Accessoires et mode vendus sur Shein

Comment Shein repère les tendances mode qui marchent ?

Suivre les tendances, c'est bien. Les repérer avant les autres, c'est mieux. Tracking en 4 points des méthodes du géant de la mode à très bas prix.

Depuis 2008, le géant chinois de « l’ultra fast fashion » n’a de cesse de grandir. Shein vend ses produits comme des petits pains, et ce n'est pas un hasard. C'est qu'il s’adapte quotidiennement aux tendances mode du moment. Mais comment expliquer ce flair ? Pour traquer la tendance, l'appli chinoise ne compte pas vraiment sur l'inspiration de quelques-uns, mais a mis en place plusieurs étapes clés pour repérer avant les autres les tendances du moment. 

1. Suivre les hashtags qui montent

Comment une marque de l’ampleur de Shein a pu tomber sur les créations de la jeune créatrice Chloe Keane, tout juste débarquée dans le business ? « Je pense qu’ils cherchent des hashtags : en ce qui me concerne cela donne : #crochet, #cardigan ou #cutecardigan sur Instagram » , avance-t-elle. Pour un jeune créateur, un hashtag est un des premiers outils instinctivement utile pour référencer son produit sur les réseaux sociaux. En fouillant à peine, n'importe qui peu tomber sur une création, une ébauche, et s'en inspirer aussitôt.

2. Repérer les sélections best-seller

En plus des tendances, l’enseigne flaire les best-sellers des créateurs. Certains sites, comme Etsy, font ressortir les modèles les plus populaires. Sophie Hargreaves, illustratrice qui vend sur la plateforme d’art & craft, a ainsi vu son pin’s « pumkitty » , une citrouille en forme de tête de chat, repris par Shein. « Il a toujours été mon best-seller. Sur Etsy, il a environ 5 000 favoris et a été sélectionné pour les « Etsy’s Picks » (ce qui me rend très fière) » , nous écrit-elle. « J’imagine que les best-sellers apparaissent davantage via les algorithmes » , souligne Autumn Noire, une illustratrice dont le dessin de latte à la mousse en forme de lapin – son best-seller également – s’est retrouvé dans un paquet de stickers autour du thème du café vendu sur Shein.

3. Solliciter les fournisseurs

Shein ferait également appel à des fournisseurs qui lui proposent des designs prêts à produire – dont certains issus du plagiat. C’est ce qui semble s’être passé pour Autumn Noire. « Shein m’a dit qu’ils avaient acheté mon dessin via un vendeur chinois dans un lot avec d’autres créations similaires réalisées par divers artistes. Ils m’ont assurée n’avoir aucune idée que le design appartenait à quelqu’un d’autre. »

4. Regarder du côté des usines

Enfin, certaines fuites viennent directement de l’usine. C’est ce qui est arrivé à Ivan Villagómez Ramos, le jeune illustrateur mexicain qui officie sous le pseudo de Tomodachi. Depuis 2017, il réalise des pin’s inspirés de l’esthétique japonaise et de l’univers kawaï. « C’est comme un rollercoaster, raconte-t-il de sa maison familiale à Mexico City, dans son T-shirt au motif de Mickey. Tu dois faire fabriquer tes pin’s dans des usines chinoises. Si tu as des relations compliquées, ils peuvent garder les moules. » Les pin’s vendus par Shein, un pot de miel où trempe une lune, sont les mêmes que les siens, la qualité en moins. « Ils utilisent moins de métal et des couleurs de moins bonne facture. »

Cet article est paru dans le numéro 29 de la revue de L'ADN – à vous procurer ici.

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