Kitties

Kamil, 19 ans, éleveur de CryptoKitties : « Le monde des NFT est ma deuxième famille »

Il ne croit ni dans les banques ni dans l’État et espère vivre totalement grâce aux cryptomonnaies et aux NFT. Portrait d’un jeune homme qui vit déjà dans le futur.

La première chose qui frappe chez Kamil, c’est son regard, très semblable à celui d’Elliot Alderson, le hacker génial et dérangé de la série Mr. Robot. Mais la comparaison ne s’arrête pas là. À 19 ans, cet étudiant en informatique à l’Epitech se définit comme un « fan de la bidouille » et lui aussi veut révolutionner le monde.

Mais Kamil ne s’attaque pas aux megacorporations. Il a choisi une autre branche d’activité. Son truc à lui ce sont les cryptomonnaies et les NFT, un univers dans lequel il a déjà commencé à faire sa petite fortune. « À partir de rien », il a déjà gagné plus de 6 000 euros. Pour arriver à ce résultat, Kamil est passé par plusieurs phases, depuis l’investissement dans des projets crypto complexes jusqu'à la collection de NFT. Il a pas mal misé sur les CryptoKitties, ces petits chats virtuels stockés sur la blockchain qu'on peut échanger contre l’équivalent de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Les cryptos, c'est la liberté !

« J’ai toujours été un peu marginal, et j’aime bien la bidouille informatique, indique Kamil en guise d’introduction. Internet c’est ma deuxième vie, et du coup je me suis intéressé très tôt aux cryptomonnaies et au Bitcoin, dès 2015. » Cette passion va se poursuivre grâce à un youtubeur en particulier, Owen Simonin, plus connu sous le pseudo de Hasheur. C’est ce vulgarisateur (fondateur d’une entreprise spécialisée dans le conseil en investissement de cryptomonnaies) qui va l’aider à se lancer dans le monde très complexe de la finance décentralisée. Et c’est dans cet univers qu’il entraperçoit son avenir. « Pour moi, les cryptos, ce n’est pas seulement une question d’argent, explique-t-il. C’est aussi une question de liberté. C’est un univers où tu peux partir de zéro et devenir riche. Tu n’as pas besoin d’être déjà quelqu’un pour devenir quelqu’un et tu n’as pas besoin non plus de devenir l’esclave d’un patron ou d’un banquier pour réussir ta vie. »

C’est avec cette mentalité qu’il va gagner ses premières cryptos. « En 2018, je participe au programme learn & earn de Coinbase, une plateforme d’échange de monnaies virtuelles, indique-t-il. En suivant l’apprentissage du site, je suis récompensé avec l’équivalent d’une trentaine d’euros en Ether, une crypto qui est alors en pleine croissance. » Quelques mois plus tard, il veut réinvestir ses gains et cherche une bonne idée. Il tombe alors dans l’univers des NFT qui commence tout juste à démarrer. Avec ses amis, il décide de lancer une série de dragons dessinés en pixel art du nom de cryptodragoons. Au même moment, il investit une vingtaine d’euros dans Ens, une entreprise permettant d’acheter des noms de domaines comme sur Internet, mais basée sur la blockchain Ethereum. Avec cet argent, il achète donc l'adresse cryptodragoons.eth à partir de laquelle il compte lancer un site web pour mettre son art en vitrine. « La vente de ces NFT nous a rapporté une quarantaine d’euros par-ci par-là, poursuit-il. Ça s’est accumulé et j’ai réinvesti dans les CryptoKitties ».

Les petits chats qui valent de l'or

Pour ceux qui ne connaissent pas les CryptoKitties, c'est une sorte de croisement entre Pokémon et Tamagochi. L’objectif est d’acquérir des petits chats virtuels, de les faire se reproduire et de les échanger ou bien de les vendre aux autres joueurs. « Les CryptoKitties ont tous des gènes uniques sous la forme d’un code chiffré, indique-t-il. Dans cette suite de chiffres, tu as un faible pourcentage de chance que la progéniture de tes chats puissent muter et développer des NFT rares qu’on appelle les Fancy. Plus ce pourcentage est élevé, plus tes NFT ont de la valeur et plus tu peux les revendre cher. » Après avoir élevé une lignée de petits chats virtuels, Kamil fait les comptes. Il a gagné dans les 200 euros avec cette activité, une somme qu’il réinvestit immédiatement dans un autre jeu, Illuvium, un univers de science-fiction gigantesque dans lequel les joueurs doivent capturer des créatures en NFT et les échanger avec les autres. Le titre n’est pas encore officiellement sorti, mais la valeur de sa crypto dépasse déjà les 1 000 dollars, preuve que la communauté s’y intéresse de près.

