un jeune homme allongé sur le sol avec le casque de réalité virtuelle

Au fait, de quoi parle-t-on, quand on utilise le terme de « métavers »  ?

© Martin Sanchez via Unsplash

Depuis quelques mois, tout le monde parle de métavers, souvent à tort et à travers – mais qu'est-ce qu'un métavers et quels sont les projets en cours ?

Depuis quelques mois, on vous bassine avec le métavers. Ce concept que l'on retrouve dans de nombreux articles de médias mais aussi dans des argumentaires de boites lançant des NFT devient de plus en plus flou à mesure qu'il est surutilisé. Le terme à tellement perdu de sa substance qu'il est même récupéré par des politiques qui veulent prouver qu'il sont à la pointe. Il est donc temps de mettre de l'ordre dans la définition et d'expliquer clairement ce qu'on appelle un métavers.

Pourquoi il faudrait arrêter de parler de métavers 

Autant aller à l’essentiel. Le métavers tel qu’il a déjà été défini à l’origine n’existe pas et pourrait même ne jamais voir le jour. Le concept a été imaginé par l’auteur de science-fiction Daniel Galouye dans son roman Simulacron 3, paru en 1964 ; le mot a lui été formé dans le livre Snow Crash (1992) de l’auteur cyberpunk Neal Stephenson. Mais c’est surtout le livre, puis l'adaptation au cinéma de Ready Player One (2018) qui a popularisé le métavers dans l'imaginaire du grand public. Il désigne alors une version immersive en réalité virtuelle de l’intégralité du web et des plateformes sociales. Dans ce monde virtuel, on peut socialiser, jouer, s’informer, mais aussi créer ou travailler.

Il n’y a plus UN métavers, mais bien DES métavers

Si l’on accepte de mettre à jour la définition originelle, le mot métavers désigne actuellement des plateformes sociales semblables à des jeux vidéo persistants, c’est-à-dire des jeux qui continuent d’exister même après votre déconnexion. Ces mondes sont utilisables par des millions de personnes en même temps, si possible sur un seul et même serveur. Au sein de ces espaces virtuels, les utilisateurs peuvent à la fois discuter entre eux, consommer du contenu, jouer, faire du shopping pour des objets virtuels ou réels, mais aussi créer du contenu ou des objets virtuels et éventuellement être rémunérés pour cette activité. La possibilité d’utiliser les casques de réalité virtuelle est pour le moment purement optionnelle et il est fort à parier que beaucoup de ces futurs métavers seront accessibles via un simple smartphone. 

Existe-t-il déjà des métavers ?

Si l’on suit cette définition, on se rend compte que les métavers désignent des plateformes sociales gamifiées qui existent déjà, plutôt qu’une nouvelle version de l’Internet. Certains métavers autoproclamés comme Mesh de Microsoft (concrètement une salle de réunion virtuelle), échappent à cette définition pourtant élargie. Mais il existe déjà des espaces pouvant revendiquer ce terme. 

Roblox

Roblox, la plateforme aux 40 millions de jeux, est clairement un métavers. Les joueurs peuvent se connecter avec leurs amis, participer à une multitude d’activités, acheter des items pour leurs avatars ou bien créer leur propre expérience et gagner de l’argent virtuel, transformable en véritables dollars ou euros. 

VRChat

Le métavers VRChat repose un peu sur le même système, mais ajoute une couche de réalité virtuelle qui rend l’expérience plus intéressante du point de vue des interactions. Il existe aussi des centaines de créateurs qui vont fabriquer des avatars sur mesure ou bien imaginer des jeux et des lieux de socialisation qui sont directement rémunérés par les joueurs via le site Patreon. On trouve aussi des youtubeurs et même des réalisateurs de documentaires qui y pratiquent le journalisme gonzo

Second Life

La plateforme qui existe encore après 19 ans d’existence peut aussi être considérée comme l’ancêtre de ces métavers. Ce fut la première plateforme à proposer la vente de maisons et de terrains virtuels ou bien encore à accueillir des meetings de personnalités politiques, comme celui de Jean Lassalle en 2008 !

Quels sont les métavers en projet ?

Horizon worlds

C’est par l’annonce de cette nouvelle plateforme, et le changement de Facebook en Meta, que la folie des métavers a véritablement démarré. Mais que se cache derrière le projet de notre ami Zuckerberg ? Apparemment un univers virtuel totalement customisable par ses utilisateurs, qui pourrait à la fois servir de lieu de réunion pour le travail à distance que de lieu de rencontre, d’achat et de jeu. Une chose est certaine : il y aura de la publicité et nos données personnelles ne seront pas plus à l’abri que sur Facebook

The Sandbox

Créé en 2012, ce petit jeu très semblable à Minecraft dans lequel il était possible de modifier le monde comme dans un bac à sable est racheté en 2018 par Animoca Brands, la société derrière le jeu à base de NFT CryptoKitties. The Sandbox se définit carrément comme un crypto-métavers basé sur la blockchain. Comme Snoop Dog, les utilisateurs peuvent y acheter des terrains virtuels ou bien y créer des objets en voxel (des petits pixels 3D) qu’ils peuvent ensuite vendre sous forme de NFT. Il s’agit, au choix, du futur du métavers ou de la plus belle bulle spéculative des années 2020. 

Xi Rang et les métavers chinois

Il n’y a pas que les États-Unis dans la course aux métavers. La société chinoise Baidu a annoncé la sortie d’un univers virtuel intitulé Xi Rang (« terre d’espoir »). La société devrait proposer le même type d’interactions et de contenus que les plateformes occidentales, à la différence près que c'est le gouvernement chinois lui-même qui organisera la surveillance généralisée de ses citoyens. Et lui ne s'en cachera pas.

D’autres entreprises chinoises s’intéressent à cette industrie émergente. C’est le cas de Tencent qui possède 40 % du studio de développement de jeux vidéo Epic Games, dont le titre phare, Fortnite, lorgne aussi vers le métavers. Entre septembre et novembre 2021, plus d’un milliard de dollars ont été dépensés dans des technologies liées à ce secteur, comme la réalité virtuelle et les jeux. 

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