Une tirelire cochon bleue

Le boom alarmant des applications qui proposent une avance sur salaire

© maitree rimthong via Pexels

Une erreur de budget, une facture surprise ou une dépense imprévue ? Pas de problème, aux États-Unis, ces apps vous proposent une avance sur salaire pour boucler le mois sans être dans le rouge. Mais évidemment, ça a un coût.

Économie qui tourne au ralenti, hausse du chômage, faillites… les conséquences financières de la crise du Covid sont multiples. Et on ne cesse d’en prendre la mesure. Aux États-Unis, le Washington Post fait ainsi état d’une augmentation des vols à l’étalage. Signe de la gravité de la situation, la pratique ne concerne pas des articles superflus mais des produits de première nécessité comme des couches pour bébé ou de la nourriture. Face à cette situation économique désastreuse, on voit apparaître une nouvelle tendance dans les smartphones des Américains : des applis d’avance sur salaire.

Les applis qui dépannent en fin de mois

Elles s’appellent Earnin, Dave, Rain ou Brigit. Elles ont un nom sympa et proposent un service encore plus alléchant : prêter quelques dollars en attendant le prochain salaire. Pratique pour payer une facture urgente ou faire face à une dépense inattendue sans avoir recours à un prêt plus contraignant. D’après le New York Times, ces applications enregistrent déjà des millions de téléchargements.

Dans certaines entreprises, l’accès à ce type d’application fait partie des avantages offerts aux salariés. D’autres applications d’avance sur salaire sont complètement dissociées des employeurs. N’importe quel utilisateur peut avoir accès à une avance. La somme sera ensuite prélevée directement sur son compte dès le versement de son salaire. Avec peu ou « pas de frais » .

Intérêts déguisés et surendettement

Le problème, c’est que ces applis sont bien moins inoffensives qu’elles n’y paraissent. Comme elles ne concernent que des petites sommes, les intérêts semblent réduits. Mais comme le rappelle le New York Times, une avance de 100$ cinq jours avant la paie avec 5$ de frais équivaut à un taux annuel de 365%. C’est bien la force de ces applications :  contracter des prêts sans en avoir l’air. Alors que des entreprises d’avance sur salaire sont interdites dans de nombreux États américains, ces applications profitent pour l’instant d’un flou juridique.

Avec ces applis, contracter un prêt devient aussi simple que poster une photo sur Instagram ou se faire livrer un burger. Malgré quelques limites mises en place par les applis, ça ne risque pas d’arranger le problème de surendettement aux États-Unis. Au dernier trimestre 2019, avant même que la pandémie de Covid ne s’abatte sur le monde, les ménages américains dépassaient pour la première fois les 14 000 milliards de dollars de dette.

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