Supporters dans un stade de football

Changement de tactique pour un football écoresponsable

© Dmytro Aksonov

Jets privés, coupe du monde au Quatar... On reproche aux professionnels du football d'être déconnectés de la réalité du changement climatique. Mais qu'en est-il côté supporters ?

Si d’un point de vue social l’impact du football n’est plus à démontrer, on le questionne (et le condamne) de plus en plus sur ses impacts environnementaux et économiques. Et pour cause. Le football est le premier sport au monde et ses chiffres sont vertigineux. L’économie du football représente 400 milliards d’euros sur le plan international et mobilise quotidiennement des dizaines de millions de bénévoles. Rien qu’en France, le football représente plus de 15 000 clubs (dont une cinquantaine de clubs professionnels) et 30 000 matchs chaque week-end durant lesquels plus de 2 millions de licenciés vivent leur passion.

Football Écologie France a voulu recueillir la vision des francophones sur le lien entre football et transition écologique. Résultats.

Le football n'est pas perçu comme un sport écologique

Au travers de ses émissions de CO2, les effets du football sur la planète sont conséquents : transports massifs pour les compétitions (2,1 millions de tonnes de CO2 pour la coupe du monde 2018, soit l’impact de 200 000 Français), déchets lors des événements (10 tonnes en moyenne pour un match de Ligue 1), consommations énergétiques pour les stades et communication numérique, consommation d’eau pour les pelouses (100 millions de m3 par an en France) et alimentation carnée qui génère 7 fois plus d’émissions de CO2 qu’une alimentation végétalisée...

Une réalité qui impacte de manière négative la manière dont les supporters voient le football. En effet, ils sont 62 % à considérer que le football n'est pas un sport écologique et 80 % à se déclarer dans l'incapacité de citer des actions environnementales menées par les acteurs du football professionnel. Interrogés sur les actions qui leur semblent prioritaires pour s'engager dans la transition écologique, ils citent : la réduction des déchets, la sensibilisation des acteurs et la réduction des déplacements.

Prise de conscience des enjeux de durabilité : vers des supporters verts

Premiers contributeurs à l’impact environnemental du foot par leurs déplacements et leur façon de consommer au stade ou devant leur télévision, les supporters ont un rôle déterminant dans la transformation écologique du football. Mais comment les mobiliser dans la transition écologique ? Interrogés, 2/3 des répondants estiment que c'est aux clubs de football que revient cette mission. Ils ne s'en remettent pourtant pas totalement au milieu sportif, puisque pour 80 % citoyens et collectivité doivent également être partie prenante de cette mutation.

© Football Écologie France

Faire du football un acteur du changement

Supporters mais aussi citoyens. L'enquête de Football Écologie France révèle que les répondants sont majoritairement sensibles aux enjeux écologiques et sont prêts à s'engager au-delà de leur engagement sportif. Questionnés sur les avantages financiers et humains à mettre en place des pratiques écologiques, ils placent sur le podium : l'amélioration de la qualité de l'eau et de l'air, la réduction des factures et la préservation de la nature.

© Football Écologie France

Plus largement, pour les supporters interrogés, le football incarne le « vivre ensemble ». Un avis partagé par le sociologue et spécialiste des supporters de Football Nicolas Hourcade : « Le football présente la particularité d’attirer des amateurs de tous horizons. Les stades sont un des rares espaces de mixité sociale dans le monde actuel. Dès lors, mettre en place une démarche écologique de terrain, s’appuyant sur des actions concrètes dans lesquelles tant les joueurs que les supporters peuvent s’engager, peut être un excellent moyen de diffuser largement cette approche écologique dans tous les milieux sociaux. »

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