Lil Nas X tenant une chaussure  - Satan -  de MSCHF
© MSCHF

La collab’ de trop : Nike porte plainte contre des chaussures sataniques

Le 30 mars 2021

Des chaussures rouges et noires, un pentagramme sur la languette, et une goutte de sang humain dans les semelles. Pour Nike, c’est trop : le collectif MSCHF, à l’origine du modèle, est visé par une plainte.

La recette semblait infaillible. Prenez un hip-hop cowboy qui enflamme TikTok, le collectif champion des détournements connu pour ses ventes éclair, et l’une des marques chouchou des fans de sneakers. C’est le cocktail concocté par MSCHF pour le lancement de ses « Satan Shoes », des paires de Nike Air Max 97 customisées à la sauce Méphistophélès, lancées en collab’ avec Lil Nas X.

C’était sans compter sur les équipes juridiques de Nike, qui sont montées au créneau pour dénoncer ce détournement de produit réalisé sans le consentement de l’entreprise.

La goutte (de sang) de trop

Dans sa plainte à l’encontre de MSCHF, Nike estime que cette collaboration infernale risque de créer une confusion dans l’esprit du grand public et souligne que certaines personnes appellent déjà au boycott de la marque de baskets suite à ce lancement, notamment à cause de la goutte de sang humain contenue dans les semelles.

« Nike dépose cette plainte pour garder le contrôle de sa marque, protéger sa propriété intellectuelle, et clarifier la situation. Nike n’a pas approuvé et n’approuve pas les Satan Shoes. » À ce titre, l’entreprise demande à ce que les paires (qui sont déjà sold out) soient détruites et que MSCHF lui verse des dommages et intérêts.

Une première audience devrait avoir lieu le 29 juin 2021 (soit bien après que les paires ont été expédiées…), mais sur Twitter, la professeure de droit Alexandra Roberts estime que MSCHF ne risque pas grand-chose :

À noter que la marque n’avait pas bronché lorsque MSCHF avait vendu en 2019 une paire dont les semelles contenaient de l’eau bénite du Jourdain.

« Toutes les paires de Nike ont du sang sur les semelles »

Il n’y a pas que Nike qui grogne suite au lancement de ces baskets. Sur Twitter, des internautes soulignent que « chaque paire de Nike est couverte de sang », notamment celui des enfants qui travaillent pour l’entreprise. Depuis les années 70, l’entreprise est en effet régulièrement accusée de payer des usines clandestines faisant travailler des mineurs (« sweatshops »).

Mélanie Roosen - Le 30 mars 2021
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