Bureau de travail

Étude : 37 % des actifs sont proches du « quiet quitting »

© cottonbro

Selon une étude, les Français sont de plus en plus nombreux à travailler uniquement pour l’argent tout en faisant « juste ce qu’il faut » dans le cadre professionnel. Le « quiet quitting » serait-il une tendance de fond ?

En deux décennies, le rapport des Français à leur travail a considérablement évolué. Longtemps considéré comme une source d'épanouissement, il est désormais majoritairement perçu comme une contrainte. De fait, selon une enquête IFOP pour lesmakers.fr, les Français prennent de plus en plus de distance avec le travail.

Le phénomène de « démission silencieuse » progresse

En nette progression, le sentiment qu’ont les salariés de donner plus qu’ils ne reçoivent de leur travail nourrit le phénomène du « quiet quitting ». Ainsi, plus d’un tiers des actifs français adhèrent plus ou moins à la définition de « démission silencieuse » indiquant rester stricto sensu dans le cadre de leur contrat de travail. Dans les faits, 37 % déclarent refuser les heures supplémentaires et d’éventuelles tâches qui ne relèveraient pas de leur mission.

Le salaire comme unique motivation

Près de la moitié (45 %) des personnes interrogées, déclare que le salaire est désormais leur unique motivation. Un chiffre en nette augmentation puisqu’en 1993, ils n’étaient qu’un tiers (33 %).

Un sentiment de déséquilibre dans la relation employeur / employé qui s'installe

En trois décennies, la proportion d’actifs français ayant le sentiment de donner plus qu’ils ne retirent de leur travail a quasiment doublé, passant de 25 % en 1993 à 48 % en 2022. Majoritaires à l’époque (54 %), celles et ceux qui estiment que le rapport est « plutôt équilibré » ne sont plus que 39 %. À peine plus d’un actif sur dix (13 %) considère aujourd’hui qu’il tire un bénéfice de son engagement au service de son entreprise.

La part croissante du nombre de salariés déplorant un déséquilibre (en leur défaveur) entre ce qu’ils donnent et ce qu’ils reçoivent amène les Français à être compréhensif vis-à-vis des moins investit d'entre eux. Ainsi, le « quiet quitting » est assimilé à de la fainéantise par moins d’un quart (22%) des interrogés.

Près de 5 salariés sur 10 font déclarent faire « juste ce qu’il faut » au travail

La France des salariés est peu ou prou coupée en deux entre ceux qui indiquent s’impliquer beaucoup dans leur travail (51 %) et ceux qui disent faire juste ce qu’il faut (45 %).

Les jeunes générations sont très clairement perçues comme moins travailleuses que leurs aînées. En effet, près des trois quarts des Français (74 %) le pensent. Un sentiment partagé par les principaux concernés puisque 61 % des 18-24 ans et 71 % des 25-34 ans sont d'accord avec cette affirmation.

Le travail majoritairement perçu comme une contrainte

Même s’ils sont partagés sur la question, les Français considèrent à une courte majorité (54 %) que le travail est avant tout une contrainte plutôt qu’une source d’épanouissement (46 %). L'enquête révèle que ce sentiment d’obligation est plus marqué chez les sympathisants de gauche que de droite.

Les Français prêts à arrêter de travailler s'ils en avaient les moyens

Signe que la valeur accordée au travail a clairement évolué ces dernières années, 58 % des Français indiquent aujourd’hui qu’ils arrêteraient leur activité professionnelle s’ils percevaient, sans devoir travailler, un revenu égal à celui qu’ils touchent aujourd’hui. En 2003, moins de la moitié (46 %) des personnes interrogées par CSA pour Les Échos était dans ce cas.


Méthodologie : Enquête menée du 11 au 13 octobre par l’IFOP pour LesMakers.fr par questionnaire auto-administré auprès de 2 015 personnes âgées de 18 ans et plus représentatives de la population française.

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commentaires

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  1. Sonic dit :

    Le mot travail veut dire ce qu'il ceut dire. Si ct un plaisir on parlerait de loisir. Or passer sa semaine a se faire enquiquiner mème quand vous travaillez bien.. ça sert a quoi ? Du matin au soir la radio ou internet nous parle d'epanouissement au travail or ce sont les seuls.

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