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un homme se fait martyriser au travail
© mediaphotos via Getty Images

Nouvelles entreprises : les DRH considèrent les freelances comme des bouche-trous

Le 27 mai 2019

Un million de freelances en France – soit 3 fois plus qu’il y a 10 ans. Et toujours autant de difficultés à collaborer avec les entreprises traditionnelles, selon une étude menée par l’agence Angie et la plateforme MALT.

On l’entend partout : les gens qui quittent leur job pour devenir entrepreneurs sont de plus en plus nombreux – et, en apparence, de plus en plus heureux. Parfois, ce choix s’opère en mode reconversion. Mais dans la majorité des cas, c’est surtout par désir d’indépendance. Selon une étude menée par l’agence Angie et la plateforme de freelances MALT, 90% des freelances en France choisissent ce statut pour être plus libres.

Libres mais fidèles

Le premier enseignement de l’étude va à l’encontre des idées reçues : on peut vouloir être libre… et une certaine forme d’exclusivité. Près de la moitié des freelances (47%) veulent des missions longues (entre 1 et 6 mois – et plus de 6 mois pour 20% d’entre eux !). Autre tendance : 64% des répondants voudraient travailler régulièrement avec le même client.

Vouloir le beurre, l’argent du beurre, et des tickets resto

Les freelances sont nombreux à être conscients des avantages à être salarié. Certains expriment d’ailleurs la volonté d’être traités comme des collaborateurs, notamment en ce qui concerne les programmes de formation (20%) ou d’intégration (17,7%). Ils sont plus de 16% à vouloir être invités aux grands rendez-vous des salariés, et 14% à désirer accéder aux services de l’entreprise (restauration, notamment).

Les DRH à côté de la plaque ?

Du côté des entreprises, on est bien loin de répondre à ces désirs. La majorité des DRH interrogés pour l’étude ne misent pas du tout sur les freelances pour être des moteurs de la transformation des organisations, ni comme un moyen de réinternaliser des compétences stratégiques.

En clair, ils sont souvent perçus… comme des ressources permettant de « boucher les trous ». Le message est passé.

Les freins pour une meilleure intégration sont multiples. En premier lieu, le risque de requalification en salariat. Les récents exemples, comme le bad buzz Frichti, montrent que c’est souvent la solution à toutes les questions soulevées par ces nouveaux statuts.

Ensuite vient la crainte pour les données de l’entreprise. Un freelance mal intentionné et trop bien intégré pourrait être tenté d’aller en divulguer les secrets.

Enfin, les DRH ont l’impression de mieux maîtriser les risques en faisant appel à des sous-traitants importants et référencés plutôt qu’à des freelances.

Vers l’entreprise élargie

Les nouvelles problématiques des DRH, notamment liées à l’arrivée des nouvelles générations sur le marché du travail, entraînent une redéfinition du métier. Ce sont d’ailleurs les jeunes qui mènent le mouvement de l’indépendance : principalement prisé par les 18-25 ans, le freelancing est de plus en plus en vogue chez les professionnels de 25 à 34 ans. Un phénomène qui laisse à penser que le schéma actuel va devoir évoluer. Pour MALT, c’est le moment de réfléchir en « entreprise élargie », et de gérer des talents plutôt que des ressources. Cette notion d'entreprise élargie demande de revoir l'écosystème traditionnel des sociétés. En plus des salariés, il s'agit de s'enrichir d'intervenants extérieurs - réguliers ou non - dans le cadre de missions précises. 

De quoi répondre aux attentes des millennials, qui sont de plus en plus nombreux à vouloir combiner les CDI et une relative flexibilité. Le meilleur des deux mondes ?


Méthodologie :

- Enquête quantitative réalisée auprès de 479 répondants, freelances inscrits sur Malt.fr, entre août et septembre 2018.

- 11 entretiens qualitatifs réalisés par téléphone auprès de DRH de grands groupes d’octobre 2018 à janvier 2019 par le cabinet Occurrence.


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