Le premier ministre ukrainien Fedorov

Mykhailo Fedorov, ministre ukrainien de la transformation digitale, déclare mener la première « cyberguerre mondiale »

© P. Dubetskyi

Sans relâche, il interpelle les marques de la tech, dénonce leurs accointances avec la Russie, sollicite l'aide d'Elon Musk... Mykhailo Fedorov déclare ouverte la première « cyberguerre mondiale ».

Alors que la situation stratégique de l’Ukraine face à l’armée russe reste incertaine, le pays semble largement vainqueur sur le front « cyber » de cette guerre hybride. Depuis plusieurs semaines le ministre chargé de la transformation numérique, Mykhailo Fedorov, travaille activement à la mise en place d’un blocus économique et numérique autour de la Russie. Pour mener cette « première cyberguerre mondiale » comme il l’appelle, le ministre s’inspire des méthodes des Sleeping Giants, un collectif d’hacktivistes bien connu sur les réseaux. Il a expliqué sa méthode dans un article du Washington Post.

Interpeller publiquement les entreprises sur Twitter

Pour comprendre comment cette cyberguerre mondiale se déroule, il faut aller sur Twitter. Sur son compte suivi par plus de 275 000 abonnés, Mykhailo Fedorov interpelle inlassablement des grands groupes, des startups et des petites entreprises du monde entier, comme le président Zelensky a pu le faire avec des marques comme Nestlé. Il demande à celles qui sont impliquées de près ou de loin dans la guerre, même de manière indirecte, de ne plus collaborer avec les Russes.

Ces interpellations peuvent aussi viser des entreprises identifiées comme pouvant aider l’Ukraine à se financer ou s’approvisionner. Ce fut notamment le cas de PayPal qui a annoncé le 18 mars dernier qu’elle étendait ses activités en Ukraine pour permettre aux familles d’envoyer ou de recevoir de l’argent.

Ces demandes faites à des entreprises doublées d’une exposition publique sur les réseaux rappellent bien la méthode des Sleeping Giants qui ont pour modus operandi d’accoster publiquement les marques dont la publicité se retrouve dans des médias colportant de fausses informations ou des idées d'extrême droite.

Une armée de « volontaires IT »

Outre ces opérations publiques, Fedorov occupe aussi d’autres espaces numériques comme Telegram et Instagram sur lesquels il diffuse des images d’enfants ukrainiens blessés pour susciter la sympathie. Ses équipes ont aussi détourné l’application nationale Diia, qui permettait d’accéder aux passeports ukrainiens, en un outil de transfert de fonds et d’identification des citoyens qui ont vu leurs papiers détruits dans des bombardements. Enfin, son ministère est à la tête d’une armée de volontaires informatiques dont le rôle est de défendre les infrastructures numériques du pays tout en attaquant celles de la Russie. 

Cette armée d’internautes aurait pour mission d’envoyer des attaques DDOS sur des sites russes importants comme Gazprom. Utilisé de manière courante, ce type d’agression qui paralyse les serveurs hébergeant un site ou un service reste cependant de courte durée. 

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