En parallèle de son élevage de CryptoKitties, Kamil va avoir une gigantesque surprise grâce à Ens et son achat des noms de domaines Cryptodragoons. Il n’est pas rare que les entreprises donnent gratuitement plusieurs cryptos à leurs premiers utilisateurs pour les remercier de leur investissement. D’habitude, la valeur de ces dernières n’excède pas les 10 ou 15 euros. Mais cette fois, c’est différent. « Parce que j’ai investi rapidement, ils m’ont donné une centaine de coins dont la valeur était de 60 euros pièce, raconte-t-il. Je me suis retrouvé du jour au lendemain avec l’équivalent de 6 000 euros. Pour un étudiant de 19 ans comme moi, habitué à recevoir 30 euros d’argent de poche par mois, c’est juste énorme et c’est la preuve qu’on peut devenir riche très vite dans ce milieu. Il faut juste être early. »

Être dans le turfu, ça demande beaucoup de temps

Kamil utilise souvent ce mot, « early ». Pour lui, c'est le réflexe le plus important à acquérir si l’on veut avancer dans son domaine. « Les NFT et les cryptos sont comme une gigantesque vague qui balaie tout, indique-t-il. Soit on décide de se faire emporter, soit on doit surfer dessus. Moi, je suis un surfeur. » Pour avoir toujours un train d’avance et savoir où investir, il dit passer toutes ses journées plongé sur les réseaux et les sites spécialisés. « Le temps passe beaucoup plus vite dans ce monde-là et il faut constamment être informé. Ça va si vite, des fois, j’ai besoin de me retirer mentalement pour reposer mon cerveau. Quand je reviens une semaine après, je ne comprends plus rien et c’est comme si je devais tout reprendre à zéro ». Le milieu des cryptos / NFT regorge de projets sans avenir, voir d’arnaques pures et simples. « Il faut essayer d’éviter les shitcoins, ces projets qui promettent aux premiers investisseurs de faire 100 % de hausse et qui une fois qu’ils atteignent un certain palier, s’effondrent pour de bon, indique-t-il. Je me suis fait avoir plusieurs fois et c’est dur de perdre de l’argent bêtement comme ça. Mais c’est aussi des leçons à retenir. Aucun projet ne va te rendre millionnaire du jour au lendemain. »

L’univers de Kamil ressemble à un casino combiné à une gigantesque pyramide de Ponzi. Effectivement, le monde des cryptos regorge d'arnaques – comme celle de Bitconnect, lancée en 2016 et fermée brutalement deux ans plus tard faisant chuter la valeur de son coin de 500 dollars à moins d’un dollars. Mais ça n’empêche pas Kamil de voir plus loin. « De l’extérieur, les gens ont l’impression de nous voir jouer au casino, poursuit-il. Je ne peux pas leur en vouloir, il y a des aspects qui y ressemblent. Il y a de l’argent qui tombe du ciel et on parie sur des projets. Tout ça peut être très addictif. Mes parents sont très inquiets quand je leur dis que j’ai gagné tout cet argent. Ils se demandent si c’est bien légal. Mais il faut préciser que le monde des NFT est aussi très bienveillant. Il n’y a pas de jalousie ou de tabou par rapport à l’argent. Tout le monde te motive à continuer et te félicite quand tu fais un gros coup. Pour moi, c’est vraiment comme une deuxième famille. » Une famille particulièrement ouverte. « J’ai des amis qui vivent en Inde et qui ont vraiment pu commencer à vivre de leur art grâce à la communauté des NFT, indique-t-il. On parle d’un pays où avoir une carrière artistique est pratiquement inenvisageable tant le besoin d’avoir un travail alimentaire est fort. Le fait qu’une technologie puisse apporter une reconnaissance à ces gens-là montre à quel point cet écosystème peut changer les choses », ajoute Kamil.

