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Semaine de 4 jours : 35 % des employeurs français envisagent de s'y mettre

© Bich Tran et Shifaaz Shamoon

Alors que la Belgique vient d'adopter le travail à la carte, les entreprises françaises ayant sauté le pas font figure d'exception. Pourtant, une étude de Robert Half indique que l'idée fait son chemin.

Longtemps considérée avec une certaine dose de scepticisme, la semaine de 4 jours est désormais au cœur des débats sur l'évolution de l'organisation du travail post-Covid. Bousculés par la crise sanitaire, les salariés en quête d'un meilleur équilibre de vie sont de plus en plus nombreux à la plébisciter. Selon un sondage FranceInfo de mai 2022, 64 % des salariés français sont prêts à sauter le pas. Mais qu'en est-il côté employeurs ? Selon le cabinet de recrutement Robert Half, ils s'ouvrent doucement à la question.

Flexibilité, travail hybride, attractivité : la semaine de 4 jours séduit les employeurs

Après l'Espagne, le Japon ou encore l'Islande, le Royaume-Uni teste depuis le 1er juin la semaine de 4 jours (à salaire égal ! ) à grande échelle. Plus tôt dans la semaine, on apprenait que la Belgique avait également décidé de sauter le pas dans le cadre de sa réforme du marché du travail. La mesure baptisée « le deal pour l'emploi » permet aux salariés belges de choisir leur temps de travail et le nombre de jours travaillés dans la semaine (quatre ou cinq). Rien d'étonnant au regard des nombreuses vertus prêtées à la semaine de 4 jours : attractivité pour les recruteurs face au phénomène de « Grande démission » , promesse d’un nouvel équilibre de vie pro-perso, amélioration de la productivité individuelle. Elle contribuerait même à faire baisser la facture énergétique ! Autant d'arguments qui conduisent les entreprises françaises à l'envisager comme une évolution possible. Selon une étude réalisée par Robert Half, 35 % des employeurs français envisagent de l’expérimenter au cours de l’année à venir.

Le présentéisme ne séduit plus

Avec la propagation du télétravail, repenser la collaboration professionnelle dans le cadre du travail hybride devient alors essentiel pour les entreprises. À la recherche de nouvelles organisations 67 % des dirigeants estiment important de trouver un équilibre entre les souhaits des collaborateurs et les besoins de l'entreprise en matière d'aménagement du travail. Dans ce cadre de réflexion, la semaine de 4 jours est envisagée comme une réponse possible. Selon l'étude du cabinet Robert Half :

  • 22 % des employeurs déclarent aujourd’hui proposer la semaine de 4 jours à leurs employés (même nombre d’heures par semaine sur 4 jours, à salaire équivalent)
  • 35 % envisagent de la mettre en place au cours des 12 mois à venir
  • 35 % s’y disent encore opposés

Des chiffres qui n'ont rien d'étonnant selon Dany El Jallad, Vice-President Strategic Accounts, Robert Half France qui analyse cette tendance émergente : « L'irruption du télétravail dans nos vies l’a bien montré, ce qui semblait encore inimaginable il y a quelques années est désormais envisagé avec sérieux par les employeurs. Ils ont constaté, d’une part que les modes d’organisation du travail n’étaient pas figés dans le marbre mais pouvaient être repensés et améliorés. Et, d’autre part, ils sont confrontés à de nouvelles attentes fortes des salariés, qu’ils sont tenus de prendre en compte s’ils veulent retenir leurs collaborateurs et continuer à attirer les candidats. »

Repenser la collaboration employeurs - employés

Les 300 dirigeants sondés s’accordent à dire que la flexibilité est un critère essentiel pour attirer de nouveaux talents, mais aussi pour fidéliser les collaborateurs actuels. Le véritable enjeu réside aujourd’hui dans la capacité des structures à exploiter toutes les formes de flexibilité possibles, afin de donner de la souplesse à l’équilibre vie pro / vie perso de leurs collaborateurs. Pour y parvenir, de nombreuses solutions sont envisagées par les employeurs pour repenser la collaboration avec leurs salariés :

  • 37 % envisagent de proposer des horaires de travail flexibles pour tous leurs employés, 36 % disent le faire
  • 34 % envisagent de contractualiser le fait de finir la journée tôt le vendredi, 30 % disent le faire
  • 35 % envisagent d’offrir des jours de congés supplémentaires, 25 % disent le faire
  • 31 % envisagent de raccourcir la durée des heures de travail (moins d’heures par semaine, à salaire égal), 22 % disent le faire
  • 25 % envisagent la mise en place de congés payés illimités au sein de leur entreprise, 19 % déclarent déjà le proposer
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