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Un cerveau en train d'exploser
© fergregory via Getty Images

Stress au travail : on préfère en parler à ses amis qu’aux RH

Le 2 mai 2019

Le tabou autour du stress au travail commence à se briser – du côté des employeurs comme des employés. Mais de nombreux freins sont encore à lever pour que la parole soit complètement libérée.

Une personne sur quatre risque de souffrir d’un problème de santé psychologique au cours de sa vie. Cette proportion est alarmante, pour Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse. Surtout lorsque l’on sait que 30% des salariés en Europe n’osent pas en parler librement, selon l’étude The Workforce View in Europe 2019.

Et les organisations feraient bien de prêter un peu plus attention au sujet. « Les problèmes de mal-être au travail sont souvent la cause d’absentéisme, de recul de la performance, de burn-out », poursuit-il. Pour lui, il n’y a « aucune raison de ne pas les traiter de la même façon que les maladies physiques. »

Les employeurs ne s'intéressent pas au sujet

Alors que de plus en plus de prises de parole publiques tendent à montrer les risques d’un stress subi au travail, 28% des salariés européens pensent que leur employeur ne s’intéresse pas du tout à leur bien-être psychologique.

C’est ballot, quand on sait que même les big boss sont touchés par le burn-out.

Un manque de considération qui explique que seuls 13% des sondés oseraient évoquer leurs difficultés avec les services de ressources humaines. En général, les concernés préfèrent se confier à leurs proches collègues ou amis (43%) que d’en discuter avec les personnes qui pourraient changer la situation. Concrètement, côté communication interne, il y a encore du boulot.

Les jeunes pourraient changer la donne

L’étude montre néanmoins un signal positif. Les plus jeunes (16-34 ans) seraient plus à l’aise que leurs aînés pour aborder les problèmes de santé mentale. Ils sont 78% à affirmer qu’ils pourraient se confier à propos d’un problème rencontré au travail.

Le niveau de stress a d’ailleurs l’air de baisser un peu. En Europe, plus d’un répondant sur six (17%) déclare subir un stress quotidien. C’est encore énorme, on vous l’accorde… mais c’est un chiffre en baisse par rapport à 2017 (18%).

Preuve que les millennials ont un rapport au travail un peu décloisonné, ils affirment le besoin de préserver un certain niveau de qualité de vie sur leur lieu de travail. Hors de question de laisser des sujets stressants contrecarrer leurs plans !

Les conseils de la Mental Health Europe

Mental Health Europe est une association européenne engagée dans la promotion d’une santé mentale positive au travail. Elle explique que les coûts associés aux problèmes de santé mentale sont conséquents – en France, ils s’élèvent à 3,7% du PIB. En plus de coûter de l’argent, ils coûtent aux entreprises en productivité, en performance et en réputation. « Investir dans la promotion et la prévention de la santé mentale au travail a des conséquences positives à court et long terme pour les salariés, les employeurs et la société. »

C’est tout bénéf’, non ? Alors comment on fait ?

On formalise.

Tout comme on crée des entités clairement identifiées pour parler des congés, on nomme des responsables au niveau du comité de direction pour engager le management et défendre une santé mentale positive sur le lieu de travail. L’objectif : « mesurer » la santé mentale des salariés et faire des signalements lorsque ça ne va pas. Oui, ça demande de former les employeurs et les managers intermédiaires. Mais c’est nécessaire.

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Méthodologie

Le rapport « The Workforce View in Europe 2019 » étudie les comportements et l’état d’esprit des salariés face au monde du travail actuel ainsi que leurs attentes vis-à-vis de leur futur environnement de travail. Les recherches ont été menées en octobre 2018 par Opinion Matters, agence indépendante d’études de marché. L’échantillon représente 10 585 salariés dans huit pays à travers l’Europe : France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suisse et Royaume-Uni.

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