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#WeAreUbisoft : un hashtag contre Bolloré

Le 30 sept. 2016

Quand on attaque Ubisoft, Ubisoft contre-attaque… Sur la toile, ou dans la salle de son Assemblée Générale annuelle, la mobilisation s'organise contre le Groupe Bolloré qui ne cache pas son objectif : s’inviter au board de l’éditeur de jeux.

Ubisoft / Bolloré : mobilisation en ligne

Avec le hashtag #BolloriseDesJeux au dixième rang des hashtags de vendredi, et #WeAreUbisoft au 34ème, une pétition qui part sur change.org  « pour le maintien de l'indépendance d'Ubisoft ! », internautes et salariés montent au créneau. Sur le site Nous sommes Ubisoft, depuis avril dernier, l’éditeur donne tous les éléments nécessaires pour comprendre qui ils sont, qui ils ont toujours été, et ce qu'ils comptent bien rester. Conçu par le service communication du groupe, il est surtout destiné aux financiers ou aux pouvoirs publics, ce qui n'est pas le cas du plus récent We love Ubisoft , site ouvert il y trois semaines par des salariés pour soutenir leur employeur contre la montée au capital du groupe Bolloré. Déjà 4 000 collaborateurs et fans y ont déposé leur photo, histoire de donner des visages à la mobilisation.

Quand Bolloré tente de croquer Ubisoft... : rappel des faits

En octobre 2015, le groupe Bolloré, via sa filiale Vivendi, est entré au capital de l’éditeur de jeux en prenant 6,6% d'Ubisoft et 6,2% de la plateforme de jeux vidéo sur mobile Gameloft. Déjà, les deux sociétés avait publié un communiqué laconique mais extrêmement clair   : "Nous prenons note de cette action non sollicitée et rappelons notre attachement à l'indépendance de notre groupe, fondé il y a 30 ans".

Avril 2016, le groupe média a mené une seconde offensive en augmentant à 17.7% sa participation au capitale de l’éditeur et demandait dans la foulée à être représenté à son conseil d’administration.

La tension était donc à son apogée jeudi dernier, jour où se déroulait au Novotel de Bagnolet la très attendus Assemblée Générale annuelle d’Ubisoft. Dans la salle, environ 400 personnes : les dirigeants du groupe, de petits actionnaires, et un certain nombre de salariés portant des t-shirts bleus («We are ubisoft») ou rouges («I belYves», oui oui).

Vincent Bolloré ne siégera pas (encore) au conseil d'administration d'Ubisoft

Contrairement à ce que tout le monde craignait, Vivendi n'a pas demandé à entrer au conseil d'administration mais n'a pas manqué d'assurer qu'il serait là sur le long terme.

Les nouvelles administratrices, indépendantes et soutenues par Ubisoft, Frédérique Dame (ex-Uber) et Florence Naviner (directrice financière de Wrigley), ont donc été élues, et le mandat d'Yves Guillemot (cofondateur et PDG d'Ubisoft) à la tête du conseil d'administration a été renouvelé (avec plus de 65% des voix).

Toutefois, Vivendi n'a pas renoncé à peser sur les résultats de l'AG : en s'abstenant de voter, il a fait échouer plusieurs résolutions qui auraient permis à Ubisoft d'émettre des actions gratuites pour ses salariés. "C'est regrettable. Les plans d'attribution d'actions sont un moyen d'attirer les meilleurs talents et de pouvoir les rétribuer comme il se doit", a déclaré Yves Guillemot. "Cela démontre que Vivendi va contre les intérêts de l'entreprise".

Certes. Mais ce plan aurait également permis, en émettant de nouvelles actions, de diluer celles de Vivendi... Il faut reconnaitre que le coup était un peu grossier, et sous-estimait de beaucoup les talents de Vincent Bolloré. Si l'entreprenant breton a des défauts, personne ne peut nier qu'il sait fort bien pousser ses pions en Bourse...

Quoiqu'il en soit, Vivendi n'a pas dit son dernier mot. A peine sorti de l'AG, un communiqué de presse rappelait : "Vivendi considère qu'il serait de bonne gouvernance d'être représenté au Conseil eu égard à sa participation au capital de l'entreprise"... Et d'ajouter : "Ses actions bénéficieront d'un droit de vote double à partir de 2017"... plus que la famille Guillemot, fondatrice d'Ubisoft.

Une bataille à suivre donc… où les Guillemot, leurs salariés, et leur communauté de fans, vont devoir montrer qu'en matière de stratégie, ils sont aussi bons que les héros de leurs jeux... et meilleurs que Bolloré.

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