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Old money, gorpcore, gothic glamour : que va-t-on porter en 2023 ?

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Cette année, on fera le grand écart entre les vêtements de rando, les longues robes à fleurs bohèmes et les ensembles à la Jacky Kennedy-Onassis.

Grand retour des années 70, popularisation des polaires Patagonia et explosion de la dentelle : le point sur les tendances mode qui donneront le ton.

Old money : s'habiller comme un Kennedy

L'esthétique « old money » popularisée sur les réseaux devrait séduire toujours plus d'individus soucieux d'exsuder l’élégance innée et minimaliste des plus riches dynasties contemporaines. Pour respirer la old money (littéralement, le vieil argent, celui de la très haute bourgeoise bordant sur l'aristocratie) et bien marquer la distance avec les nouveaux riches, quelques incontournables : pulls col V, blouses lavallière, pulls sans manches, jupes midi, jacquard, tweed, velours côtelé et pied-de-poule, pour des silhouettes monochromes, claires et délicatement rehaussées de (vraies) perles. Dans une version alternative, l'esthétique old money s'incarne dans le persona de la « coastal grandmother », cette vénérable vieille dame riche qui aime boire du Chardonnay (de préférence au soleil couchant) sur le perron de sa demeure huppée du Nantucket. Dans une version plus jeune, le style old money se décline en version preppy (pour preparatory school), qui s'inspire des tenues portées par des élèves de chics lycées privés britanniques. Une sous-tendance qui devrait aussi faire son retour au vu de l'engouement pour l'esthétique Dark Academia, esthétique sublimant l'étude studieuse au sein d'un univers légèrement suranné, tout en lierre et en briques rouges.

Gothic glamour : Mary Shelley rencontre Mercredi

Le retour des manches bouffantes et des corsets pourrait bien selon les youtubeuses de la chaîne ModernGurls déboucher sur une résurgence de la mode gothique. C'est à l’époque Victorienne (1837-1901) que la littérature gothique commence à faire sensation. Après un regain de popularité dans les années 90, la mouvance est confinée aux franges. C'était sans compter sur l'explosion de la popularité de la dentelle (anglaise de préférence), portée en blouse ou en robe, qui pourrait dans son sillon raviver la flamme gothique en nous. Le retour de la tendance pourrait signer l'adoption du velours, de couleurs profondes (noir, rouge ou violet...), de la dentelle, des silhouettes très structurées, et peut-être même des voiles et voilettes. Pourquoi pas ? La tendance « christiancore » et le succès de la série Mercredi ont déjà préparé le terrain. Le média Harper's Bazaar a d'ailleurs forgé le terme Wednesday-core pour définir le style vestimentaire sombre et romantique inspiré du personnage.

Boho chic : une vie de nomade mais avec de l'argent

La tendance fait sa première apparition à la toute fin des années 1800, lorsque de jeunes gens bien nés adoptent des modes de vie non conventionnels pour attiser leur fibre artistique. (Pensez absinthe, cabaret, chambre de bonne, vagabondage...). Inspirée du mode de vie dit « bohémien », on retrouve des traces du mouvement au 20ème siècle dans les années 40 avec les hipsters, dans les années 50 avec les beatniks mais surtout dans les années 60 et 70, des décennies prolifiques en termes de contre-culture. Devenue mainstream au début des 70, la mode hippie contestataire des années 60 s'inspire grandement des styles vestimentaires issus de cultures considérées à l'époque comme inférieures : amérindienne, latino-américaine et africaine. Délaissée dans les années 80, la tendance revient dans les années 90 mais dans une version plus sombre. (La faute au grunge.) Baptisée alors boho chic par les magazines, la tendance se poursuit dans les années 2000, portée par les it girls de l'époque : Sienna Miller, les jumelles Olsen ou encore Nicole Richie. En 2005, la tendance est partout, avec des femmes aux quatre coins du monde portant des tuniques brodées, des bandanas, de larges ceintures, des vestes larges, des bottes, et des sacs pendouillant. Après un léger recul, la tendance se maintient dans les festivals, dans une version très consumériste, uniformisée (pensez couronnes de fleurs à Coachella et maquillage tribal à Burning Man) et toujours plus édulcorée. Et cette tendance marquera, disent les experts, un grand retour cette année. Pas très étonnant, à une époque où l'appétence pour les nouvelles spiritualités convoque tout une imagerie à base de pierres, grigris et ésotérisme qui se marie volontiers avec les foulards, les motifs colorés et la maille épaisse.

Gorpcore : partir au bureau comme si on allait gravir le Mont Blanc

Le « gorpcore » ou la passion pour les vêtements techniques affectionnée par les amateurs de sport au grand air. Le terme provient de l'acronyme Gorp, issue de l'expression américaine « Good ol' Raisins and Peanuts » (De bons vieux raisins et des cacahouètes), qui désigne le snack préféré de tous ceux ayant déjà parcouru les 4 240 kilomètres du Pacific Crest Trail sur la côte ouest des États-Unis. Parmi les pièces emblématiques de la tendance : polaires (idéalement Patagonia), T-shirts en mérinos, pantalons cargos, cagoules, bandeaux, coupe-vents (de préférence de la marque K-Way), parkas et doudounes. Ou comme le note une internaute, il s'agit de mettre la main sur tous « les vêtements qui passent de cringe à cool ». Et qui pourraient s'avérer utile en cas d'apocalypse de zombies ou – plus probable – de catastrophes climatiques.

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