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Une balance sur un fond vert et rose
© Elena Mozhvilo via Unsplash

Non, le confinement n'a pas profondément modifié nos attentes et nos habitudes

Le 15 mai 2020

Alimentation, consommation, confiance en l'avenir... et si le confinement n'avait pas changé grand-chose ?

Qu’on y croit fermement ou qu’on soit déjà lassé de la formule, le fameux « monde d’après » est dans tous les esprits. Et si finalement la crise du Covid-19 n’avait pas changé grand-chose ? C’est le résultat d’une étude menée par OpinionWay et Storymind qui a réalisé un avant/après confinement. Le confinement a sans conteste bouleversé notre quotidien mais on se dirige plus vers une continuité du monde d’avant que vers un nouveau monde post-Covid. Pour Jean-Emmanuel Cortade de la Saussay, fondateur de StoryMind, « les éventuelles ruptures seront peut-être perceptibles à l’horizon 2025 / 2030 ».

Le monde d’après n’aura pas lieu

Les résultats obtenus à 4 mois d’intervalle – janvier 2020 et mai 2020 – montrent que les valeurs souhaitées par les Français pour la société de demain n’ont pas été bouleversées. La hiérarchie est préservée, avec au sommet le civisme et la responsabilisation individuelle. Le confinement a quand même eu son petit effet puisque l’État autoritaire donne beaucoup moins envie. L’ordre public et la surveillance perdent respectivement 10 et 4 points.

Pas de rupture et un sentiment d’impuissance

Certains sont prêts à relever leurs manches pour construire un nouveau monde post-Covid, d’autres se battent bec et ongles pour que rien ne change. Mais globalement, on assiste surtout à un sentiment d’impuissance. 30% des personnes interrogées pensent ne pouvoir faire confiance à personne pour améliorer la société de demain. La confiance en l’État est stable mais très faible (12%).

Et en 4 mois, la confiance s’est érodée de toute part : celle dans les mouvements citoyens chute de 11 points, les experts et les chercheurs perdent 5 points tout comme les journalistes. Même Greta Thunberg, incarnation du monde de demain, recule de 2 points. Les entreprises ne font pas mieux : les grandes marques ne recueillent la confiance que de 8% des sondés. Quant aux start-up, seulement 4% des Français leur font confiance pour bâtir un monde meilleur. Le mythe de la start-up nation s’est définitivement effondré.

Le monde d’après ne sera pas forcément plus responsable

Malgré les liens entre pandémie et destruction de l’environnement, la consommation du monde post-confinement risque bien de ne pas être plus responsable qu’avant. La crise sanitaire n’a pas encore fait de nouveaux convertis en faveur d’un mode de vie plus responsable, note l’étude. Les consommateurs qui étaient déjà sensibles à un mode de vie plus green confirment leur choix. En revanche, pandémie oblige, les rêves de faire un grand voyage au bout du monde ne sont plus d’actualité. Le Covid-19 aura été plus efficace que le flygskam pour nous faire repenser nos déplacements. D’ailleurs, en matière d’épanouissement, les liens sociaux prennent l’ascendant sur l’argent – malgré les inquiétudes financières liées à la crise.

Côté alimentation, on se demande quand même quelles habitudes de cuisine acquises pendant nos deux mois d’enfermement nous garderons. D’après l’étude, la cuisine des produits frais demeure dans les intentions des Français et Françaises. Mais les intentions restent stables, les végétariens continuent sur leur lancée pendant que les viandards font pareil de leur côté. Dans les autres secteurs de consommation – mode, cosmétiques… – les changements d’intentions  sont également bien visibles. Moins de cosmétiques pas clean mais toujours un fort intérêt pour les soldes. Même si les futurs achats non responsables reculent légèrement, ça ne sera pas suffisant pour faire basculer le marché vers un modèle vertueux d’ici 2021, indique l’étude.

Une France toujours coupée en deux

L'étude fait état d'une apparente stabilité. Mais derrière celle-ci se cache une vraie fracture. Les CSP-, habitant dans de petites agglomérations avec un pouvoir d’achat fragilisé sont en forte demande de protectionnisme social, tandis que les CSP+ urbains sont en attente d’une plus forte solidarité altruiste. Malgré les messages de solidarité et l'épreuve commune du confinement, la France reste coupée en deux. Et ce sera sûrement le vrai défi du « monde d'après ».


Méthodologie

Deux vagues distinctes ont été réalisées en ligne par OpinionWay auprès de 500 individus âgés de 18 à 65 ans : une première vague en janvier 2020, une deuxième en mai 2020. Les deux échantillons sont comparables et représentatifs de la population française : sexe, âge, CSP, région, agglomération, diplôme.

Alice Huot - Le 15 mai 2020
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