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Un homme dans la jungle avec des jumelles
© Pawzi via Getty Images

« Infodémie » : entre théories du complot et fake news, la résistance s’organise

Le 24 mars 2020

Le directeur général de l’OMS alertait en février 2020 sur l’« infodémie » en parallèle de la pandémie de coronavirus. Ses préoccupations ont été entendues, et dans la crise, des efforts communs voient le jour.

« En plus d’une épidémie de maladies, il y a ce que nous appelons une "infodémie" : la circulation de rumeurs et fausses informations », déclarait le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus en février 2020. Le problème, c’est que ces fausses infos entravent les efforts déployés pour lutter contre le Covid-19.

La carte des théories du complot

Les équipes de Conspiracy Watch ont, à l’aide de Google Maps, cartographié avec précision les théories complotistes à travers le monde ayant un rapport avec le coronavirus.

Les sources sont multiples :

  • déclarations officielles et semi-officielles,
  • commentateurs,
  • médias conspirationnistes,
  • insolites,
  • réseaux sociaux

Et y a pas à dire… elle est plutôt bien remplie…

On apprend ainsi que le 14 mars 2020, la ministre zimbabwéenne de la Défense Oppah Muchinguri a qualifié la pandémie de « punition » divine infligée aux pays occidentaux. Que le 16 mars 2020, le site News Front a diffusé en Russie une vidéo soutenant que le coronavirus est une arme biologique destinée à stériliser les gens. Le même jour, le sénateur républicain Tom Cotton suggérait sur Fox News que le virus aurait été fabriqué dans un laboratoire de haute sécurité biologique à Wuhan. En France, l’Ambassade de Chine à Paris a publié sur son compte Twitter le 23 mars que l’épidémie viendrait des États-Unis.

La carte est participative et montre l’ampleur des rumeurs. Et il y en a pour tous les goûts.

Chez les journalistes, la résistance s’organise

En première ligne pour contrer ces fausses infos : les journalistes. La plateforme Poynter révèle que plus de 100 journalistes à travers 45 pays se sont réunis au sein d’un réseau commun pour débusquer et corriger des milliers de fake news. En moins de deux mois, les équipes, menées par Cristina Tardàguila, directrice associée de l’International Fact-Checking Network ont créé une base de données pour répertorier toutes les infox croisées sur les différents canaux de conversation. Et c’est vraiment utile. « Il y a quelques jours, j’ai vu des gens répandre l’idée que boire de l’alcool pur pouvait aider à vaincre le Covid-19. Au début, j’ai trouvé ça tellement absurde que ça m’a fait rire, confie Cristina Tardàguila. Mais quelques heures après j’ai lu que 24 Iraniens étaient morts, empoisonnés par de l’alcool pur. »

Surprise, surprise : les géants de la tech s’unissent dans la crise

Dans la lutte contre la désinformation, on ne peut pas vraiment dire que les réseaux soient, d’habitude, les premiers à se bousculer au portillon. Et pourtant, dans un communiqué commun, Facebook, Google, LinkedIn, Reddit, Twitter, YouTube et Microsoft ont annoncé unir leurs forces pour lutter contre les fake news.

Bon, ce n'est pas très clair au niveau des moyens mis en oeuvre... mais l'intention est là.

Du côté de Facebook, WhatsApp sert aussi de relai aux alertes de l’OMS depuis le 20 mars 2020. L’objectif : répondre aux questions les plus fréquemment posées sur le Covid-19. Le service, initialement lancé en anglais, devrait être disponible en arabe, chinois, français, russe et espagnol.

L’initiative est bienvenue. Espérons que ces efforts communs puissent subsister dans le temps…

Mélanie Roosen - Le 24 mars 2020
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