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Livre religieux dans église

Pédophilie : Montréal veut ficher les prêtres

Le 22 juin 2017

Récupération d'empreintes digitales, vérification des antécédents judiciaires... L'institution catholique mène une expérimentation auprès de dix lieux de culte pour prévenir de potentielles affaires de pédophilie.

Dans son enquête « Pédophilie dans l’Eglise : le poids du silence », Cash Investigation montrait comment l’institution avait cherché à taire les affaires de pédophilie en son sein. Au Canada, où l’église catholique a elle aussi été éclaboussée par des scandales sexuels - plusieurs membres du clergé auraient passé sous silence une affaire de prêtre pédophile, notamment -, les autorités ont désiré agir.

L’église catholique de Montréal a décidé de « ficher » les prêtres et bénévoles travaillant au contact de personnes fragiles (enfants, malades, personnes âgées), en récupérant leur empreinte digitale. Seront également consignés les antécédents judiciaires des individus concernés. Cette expérimentation, lancée cet automne, est testée dans dix lieux de culte. Elle permettra aux forces de l’ordre de vérifier le passé des hommes d’Eglise et de prévenir, ainsi, de potentielles affaires de pédophilie. A terme, en 2020, toutes les églises devront se plier à cette nouvelle réglementation.

« L’église catholique doit être l’endroit le plus sûr pour les personnes vulnérables », a déclaré Thomas Dowd, évêque auxiliaire de l' Archidiocèse de Montréal, au média canadien CBC News. « Si quelqu’un veut faire quelque chose de mauvais ou abuser d’une personne, en sachant qu’il existe toutes ces techniques de filtrage, ils ne voudront plus devenir volontaires dans nos églises ! », ajoute le prêtre Bertrand Montpetit, interrogé par la même source.

Bertrand Montpetit officie dans l’une des églises participant au projet. Mais il explique que son église a, depuis longtemps, mis en place certaines des mesures préconisées par l’église catholique de Montréal. Ainsi, par précaution, une troisième personne doit être présente lors des confessions avec un enfant. Le but n'est pas d'écouter ce qu'il se dit, puisque le principe d'une confession est d'être une conversation privée, mais simplement d'observer que tout se passe bien.

Ces mesures suffiront-elles ? En France, en tout cas, les révélations de Cash Investigation ont provoqué un repli de l’institution, plutôt qu’une tentative de remise en question. L’Eglise de France ayant réagi en exprimant les « outrances » et les « mensonges d’Elise Lucet. »

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