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The State : la série sur Daech qui divise

Le 5 sept. 2017

Complaisante envers les djihadistes, élusive, propagandiste… Les réactions ne sont pas toujours tendres. Pari osé pour CANAL+, qui plonge dans le quotidien de 4 Britanniques séduits par l’Etat Islamique.

Diffusée sur Channel 4 Outre-Manche, et sur CANAL+ depuis le 4 septembre, The State ne fait pas l’unanimité. Son créateur, Peter Kosminsky, s’intéresse au quotidien des nouvelles recrues de l’E.I. à travers le parcours de 4 Britanniques : Jalal, dont le frère est supposément mort en martyr ; son meilleur ami, Ziyaad, perdu dans une Angleterre où il ne se sent pas toujours à sa place ; Shakira, mère célibataire voulant mettre ses compétences de médecin au service des combattants de Daech ; et Ushna, une jeune femme qui s’est radicalisée sur internet.
Trailer | The State
On imagine aisément que dans une Angleterre encore marquée par les attentats qui l’ont frappée cette année, les téléspectateurs aient attendu The State au tournant. Entre incompréhension et rejet total, certains pointent du doigt plusieurs traits : la série montrerait les djihadistes comme un « club de gens super cools » (qui sont d’ailleurs des termes employés par Shakira), et fait une impasse sur les motivations de ces gens prêts à tout quitter pour un pays et une organisation dont ils connaissent peu de choses.

C’est vrai que, dans un premier temps, The State montre les « avantages » qu’il peut y avoir à rejoindre l’Etat Islamique – notamment pour les femmes, qui sont accueillies dans une maison où elles sont « libres » de ne pas se couvrir (puisqu’aucun homme n’y vient jamais), et où elles ne paient ni loyer, ni courses alimentaires. Chez les hommes, on s’amuse de ce « djihad de luxe », avec une piscine disponible après les entraînements. On sent un esprit de camaraderie entre les combattants, une solidarité entre les « sœurs ».

Mais très vite, les premières désillusions tombent : sans un mari ou un « gardien » à leurs côtés, les femmes ne peuvent rien faire (et surtout pas travailler). L’horreur va crescendo : des scènes de cruauté envers les civiles qui oseraient parler seules à un homme, on passe rapidement aux bombardements dans les hôpitaux, aux décapitations sur la place publique et à l’esclavagisme sexuel. De quoi secouer les certitudes de ceux qui sont fraîchement débarqués…

Avec leurs faiblesses et leur humanité, les nouvelles recrues sont donc présentées pour ce qu’elles sont : des gens « normaux ». Et c’est cela qui agace. Qui scandalise. Qui déboussole. Les djihadistes ne sont-ils pas tous des fous furieux sans âme ? Des personnes influençables ? Des « déséquilibrés » complètement zélés ?

Probablement pas, quand on y réfléchit. Et c’est tout aussi tragique.

J’espère que le spectateur acceptera l’idée inconfortable que nous partageons avec eux la même humanité.

- Peter Kosminsky 

C’est aussi pour cela que Peter Kosminsky n’a pas souhaité s’attarder sur le passé de ses personnages. « Tous les milieux sociaux économiques sont concernés », confie-t-il au Figaro. « Je me suis longtemps demandé comment rendre ces personnages antipathiques dignes de l’intérêt des spectateurs. C’est en montrant leur allégeance vaciller, les velléités de rédemption que l’on suscite la curiosité ». Il oppose le sentiment d’exclusion « dans leur pays d’origine » à la « fraternité » ressentie en Syrie pour expliquer son parti-pris : « The State est une mise en garde. Ce n’est pas rendre service que de faire croire que les djihadistes sont des fous venus d’une autre planète ».

Les 4 épisodes de la mini-série sont disponibles sur CANAL+ à la demande.

Mélanie Roosen - Le 5 sept. 2017

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  • pari oser pour ce type de tourner sur un tel sujet surtout actuellement...meme si j avais une opinion deja faites sur ces cinglés le scenario est en conformité d apres le peu de temoignages des gens la bas... a regarder au 3 eme degrés leurs folies les as expédiez en enfer...

  • pari oser pour ce type de tourner sur un tel sujet surtout actuellement...meme si j avais une opinion deja faites sur ces cinglés le scenario est en conformité d apres le peu de temoignages des gens la bas... a regarder au 3 eme degrés leurs folies les as expédiez en enfer...