Échapper au fisc... le vrai cryptogaming

Sans trop comprendre, Kamil a largement adopté l'idéologie libertarienne propre au milieu des cryptomonnaies. Le jeune homme est totalement opposé au fait que l’État puisse faire main basse sur ses gains. En effet depuis la loi de finances de 2019, les particuliers sont soumis à un prélèvement de 30 % au-delà de 305 euros de plus-value. Du coup, notre éleveur de chats virtuels considère que son argent virtuel est bloqué. Enfin pas tout à fait. L’air mystérieux, il sort de son portefeuille deux cartes noires portant les logos de Binance et Crypto.com, deux plateformes d’échanges qui ont pignon sur rue. « Ça, c’est des cartes de retrait et de paiement qui fonctionnent en collaboration avec VISA, m’explique-t-il. Avec ça, je n’ai pas besoin de comptes bancaires officiels. Je peux retirer de l’argent depuis mes portefeuilles de cryptos ou bien payer n’importe quelle dépense sur une machine avec de temps en temps des petits frais. »

Faire ses courses ou se payer une Nintendo Switch avec des cryptos, c’est déjà l’avenir. Mais Kamil ne peut pas s’empêcher d’être frustré et de voir plus loin. « Je suis persuadé que les banques vont mourir, mais il reste encore un problème, explique-t-il. Pour le moment, il est impossible de louer ou d’acheter un logement uniquement avec l’argent gagné dans les NFT. Ça vient du fait que tout ce qui vient d’Internet est souvent mal considéré. » Cette colère qui l’anime lui donne toutefois des idées. « À court terme, je voudrais continuer à m’investir dans les NFT, et pourquoi pas devenir conseiller auprès d’artistes pour les aider à mettre leur art sur la blockchain et le promouvoir auprès des bonnes communautés. Mais à long terme, je voudrais ouvrir une banque basée sur les monnaies virtuelles et qui garantirait des prêts à des gens comme moi ». Kamil n’est sans doute pas au bout de ses peines, mais qui sait ? Dans le monde des cryptos, les choses vont vite, si vite.

commentaires

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  1. Anonyme dit :

    "Le jeune homme est totalement opposé au fait que l’État puisse faire main basse sur ses gains"
    ah ah elle est drôle l'idéologie libertarienne..
    une petite question : quand il ira à l'hopital après son accident de trottinette, j'imagine aussi qu'il sera "totalement opposé" à prendre sur "ses gains" pour payer ses soins ? ou il préférera donner sa carte vitale et ressortir soigné sans rien payer..?

  2. Anonyme dit :

    Dans la crypto depuis 2015 et des gains aussi risibles ? Il est très loin de réussir et devenir riche comme il ose l'espérer.

  3. Kokuo dit :

    Kamil n'est vraiment pas le seul à penser de cette manière : on en a tous marre du poids des banques et des administrations qui vous disent quoi faire, comment faire et pour quoi faire avec notre argent. Ils ont droit de vie ou de mort sociale sur nous et maintenant que nous en sommes conscients et que nous avons trouvé un début de solution pour régler le problème, ils cherchent à nous bloquer par tous les moyens.

  4. Christo Hman dit :

    '' Dans la crypto depuis 2015 et des gains aussi risibles ? Il est très loin de réussir et devenir riche comme il ose l'espérer.''
    Mdr, s'il avait démarré avec ces 6000 d'aujourd'hui il en serait à 600 000. C'est un bosseur, il apprend à perdre, à gagner ;capitaliser en connaissance. Son projet m'intéresse.

  5. Kamil dit :

    Merci pour ces encouragements et pour répondre à la personne j'ai commencé avec zéro euros du coup un peu dur de devenir millionaire aussi vite haha.
    @kamilbourouiba sur instagram si il y a des questions supplémentaires.

  6. Anonyme dit :

    Si je veux investir dans les nft comment commencer

  7. Pale alassane dit :

    Ce site est très génial merci beaucoup pour votre aide et votre côté aussi exactement ce qu'il faut voir avec respect

  8. NFTAdviceOfficial dit :

    Bonjour,
    Je vous trouve bien aigri de penser que les NFT ne sont que SIMPLEMENT des moyens de gagner sa vie.
    Je viens du futur (et suis donc crédible) et à notre ère, tout le monde ne jure que par les NFT, en misant donc sur le NFT du premier Tweet de l'Histoire que j'ai acheté 2 éthéna coins, je suis désormais l'heureux propriétaire d'un chien en NFT.

    Haha, vous pensiez pouvoir m'avoir ELON? Je vous ai bien eu... A bon entendeur...

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