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une jeune femme assoupie au travail
© Anchiy via Getty Images

Les jeunes veulent travailler en CDI, mais pas tous les jours

Le 31 janv. 2019

Vouloir un CDI et des horaires flexibles, c’est le Graal de la génération Z – comprendre les 15-24 ans. Pour eux, la quête de sens tellement médiatisée ne se poursuit pas forcément sur le lieu de travail.

La génération Z est-elle très différente de la génération Y ? C’est la question posée par les équipes de Mazars, qui recrutent chaque année de nombreux jeunes diplômés. Mathilde Le Coz, Directrice Développement des Talents & Innovation, rappelle à ce titre que la moyenne d’âge du cabinet de conseil est de 29 ans.

À l’occasion d’une étude menée avec OpinionWay, nous découvrons ainsi que les aspirations des 15-24 ans (qui sont donc, pour certains, encore étudiants) en disent long sur les besoins d’adaptation des entreprises.

Non, le CDI n’est pas mort… Mais il a besoin d’être sacrément remis au goût du jour.

Du sens, oui, mais pas forcément au boulot

On l’a dit et répété. Les bullshit jobs ont été percés à jour, et il semble que les jeunes rechignent à s’y coller. C’est ce que nous ont prédit les experts, en expliquant à tout va que les millennials recherchent, plus qu’un salaire alléchant, du sens en entreprise. Vraiment ? Sur le papier, ça fait peut-être plus chic. Mais dans les faits, la rémunération arrive encore en tête des facteurs les plus motivants pour se rendre sur son lieu de travail (57%). L’intérêt pour son poste ne remporte que 40% des suffrages, et le fait de travailler pour une entreprise qui assume sa RSE… 12%.

En parallèle, ils sont 29% à exprimer le souhait de cumuler au moins trois activités professionnelles, en tant que freelance ou indépendants.

Pour Mathilde Le Coz, c’est le signe que s’engager à titre personnel est plus important que l’engagement de l’entreprise. L’esprit de contestation et de revendication est d’ailleurs moins fort chez la génération Z (7%) que chez la génération Y (10%).

La solution : le CDI à temps partiel ?

Le besoin d’autonomie dans les horaires et l’organisation est plébiscité par 73% des répondants. Le bureau reste par ailleurs un lieu de sociabilisation. Les répondants sont 79% à attendre de l’entreprise qu’elle propose un espace de travail physique et convivial. C’est d’ailleurs, après la rémunération, l’une des demandes de cette génération : la GenZ veut que l’entreprise soit vectrice de cohésion et de convivialité. C’est même plus important que l’intérêt porté au poste…

D’un côté, on souhaite la sécurité de l’emploi et un bureau fixe, de l’autre, on n’a pas envie d’être enfermé.

Pour Mathilde Le Coz, l’une des solutions pourrait être de proposer des CDI à temps partiel. « Cela peut prendre plusieurs formes, en fonction des besoins et envies des salariés. Ils peuvent vouloir une semaine off par mois, ou travailler pendant 6 mois à temps plein et avoir 2 mois pour faire autre chose, ou bien avoir des semaines de moins de 35h ». Toujours avec l’objectif de cumuler d’autres activités, ou de réaliser des projets peut-être plus en lien avec leurs aspirations.

De nombreuses entreprises imposent par ailleurs des clauses d’exclusivité, interdisant ainsi aux salariés d'avoir plusieurs métiers. « C’est un vrai sujet de négociation en entretien. Les jeunes ne veulent plus de ces clauses. » Aujourd’hui, elles ont tendance à être supprimées au cas par cas. « Mais à terme, elles vont totalement disparaître », envisage Mathilde Le Coz.

Pour les employeurs, ces résultats impliquent une réelle adaptation. Moins de travailleurs à temps plein pour une charge de travail équivalente, cela demandera donc de recruter plus.

Affaire à suivre…

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