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Une petite fille qui joue sur un ordinateur cachée sous sa couette
© zahar2000 via GettyImages

Écrans : quelles règles mettre en place pendant le confinement ?

Le 27 mars 2020

Pendant le confinement plus que jamais, les écrans risquent d'être omniprésents dans notre quotidien. Et c'est peut-être justement l'occasion de prendre de bonnes habitudes.

On n’a pas attendu la pandémie de Covid-19 pour réfléchir à notre surexposition aux écrans. Et notamment celle des plus jeunes, qualifiée de fléau et d’urgence sanitaire par les expertsEt ce n’est pas avec les mesures de confinement qui nous obligent à rester cloîtrés à la maison que ça va changer. Avec près de trois millions d’individus confinés dans le monde, le trafic Internet serait déjà en hausse de 70%. Pourtant, pour le psychiatre Serge Tisseron, cette situation inédite pourrait bien être l’occasion de « construire quelque chose de nouveau, qui persistera après la fin de la pandémie ». Sur son blog, il offre ses conseils et bonnes pratiques à mettre en place pour gérer les écrans pendant le confinement, et après.

Établir des règles claires et explicites

En quelques années, les écrans se sont multipliés dans nos vies, au bureau et à la maison. Et on n’a pas forcément eu le temps de mettre en place des règles claires et adaptées. Mais cette période de confinement inédite nous oblige à adopter des règles dans nos foyers pour survivre à la vie de famille 24/24h. Pour Serge Tisseron, c’est même l’occasion idéale pour transformer des règles implicites en règles explicites.

Le psychiatre conseille notamment de réserver des moments de solitude à chaque membre de la famille. Dans le cadre d’une cohabitation forcée, l’usage du téléphone est un signal « montrant qu’on ne veut pas être dérangé » et doit donc être respecté en tant que tel. En revanche, hors de ces moments de solitude, les règles doivent être claires. Pour Serge Tisseron, deux règles sont essentielles en matière de téléphone portable : « ne jamais l'utiliser pendant les repas et ne jamais l’emmener dans sa chambre. »

Pendant le confinement, l’école s’exporte à la maison. Et ses règles également. Pas de smartphone pendant les temps d’étude, donc.

Être vigilant sur l’emploi du temps

Parmi ces règles qui doivent être explicitées : le respect d’un emploi du temps. Tous les écrans ne sont pas adaptés à tous les âges, rappelle Serge Tisseron. Une notion à bien avoir en tête lorsque l’on vit en communauté du matin jusqu’au soir, dans des habitations où l’espace est limité. Pour les parents, il s’agit donc de veiller à ce qu’un ado ne regarde pas en plein après-midi une série violente à côté d’un enfant trop jeune. Netflix attendra que le petit frère ou la petite sœur soit couchée.

Résister à la tentation de l’information en continu

Le caractère anxiogène des chaînes d’information en continu n’est plus à prouver. Dans cette période où nous sommes coupés de l’extérieur, il est plus que nécessaire de s’en rappeler. Pendant le confinement, le psychiatre préconise de privilégier l’information « par les canaux officiels, les chaînes de télévision et les journaux papiers ». Et surtout de prendre le temps d’en parler avec les enfants.

Faire (enfin) la distinction entre les différents types d’écrans

Entre les smartphones, les télévisions, les tablettes et les ordinateurs, les écrans sont nombreux. Mais plutôt que de les considérer de manière quantitative, Serge Tisseron nous invite à adopter une approche qualitative. Il faut donc distinguer l’écran de travail, de celui du loisir ou de l’écran partagé. Le visionnage d’un film en famille et le fait de jouer à un jeu vidéo seul dans sa chambre sont des usages différents, à ne pas forcément réunir en un unique temps d’écran. Le psychiatre indique ainsi qu’en matière d’écrans « le plus important est moins le temps qu’on y passe que l’usage qu’on en fait. »

Mieux utiliser les écrans

Justement, pendant ce confinement, le psychiatre nous invite à revoir notre utilisation des écrans et à l’enrichir. Il s’agit donc de sortir d’un usage « par défaut » - où l’on se contente d’aller sur les réseaux sociaux ou de regarder une série pour décompresser – et de faire de véritables choix. Utiliser nos écrans pour apprendre de nouvelles compétences, pour visiter des sites historiques à l’autre bout du monde ou se plonger dans une série documentaire. Et accompagner et aiguiller les plus jeunes dans le choix et le visionnage des programmes. Pour Serge Tisseron, c’est sûr : ce confinement va nous permettre de « réaliser que le problème n’est pas celui du temps d’écran, mais celui de la façon dont sont choisis les programmes. »

Alice Huot - Le 27 mars 2020
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