politique étrangère de la Tchéquie envers la Chine et l'Ukraine.

Meta a indiqué avoir supprimé 81 comptes, 8 pages et un groupe sur Facebook, ainsi que deux comptes Instagram. Le rapport de la firme américaine précise que l'opération chinoise a été un flop. D'après les porte-parole : « seule la dernière campagne visant la République tchèque a connu un certain engagement, notamment la récolte de quelques centaines de signatures sur des plateformes nationales dédiées. »

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