Scène de fête au bureau dans la série Severance, Apple +

Les géants de la tech tentent tout pour faire revenir leurs salariés... et ça ne marche pas

© Severance, Apple TV+

Pop-up events, concerts, poulet frit ou donuts gratuits… Allez viens, on est bien dans l'open space !  

En 2020, au commencement de la pandémie, Google faisait partie des premières entreprises à adopter le télétravail généralisé, suivi par d’autres grosses boîtes de la tech. En mai 2020, Twitter avait même annoncé que l’entreprise autoriserait le « télétravail à vie » . Mais les géants de la tech sont en partie revenus sur leur position et depuis quelques mois, ils s’efforcent de rapatrier leurs salariés dans leurs open spaces, quitte à dépenser beaucoup d’argent en évènements divers et variés, décrit le New York Times

« De la nourriture et du swag » , chouette !  

Lorsque les salariés de Google sont revenus dans leurs bureaux à moitié vides ce mois-ci, on leur a conseillé de se relaxer, de prendre le temps d'explorer leur lieu de travail. Car « le bureau ne doit pas seulement être un lieu productif, mais aussi un endroit fun » . Ils ont également eu le droit à un concert de la rappeuse américaine Lizzo. Et de nombreux « pop-up events » sont prévus. Au programme : « de la nourriture et du swag, le duo préféré des Googlers » (petit nom donné aux salariés de la firme). 

Chez Microsoft, lors du retour officiel au bureau en février, c’était dégustation de vin, parties d’échecs de taille humaine, tacos et poulets frits gratuits, et cours pour apprendre à faire un terrarium (allez savoir). Chez Qualcomm, ambiance happy hour avec distribution de nourriture, de boissons en tout genre et de t-shirts. 

Ce type de pratique s’observe surtout chez les grosses entreprises de la tech qui ont « beaucoup d’argent à dépenser » et des bureaux onéreux à rentabiliser, observe le New York Times. Si les équipes RH en font des tonnes, c’est qu’elles sentent qu’en face les salariés ne sont pas très motivés à l’idée de retrouver leur routine pré-pandémique. L’ambiance sur les messageries internes le montre bien. L’un des mèmes régulièrement échangés chez les salariés de Google serait une photo de la cantine suivie de la légende suivante : « Le RTO (sigle pour return to office, retour au bureau) se résume à croiser un collègue, lui dire qu’il faut se faire un déjeuner bientôt jusqu’à ce que l’un de vous quitte Google » . Selon une enquête de Business Insiders, des salariés de Google se sont d'ailleurs directement plaints de la politique de retour au bureau qu'ils jugent injuste et non justifiée.

Mais les salariés ne veulent pas revenir, même pour du poulet frit

Ce sentiment se constate aussi dans les chiffres. Selon un sondage conduit sur 5 000 salariés aux États-Unis par un professeur d’économie de l'Université de Stanford, un tiers des salariés ne veut pas du tout revenir au bureau. Les donuts gratuits et les parties de ping-pong ne font pas le poids face à une heure de transport quotidienne en moins, précise Nick Bloom (le professeur en question) au New York Times

Même sentiment chez Apple. Une enquête interne effectuée en juillet 2021 révélait que 90 % des employés souhaitaient que le télétravail soit maintenu au moins partiellement, même après la fin de la crise sanitaire. Pour faire passer la pilule, la firme a mis en place au début du mois d’avril un retour au bureau progressif en commençant par un jour par semaine obligatoire. 

Paradoxalement, malgré ces multiples évènements, certaines entreprises ont revu à la baisse les avantages des salariés sur le plus long terme. Meta (ex-Facebook) a par exemple supprimé certains services gratuits proposés sur son campus, comme le pressing. Parfois ce sont leurs salaires qui sont amputés. Chez Google, les salariés qui décident de ne faire que du télétravail ou demandent à changer de bureau voient leur salaire réduit si leur nouveau lieu de travail s’avère moins onéreux que le précédent. Après la carotte pour faire revenir les salariés, le bâton pour les plus réticents. 

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