Une bouche rouge en papier découpé sur fond jaune

Promad, beige flags : 7 néologismes qui éclairent nos toquades du moment

© Shahab Yazdi

Les tendances du moment résumées en quelques mots-clés cryptiques.

Vous ne resterez plus sans voix lorsque votre collègue évoquera la pinkflation, le fexting, ou le rewilding.

Promad

Le promad est un type de touriste bien particulier. Il combine le « pro » de progressiste (vegan, pro BLM...) et le « mad » de nomade (il vit entre Bali et Lisbonne). Entre deux séances de méditation, il parcourt le monde en quête de sensations fortes (deux jours de jeûne suivis d'un festin dans un restaurant étoilé, nuitée dans une tiny house dessinée par Stark... ) et d'expériences spirituelles censées assurer son développement personnel et réaffirmer sa capacité à vivre de manière « consciente ». Il veut « sauver la planète » mais ne renoncera pas à sauter dans un avion pour participer à une retraite de deux jours à Brisbane couplée à un stage en aquaponie. Imaginer la fusion des conférences TedTalks et du festival Burning Man.

Beige flag

Après les red flags, il faut désormais compter avec les beige flags (drapeaux beiges). Moins alarmants que leurs équivalents écarlates, les beige flags indiquent qu'une personne (vous, votre voisin, votre rendez-vous amoureux du moment) est potentiellement « très ennuyeuse ». Quelques exemples de beige flags proposés par la Tiktokeuse Caito à l'origine de l'expression : avoir un avis sur la coriandre ou les pizzas à l'ananas, évoquer Excel ou des sitcoms extrêmement connues, adorer les chiots mignons... Il y a quelque mois, TikTok faisait pourtant l'apologie de la normalité (basic, average...). Ciel, que les temps changent.

@itscaito

beige is the new red and in other news dating apps are a wasteland 🚩 #hinge #redflags #datingredflags #hingedating

♬ original sound - Caito

Rewilding

Ou réensauvagement. Il s'agit de favoriser la biodiversité partout, dès que possible : sur les ronds-points, dans les jardins des particuliers ou les grands domaines. C'est le pari qu'a fait le 21ème Baron de Dunsany, l'Irlandais Randal Plunkett. Le trentenaire en blouson de faux cuir qui ne mange pas de viande a décidé de réensauvager (rewild) son domaine au nord de Dublin. Sur ses 300 hectares de terrain, le Baron laisse faire la nature pour que lentement mais sûrement marécages, herbes hautes et forêts touffues remplacent pelouses et haies taillées.

Tsundoku

Sur les tables de nuit, ils s'empilent et commencent à prendre la poussière : ce recueil de poésie nigérien acheté dans une librairie berlinoise car sa couverture colorée vous a tapé dans l’œil, Guerre et Paix que vous vous êtes promis de lire cette année, et ce recueil de nouvelles slovènes que vous a conseillé votre meilleure amie. Les livres, on aime les lire ; mais on aime surtout les acheter. Tant et si bien que les Japonais ont inventé un mot pour décrire le phénomène : tsundoku, qui signifie « les nouveaux livres qui s'empilent sur vos étagères. » Le terme nippon n'est pas récent : il aurait été forgé durant l'ère Meiji (1868-1912), mais son utilisation se propage aujourd'hui sur les réseaux. Normal : le livre s'est érigé en accessoire de mode incontournable, plébiscité par les influenceuses soucieuses de se forger une aura intello. Pour cela, pas besoin de terminer les 7 tomes de La Recherche, on peut se contenter de recruter une styliste de livre, chargée de soigneusement sélectionner les livres avec lesquels s'afficher.

Fexting

Fautes de frappe, ponctuations approximatives et émojis de Père-Noël envoyés par erreur... Voilà à quoi on prend le risque de s'exposer lorsque l'on s'adonne au fexting, néologisme né de la fusion des termes fight (dispute) et texting (le fait d'envoyer des textos). Une manie ni saine ni productive qui selon The New York Times fournirait beaucoup de boulot aux thérapeutes et aux avocats spécialisés en divorce.

Pinklation

L'inflation galopante touche tout le monde, mais surtout les femmes. Selon le comparateur de prix Comparatis, les prix des vêtements ont augmenté en 20 ans de 0,3 % pour les hommes et de 6,51 % pour les femmes. Ce qui justifie cette différence de prix aux yeux des fournisseurs ? L’insatiable envie de fanfreluches qui conduirait les femmes à accepter de payer plus cher que les hommes pour des produits similaires. Pourquoi se priver de les faire passer à la caisse en effet ?

Coronasomnia

Deuil, stress, dépression, anxiété... L'épidémie de Covid a accentué nos problèmes d'insomnie. Aux États-Unis, 4 personnes sur 10 auraient encore du mal à trouver le sommeil. Des troubles qui provoquent des changements d’habitudes encore aujourd'hui. En effet, les adultes passeraient moins de temps à dormir la nuit, mais plus de temps à faire la sieste l'après-midi, indique une étude américaine.

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